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Fabrication

L’intérêt suscité par les nontissés s’est traduit par la mise au point de divers procédés de fabrication qui sont mieux en harmonie avec les critères modernes de productivité que les méthodes textiles traditionnelles.

y Le procédé par voie sèche permet d’obtenir la nappe de fibre sur des machines classiques de l’industrie textile, telles celles qui sont utilisées pour la préparation à la filature

du coton ou de la laine (cardes ou downloadModeText.vue.download 299 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol.14

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garnetteuses). Toutefois, le cardage orientant les fibres dans une direction préférentielle, ce qui nuit à l’isotropie des propriétés mécaniques des nontissés, on a développé un matériel spécial, dérivé des machines textiles, pour former, par voie pneumatique, des nappes de fibres disposées au hasard. La consolidation de ces nappes est obtenue par des liants dont l’action se développe au cours du séchage, du fixage thermique et du calandrage.

y Le procédé par voie humide utilise des matériels identiques ou dérivés de ceux qui sont destinés à la fabrication du papier. Les fibres, mises en suspension dans une solution d’eau et de liants, forment une pâte qui se dispose sur une toile sans fin servant de tamis, où elle s’égoutte. La nappe de fibres ainsi formée est calandrée pour parfaire son essorage avant de subir un séchage. Ces techniques

papetières utilisent habituellement de la pulpe de bois, dont les fibres de cellulose, d’une longueur moyenne de 2 mm, se mélangent facilement à l’eau pour donner une pâte homogène.

Des fibres plus longues, nécessaires à l’obtention d’un caractère textile, forment des grumeaux et des amas.

Pour remédier à ces inconvénients, des machines spéciales ont été mises au point pour utiliser des fibres plus longues, allant jusqu’à 30 mm.

y Le procédé d’aiguilletage, connu depuis environ cinquante ans, pour faciliter le feutrage de certaines laines, a été perfectionné. Il consiste à faire pénétrer et à retirer alternativement un grand nombre d’aiguilles spé-

ciales, munies de multiples barbes ou de petits crochets, dans une nappe de fibres naturelles ou chimiques, dont il assure l’enchevêtrement, la condensation et la consolidation. Ces nappes sont préalablement formées selon des techniques textiles.

y Le procédé par voie fondue, ou

« spunbonded », a été mis au point spécialement pour la fabrication des nontissés en fibres synthétiques. Une batterie mobile de filières extrude plusieurs filaments continus, ainsi qu’un copolymère à bas point de fusion, directement sur un tapis transporteur, où ils viennent constituer une nappe de fibres désordonnées. Celle-ci est ensuite comprimée et stabilisée sous pression en présence de chaleur.

y Les procédés de couture-tricotage, bien qu’apparentés aux techniques de la maille, offrent la possibilité de consolider une nappe de fibres, préalablement formée selon la technique textile, à l’aide de points de chaînette ou de mailles jetées. Cette liaison s’effectue sans apport de fil, grâce à des aiguilles spéciales qui pénètrent dans la masse fibreuse, où elles pré-

lèvent un certain nombre de fibres utilisées pour la formation des points de liage.

Parmi ces méthodes de fabrication, les procédés textiles représentent, avec la voie sèche et l’aiguilletage, 85 p. 100 de la production totale des nontissés. Ces produits peuvent recevoir éventuellement des traitements d’ennoblissements courants de teinture ou d’impression en vue de l’amélioration de leur présentation et de leur aspect.

Utilisations

Les articles nontissés trouvent des débouchés importants dans les tissus industriels comme support d’abrasif et d’enduction, filtres, chiffons d’es-suyage et garniture automobile. Dans la confection, ils sont très utilisés pour remplacer la toile tailleur, les tissus de renfort et, à un moindre titre, comme vêtements. Ils trouvent des applications nouvelles dans l’ameublement, le linge de maison et d’hôpital ainsi que dans les cuirs synthétiques. En raison de leur prix et de l’amélioration de leur qualité, ils ont également un avenir dans les articles à jeter après usage.

J.-M. D.

R. Krčma, Non Woven Textiles (en tchèque, Prague, 1962 ; trad. angl., Manchester, 1967). /

Les Non-Tissés et autres matériaux nouveaux à base de fibres liées. Technique, Économie et Perspective (Eyrolles et Gauthier-Villars, 1970).

Nord. 59

Départ. de la Région Nord-Pas-de-

Calais ; 5 738 km 2 ; 2 511 478 hab.

Ch.-l. Lille. S. préf. Avesnes-sur-Helpe, Cambrai, Douai, Dunkerque et Valenciennes.

Le département s’allonge du N.-O.

au S.-E., le long de la frontière belge, de la mer à l’Ardenne sur une distance d’environ 170 km.

La mise en valeur agricole intense et une adaptation étroite aux conditions naturelles donnent des régions aux paysages variés. La plaine maritime est à peine au-dessus du niveau de la mer (parfois en dessous comme dans les Moëres, asséchées seulement en 1826) ; des canaux, les watergangs, la quadrillent ; les bourgs sont petits, mais les fermes sont importantes, à la mesure des grosses exploitations et s’alignent le long des canaux ou des digues ; c’est une région de cultures : blé, orge, betterave à sucre. Les villes sont sur le talus qui sépare la Plaine de la Flandre intérieure : Hondschoote, Bergues, dont les monuments attestent le rôle passé. La Flandre intérieure est un pays de collines d’argile couverte de limons ; la ligne ouest-est des monts de Flandre la coupe en deux. Ici, les fermes se dispersent sans aucun ordre, et leurs haies donnent un aspect boisé à cette région que l’on appelle aussi le Houtland ; les bâtiments sont plus petits, car les exploitations n’ont que de 18 à 20 ha ; les cultures sont diversifiées : céréales, légumes, lin, betteraves, houblon, élevage ; quelques industries alimentaires y sont associées ; les villes sont à la périphérie : Haze-brouck, Bailleul (centres de services, marchés avec quelques industries) ; au centre, Cassel ne garde que le souvenir de son passé.

La plaine de la Lys voit réapparaître les canaux de drainage ; les fermes, coquettes, s’étirent le long des routes, les bordant d’un faux bocage ; les exploitations sont petites, mais la variété des produits est grande (blé, pommes de

terre, légumes, élevage à l’étable). Au milieu, la vallée de la Lys est une rue de villes surtout textiles : Armentières, Comines, Halluin.

Dans la région de Lille, c’est le contact des deux types de paysage : au nord, dans les collines argileuses du Ferrain, c’est le paysage de la Flandre ; au sud, la craie apparaît dans le Mélantois et c’est aussitôt un habitat groupé, des campagnes non encloses avec blé et betterave. Quelques kilomètres plus loin, l’argile réapparaît, et les collines du Pévèle rappellent les paysages flamands.

La craie remonte de nouveau, cou-

verte de limons : c’est le Cambré-

sis, pays du blé et de la betterave, de l’élevage à l’étable. La campagne est découverte, sans haie, coupée cependant de gros villages entourés d’arbres.

Fréquemment, la population y dépasse plusieurs milliers d’habitants, car l’industrie y est souvent disséminée : conserves, sucreries, textiles qui animent des centres comme Caudry (tulle), Villers-Outréaux (broderie). Cambrai était restée très tertiaire ; depuis 1960, se sentant bien placée sur des axes de circulation, elle se préoccupe de son industrialisation.

Près de la vallée de la Sambre, en quelques kilomètres, la campagne fait place au bocage de l’Avesnois : les roches ont changé, l’altitude est plus forte, l’herbe occupe presque toute la surface, les parcelles, entourées de haies, sont souvent complantées de pommiers ; la production essentielle est le lait. Avesnes est le centre administratif et économique. À l’est, ce sont déjà les confins ardennais : la forêt tient une grande place ; vallées, étangs et lacs sont propices au tourisme, mais c’est aussi la partie industrielle de l’Avesnois : laine (à Fourmies), carrières, métallurgie.