aux Pays-Bas (plus de 2 000 victimes et de 250 000 ha inondés). De telles menaces, qui pèsent notamment sur les rivages de Hollande, Zélande et de Frise, ont très tôt obligé les habitants à protéger les embouchures et surtout les polders par des digues, objets d’une surveillance continue.
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La mer du Marché
commun
Ses bancs instables, ses tempêtes fré-
quentes rendent la mer du Nord particulièrement dangereuse. Mais elle fut très tôt le site d’une intense fréquentation, notamment à cause de la fertilité de ses eaux. Constamment brassées (notamment sur les hauts-fonds comme le Dogger Bank) et réalimentées en apports sédimentaires (surtout au sud), elles présentent des teneurs éle-vées en sels nutritifs indispensables à l’entretien de la vie benthique et pélagique. La mer du Nord est en mesure de donner asile et subsistance à une très grande variété de poissons et fut donc un très précoce loyer de pêche et un actif laboratoire où furent mises au point toutes les techniques de la grande pêche moderne, le chalutage notamment, dont elle reste la terre d’élection (env. 75 p. 100 des prises). Le total des prises annuelles dépasse 3 Mt, dont les deux tiers sont récoltés par les Danois et les Norvégiens, précédant les Britanniques et les Soviétiques (présence des navires appartenant aux kolkhozes de pêche des républiques baltes), puis, loin derrière, la Suède, les Pays-Bas et la France. Les diverses espèces de harengs sont pêchées de mai jusqu’en plein hiver, surtout dans les eaux péri-phériques ; le maquereau l’est surtout sur les bancs, notamment au centre, les deux autres espèces qui jouent un rôle dans les prises sont l’églefin et le tacaud, poissons proches de la morue. Jadis dispersée en de multiples ports, l’activité halieutique tend à se concentrer en quelques grands centres capables d’armer pour la grande pêche industrielle. Les plus importants sont Bremerhaven et Cuxhaven (100 000 t chacun), Boulogne (qui y fait le quart des pêches françaises), Grimsby et Hull (200 000 t chacun) et surtout Esbjerg, en plein essor (400 000 t), sans doute le premier port de pêche du monde.
L’intense utilisation des régions les plus poissonneuses et l’exploitation communautaire des secteurs placés sous la dépendance des pays appartenant au Marché commun ont néces-
sité, non sans difficulté, l’élaboration d’une sévère réglementation destinée à enrayer la surpêche menaçante et les conflits d’intérêts.
La mer du Nord est le débouché na-
turel de grandes régions économiques, notamment celles du Marché commun.
Ce « lac européen » est le terminus de la plus grande route maritime du monde (v. Atlantique [océan]). Sur ces rivages s’activent et grandissent des ports qui sont parmi les plus importants du monde (Rotterdam, Londres, Anvers, etc.). L’intensité du trafic de ligne et de cabotage a imposé de très ambitieux et très coûteux aménagements portuaires (comme à Anvers et Rotterdam) ainsi que l’adoption de très strictes mesures de sécurité maritime (réglementation des passages, mise sur pied d’un service de surveillance permanente, etc).
On estime qu’au large de Douvres (au lieu dit Piccadilly-Circus) passent en moyenne 1 000 navires par jour.
Cette richesse est encore accrue par la découverte et la mise en exploitation des ressources en hydrocarbures rece-lées par le sel permien. Aux gisements de gaz naturel qui furent les premiers découverts (gisement britannique de West Sole) sont venus s’adjoindre à partir de 1969 des gisements de pé-
trole localisés principalement dans les secteurs norvégien (Ekofisk, Frigg et Brent) et britannique (Forties, Mon-trose). La production a commencé en 1971 et doit dépasser 50 Mt vers 1980.
Elle pose de très graves problèmes juridiques (souveraineté des États riverains, tracé d’une frontière médiane, statut des installations de prospection et d’exploitation), techniques (pose de conduits vers les côtes britanniques et, prochainement, vers l’Allemagne), économiques (prix compétitif, conciliation des activités pétrolières avec les autres aspects de la vie marine, la pêche entre autres) et biologiques (lutte contre la pollution), gui ne sont pas encore tous résolus. À la fin de 1975, les réserves récupérables étaient estimées à 2 000 Mt de pétrole et à 1 700 milliards de mètres cubes de gaz naturel.
Elles doivent permettre d’élever progressivement le taux de couverture de la consommation (pourtant croissante) d’hydrocarbures de l’Europe occidentale, taux extrêmement faible, puisque de l’ordre de 4 à 5 p. 100 seulement en 1975.
J. R. V.
F Atlantique (océan) / Danemark / Gaz /
Grande-Bretagne / Norvège / Ondes océaniques
/ Pays-Bas / Pétrole.
G. Böhnecke et G. Dietrich, Monatskarten der Oberflächentemperatur für die Nord- und Ostsee und die angrenzenden Gewässer (Hambourg, 1951). / H. U. Roll, Die Meereswellen in der südlichen Nordsee (Hambourg, 1956). /
A. Guilcher et J. Beaujeu-Garnier, l’Europe du downloadModeText.vue.download 302 sur 625
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Nord et du Nord-Ouest, t. I : Généralités physiques et humaines (P. U. F., 1958). / Serial Atlas of Marine Environment, fasc. 4 : Surface Water Type of the North Sea and theirs Characteris-tics (New York, 1963) ; fasc. 9 : Meteorology of the North Sea (New York, 1965). / A. Wenger, Pétrole et gaz naturel en mer du Nord. Droit et économie (Technip, 1971). / J. Coull, European Fisheries (Londres, 1972).
Nordeste
Grande région naturelle du Brésil.
Le Nordeste, comme son nom l’in-
dique, occupe le nord-est du pays et comprend au sens strict les sept États suivants : Alagoas, Ceará, Maranhão, Paraíba, Pernambouc, Piauí et Rio Grande do Norte. Mais on y englobe aussi le Sergipe et l’État de Bahia.
C’est la zone la plus anciennement peuplée, où se sont installés les colons portugais après une brève rivalité avec les Hollandais, où a prospéré la société coloniale avec ses plantations et ses esclaves et où était située la capitale de la colonie jusqu’au XVIIe s. (Salvador). C’est aujourd’hui la région de la misère, qui porte le plus profondément, dans les niveaux de vie et les paysages, la marque du sous-développement
d’une grande partie du Brésil. Certes, la nature y est souvent ingrate, puisque 90 p. 100 de la superficie sont affectés d’un climat semi-aride aux pluies insuffisantes et irrégulières.
Mais il convient néanmoins de chercher les parts respectives des condi-
tions naturelles et de l’histoire dans l’explication de la pauvreté actuelle et des difficultés économiques et sociales.
La nature
Elle offre des conditions de mise en valeur fort différentes selon les régions.
Le relief comprend une plaine littorale relativement large, de 50 à 200 km, puis un escarpement plus ou moins ample qui prend l’allure d’une zone de moyenne montagne, au niveau de l’État de Pernambouc, mais se résume au nord à quelques collines. Il borde un plateau cristallin, d’altitude également variable, de 200 à 1 000 m, qui s’incline vers l’intérieur et cède progressivement la place à des secteurs où alternent plaines et plateaux formés par des grès ou autres terrains sédimentaires anciens. Mais le Nordeste se caractérise surtout par des oppositions de climat. Sa latitude, entre 1 et 16° S. environ, le situe d’une façon générale dans une ambiance tropicale et subéquatoriale aux températures élevées, à peine adoucies par l’altitude dans la partie intérieure. Toutefois les régimes pluviométriques sont très variés : la partie côtière, au-delà de 6° de latitude, vers le sud, est bien arrosée, recevant de 1 500 à 2 500 mm de pluies par an. La végétation correspondait, avant le défrichement, à la forêt dense ; aussi cette zone est-elle dénommée zona da mata, zone de la forêt. Elle ne dépasse pas les limites de la plaine littorale et fait place, vers l’ouest, à une zone de transition où les pluies oscillent autour de 1 000 mm par an, avec des variations, selon le relief, qui expliquent les alternances de la végétation entre les forêts sèches et les broussailles semi-arides : c’est la zone de l’Agreste. L’ensemble de l’in-térieur du Nordeste et la zone côtière en deçà de 6° de lat. S. constituent le Sertão, qui ne reçoit qu’une moyenne annuelle de précipitations inférieure à 750 mm, voire à 500 mm sur de petites étendues. Ces quantités sont très insuffisantes en pays chaud, avec l’intensité de l’évaporation, aussi la végétation s’adapte-t-elle à cette sécheresse : c’est la caatinga, composée d’épineux et de cactacées. En fait, ces totaux pluviométriques moyens n’ont qu’une