Graphie
Sauf pour des races cultivées (parfois même nommées par des sigles
chiffrés), les dénominations des êtres vivants ne sont validées que si elles ont été proposées en langue latine. Les noms du ou des descripteurs sont cités en abrégé. Par exemple, on désigne le Muguet Convallaria maialis L. (le premier terme désigne le genre, le second l’espèce et L. signifie Linné). Un tel nom en deux mots est dit binôme (ou combinaison binaire) ; il existe des combinaisons trinominales. On peut citer plusieurs auteurs, en particulier lorsque le deuxième a changé une es-pèce de genre ou modifié une définition. Si des noms différents désignent une même unité, il y a synonymie ; si un même nom s’applique à plusieurs unités, il y a homonymie. Les règles de nomenclature précisent les critères permettant d’éliminer les uns et les autres.
Des raisons de nomenclature ou de systématique peuvent conduire à changer les noms des taxons.
La tautonymie (même mot désignant genre et espèce), non admise en botanique, l’est en zoologie : Pica pica (L.) Bresson (la Pie). Par souci de simplification, on recommande (parfois au détriment de la compréhension étymologique) d’écrire les épithètes spé-
cifiques avec initiale minuscule, alors que le nom générique a toujours une initiale majuscule.
Hiérarchie
Chaque unité de classification supé-
rieure au genre est qualifiée par un suffixe significatif. Certaines terminologies phytosociologiques ont aussi adopté un système à désinences.
Malgré leur relative rigidité, accentuée par l’application de la rétroactivité, les lois de la nomenclature, essentielles pour stabiliser les noms des êtres vivants, respectent bien la pensée des auteurs les plus divers et tendent à une certaine universalité.
G. G. A.
F Linné / Taxonomie.
C. Jeffrey, An Introduction to Plant Taxonomy (Londres, 1968). / Code international de nomenclature botanique (Utrecht, 1972).
On peut également consulter la revue Taxon, éd. par The International Bureau for Plant Taxonomy and Nomenclature, Utrecht, 1951
et suiv.
non-directivisme
F ROGERS (Carl).
non-métal
F MÉTALLOÏDE.
Nono
(Luigi)
Compositeur italien (Venise 1924).
Élève de Hermann Scherchen et de
Bruno Maderna*, il complète avec ce dernier et Luciano Berio* le trio des grands compositeurs italiens du second après-guerre.
Dès 1950, il s’est fait connaître avec
des Variations canoniques sur la série de l’opus 41 de son beau-père, Arnold Schönberg. Il s’est affirmé depuis comme le plus doué, peut-être, de tous les jeunes compositeurs italiens, mais sa carrière a été rendue difficile par son intransigeance absolue sur le double plan esthétique (il est demeuré jusqu’à ce jour fidèle à une musique rigoureusement écrite d’essence sé-
rielle) et idéologique ; toute son oeuvre reflète les options d’un engagement politique d’extrême gauche voué à une lutte inlassable contre toutes les formes de fascisme, de barbarie et d’oppression, de l’Europe nazie au Viêt-nam de 1972. Nono suit avec une attention particulière les mouvements de libération d’Amérique latine et d’autres pays du tiers monde, et l’abondance des textes espagnols dans son oeuvre indique une attirance vers la culture hispanique.
Comme Dallapiccola* avant lui, il a adapté la technique sérielle aux exigences de la sensibilité latine et de la
« vocalità » italienne. Il est capable de la plus impressionnante véhémence comme de la plus grande tendresse, servie par un don mélodique admirable, un véritable génie de la courbe vocale, qui prend toute sa force émotive à la seule nudité monodique de la voix humaine. Dans son écriture chorale, il a été le premier à fragmenter le discours prosodique en phonèmes isolés, procédé aujourd’hui courant.
L’imagination de ce tempérament subjectif, lyrique et dramatique s’exalte au contact du verbe, de sorte que sa production vocale ou chorale l’emporte par le nombre et l’importance sur sa musique instrumentale, et que les petites formations de chambre chères à tous ses contemporains ne l’attirent guère.
Pour échapper au circuit traditionnel du concert, qui ne lui permet pas d’atteindre les masses populaires auxquelles son message s’adresse, Nono s’est consacré de manière croissante à la musique électro-acoustique, que l’on peut diffuser aisément dans les usines ou les salles de réunion, voire dans la rue. Ses oeuvres électroniques des années 60 sont sans doute plus importantes par leur message idéologique que par leur richesse propre-
ment musicale, mais, depuis quelques années, Nono écrit de nouveau pour l’orchestre et les voix, et ses partitions les plus récentes (Per Bastiana Tai-yang Cheng, Ein Gespenst geht um in der Welt, Como una ola de fuerza y luz) retrouvent le haut niveau d’inspiration de ces chefs-d’oeuvre que sont l’opéra Intolleranza 1960, témoignage capital de l’artiste et du militant, les grandes cantates Il Canto sospeso (sur des lettres de jeunes condamnés à mort de la résistance antinazie) et Canti di vita e d’amore, l’extraordinaire Diario polacco pour orchestre ou enfin ces merveilles de tendresse intime que sont les pages chorales ou vocales La Terra e la compagna, Cori di Didone, Sarà dolce tacere, Ha venido ou Canciones a Guiomar. Dans le concert musical contemporain, la haute figure de Luigi Nono incarne la conscience et la pureté sans compromis, servies par des dons hors du commun.
Les oeuvres principales de
Nono
y théâtre : le Manteau rouge, ballet (1954) ; Intolleranza 1960, opéra (1960-61).
y orchestre : Variations canoniques sur une série de Schönberg (1950) ; Composi-zione no 1 (1951) ; Due espressioni (1953) ; Varianti (1957) ; Diario polacco (1959) ; Per Bastiana Tai-yang Cheng (avec bande, 1967) ; Come una ola de fuerza y luz (avec piano, soprano et bande, 1972).
y soli, choeurs et orchestre : Épitaphe pour F. García-Lorca, en 3 parties (1952-53) ; la Victoire de Guernica (1954) ; Il Canto sospeso (1955-56) ; Canti di vita e d’amore (1962) ; Ein Gespenst geht um in der Welt (1971).
y ensembles de chambre : Polifonica-Monodia-Ritmica (1951) ; Canti per 13 strumenti (1955) ; Incontri per 24 strumenti (1955).
y voix (soli ou choeurs) et instruments : Chant d’amour (1954) ; La Terra e la compagna (1958) ; Cori di Didone (1958) ; Sul ponte di Hiroshima (1962) ; Canciones a Guiomar (1963).
y voix seules : Sarà dolce tacere (1960) ;
Ha venido ; Canciones para Silvia (1960).
y musique électro-acoustique : Omaggio a Emilio Vedova (1960) ; la Fabbrica illu-minata (1964) ; Ricordi cosa ti hanno fatto in Auschwitz (1965) ; A floresta e jovem e cheja de vida (1966) ; Contrappunto dialet-tico alla mente (1968) ; Un volto, del mare ; Non consumiamo Marx (1969) ; Y ent onces comprendio (1970).
H. H.
M. Bortolotto, Fase seconda (Turin, 1969).
nontissé
Structure textile plane, constituée de fibres ou de fils assemblés en nappe pour former des tissus, sans avoir recours aux procédés classiques de tissage, de tricotage ou de tressage.
Sa cohésion est assurée :
— soit en utilisant les propriétés de certains matériaux constituants, comme les fibres thermoplastiques, dont on développe le pouvoir de liage par l’action de la chaleur ;
— soit en incorporant à la masse fibreuse des liants chimiques à l’état de liquide, de poudre ou de pâte ;
— ou bien encore à l’aide d’actions mécaniques enchevêtrant les fibres.
La plupart des fibres textiles peuvent entrer dans la composition des nontissés. En raison de leur faible prix, les fibres de viscose sont les plus utilisées (45 p. 100) ; viennent ensuite le polya-mide, le polyester, le coton, le polypro-pylène et les autres fibres.