Выбрать главу

Au nord-ouest de l’Avesnois, la vallée de la Sambre, d’Aulnoye-Aymeries à Maubeuge et à la frontière, forme un ensemble industriel de 125 000 habitants. Orientée vers la sidérurgie dès 1835, cette région possède actuellement aciéries, laminoirs, chaudronnerie, constructions mécaniques,

céramique et verrerie (Boussois) ; l’automobile s’y est installée avec Chausson. Mais la Sambre reste trop isolée par rapport au reste de la région.

Le département du Nord possède la moitié est du bassin houiller. C’est la partie la plus anciennement mise en exploitation (dès 1734), car la houille y est plus proche de la surface. C’est aussi la partie sidérurgique du bassin avec les usines de Denain et de Valenciennes, mais aussi la métallurgie à Douai. La récession houillère est moins nette que dans l’ouest au début de la décennie 1970, mais ce n’est que provisoire, et la sidérurgie craint la concurrence du littoral. La conversion y est moins importante que dans l’ouest, mais, en bordure de l’Escaut à grand gabarit et de l’autoroute Paris-Bruxelles, s’est implantée une raffinerie de pétrole et s’installent une usine Simca et des zones industrielles.

La Communauté urbaine de Lille

compte près d’un million d’habitants.

L’industrie y tient une grande place : le textile, qui occupe la moitié des actifs de Roubaix-Tourcoing, les constructions mécaniques (moteurs, matériel ferroviaire et agricole), la chimie, les industries alimentaires. Le tertiaire, les services sont peu à peu renforcés.

Le littoral constitue la quatrième zone fortement urbanisée. Seul le secteur Dunkerque-frontière est voué au tourisme (mais on doit aménager des zones vertes vers l’intérieur) ; le reste du littoral est consacré au développement industriel et portuaire de Dunkerque.

A. G.

F Cambrai / Douai / Dunkerque / Lille / Nord-downloadModeText.vue.download 300 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

7743

Pas-de-Calais (Région) / Valenciennes.

Nord (mer du)

Mer bordière du nord-ouest de l’Europe dont six pays riverains appar-

tiennent au Marché commun.

Les fonds et les eaux

La partie méridionale, à laquelle on accède par un passage étroit et peu profond (pas de Calais), est le prolongement naturel de la grande plaine nord-européenne qui s’y achève sous la forme de falaises ou de côtes basses, parfois dunaires. Creusées de profonds estuaires (Humber, Rhin), elles sont fréquemment bordées (notamment

au sud-est) par des chapelets d’îles plates (Frise) qui isolent des lagunes marécageuses (mer des Wadden aux

Pays-Bas). Le pas de Calais s’ouvre sur l’entonnoir peu profond de la Baie flamande encombrée de bancs de sable rectilignes, parfois disposés en faisceaux parallèles au rivage ; leur immersion est si faible qu’ils constituent de réels dangers pour la navigation.

Tout le reste de la région circonscrite par l’isobathe de 50 m est peuplé de bancs graveleux et caillouteux (Dogger Bank) creusés de dépressions étroites, parfois sinueuses (l’Outer Silver Pit au large des côtes anglaises).

La partie septentrionale présente un relief plus différencié. Les côtes rocheuses de l’Écosse et de la Norvège, découpées par des fjords, sont ceinturées de plates-formes à récifs qu’interrompent brutalement des talus accores. Les fonds dessinent un grand plan incliné vers le nord-ouest, que surmontent des hauts-fonds (Great Fisher Bank, Long Forties, Banc Ling, Udsire) séparés par des sillons profonds (Fladen Ground, Devil’s Hole).

La plate-forme de Norvège est parfaitement délimitée par une remarquable fosse, profonde et arquée, dont le fond se relève progressivement vers le nord.

La pente continentale, que l’on suit depuis le seuil des Féroé jusqu’à la Norvège centrale, est la limite naturelle de la mer du Nord.

L’ensemble est un bassin sédimen-

taire original dont la structure, souvent complexe, est connue dans ses grandes lignes grâce aux travaux réalisés en vue de la recherche des hydrocarbures.

Le soubassement (calédonien au nord, hercynien au sud) est un socle profondément affaissé sous une couverture épaisse de 6 à 8 km et dont l’âge va du

Permien (Paléozoïque) au Pléistocène.

À la base de cette série, on a découvert d’épais coussins de sel (d’origine la-gunaire) dont l’ascendance diapirique a partiellement perturbé la disposition originelle des terrains doucement ondulés. Les reliefs manquent de netteté, d’autant qu’ils furent à plusieurs reprises rabotés par les glaciers scandinaves et écossais, ou recouverts sous leurs dépôts. Nombre de hauts-fonds correspondent à d’anciens alignements de moraines (vallums), et les dépressions importantes à des ombilics de surcreusement pro- ou sous-glaciaire.

Dans les régions non englacées se forma un lac dont l’émissaire méridional creusa le pas de Calais dans la voûte anticlinale qui unissait la France à l’Angleterre. Au cours de sa remontée ultime (depuis quelques millénaires), la mer s’est livrée à un actif remaniement des dépôts. Les vases ne subsistent que dans les dépressions et la fosse norvé-

gienne. Partout ailleurs, elles ont été transportées vers les estuaires et les marais, qu’elles colmatent, laissant à découvert des formations grossières qui posent de délicats problèmes à l’occasion de certains forages. Actuellement, les courants de marée sont responsables du déplacement des sables et de leur accumulation en bancs migrateurs. La Fosse norvégienne, qui fut une cicatrice tectonique ouverte au contact du socle et de la couverture, est devenue une auge fortement élargie et surcreusée par les glaciers.

Toute la moitié occidentale est placée sous l’empire des influences atlantiques, qui y pénètrent par le pas de Calais ou contournent par le nord les Orcades et les Shetland. Les dirama-tions extrêmes de la dérive nord-atlantique s’y achèvent, comme l’expriment la plus grande salinité des eaux (35 p. 1 000 en hiver) et l’atténuation de leur amplitude thermique. L’onde de marée, normalement déviée vers la droite en pénétrant, y acquiert amplitude (de 4 à 6 m sur les côtes anglaises, flamandes et frisonnes) et force (les courants rapides y dépassent couramment de 2 à 3 noeuds). Par l’est et le sud-est arrivent d’abondantes eaux fluviales (Rhin et Elbe surtout) et celles

— fortement dessalées, issues de la Baltique (v. Atlantique [océan]) — qui

rejoignent l’Atlantique Nord et longent les côtes de Norvège.

L’est de la mer du Nord est occupé par une eau moins salée (30 p. 1 000) dans le Skagerrak et donc plus sensible à la congélation ; la petite banquise qui se forme en baie Allemande (extension maximale en février) peut durer plusieurs semaines au cours des hivers les plus rudes. L’amplitude thermique est donc forte. Par ailleurs, l’oscillation marégraphique s’y réduit sensiblement (présence de deux points amphidromiques) et les courants généraux y sont plus faibles qu’à l’ouest.

Fermée sur trois côtés, la mer du Nord a un climat légèrement conti-nentalisé. Il est frais en été, rigoureux en hiver (neige dans le nord), souvent humide et brumeux, presque toujours instable (passages fréquents des dé-

pressions dérivées de front polaire) et venteux. En hiver, les vents y dépassent souvent 100 km/h et soulèvent de très fortes mers. Autour des Shetland, des vagues de 12 et 15 m ne sont pas rares ; au cours de l’hiver 1971-72, à la plateforme de forage Neptune VII, située au large de Stavanger (Norvège), on a enregistré une vague de 18,40 m. Pé-

riodiquement, les dépressions les plus creuses peuvent provoquer la formation de surélévations anormales du niveau de la mer (2 m et plus) appelées ondes de tempêtes (v. ondes océaniques) ; amplifiées par résonance, elles peuvent devenir des cataclysmes lorsqu’elles se superposent à des pleines mers de vive-eau, comme cela se produisit en 1953