Assez semblables dans leur paysage, elles ne diffèrent que par leur nombre relatif dans l’espace, selon les densités humaines. Plus nombreuses dans la zona da mata, où les densités atteignent 50 habitants au kilomètre carré, elles se raréfient dans l’intérieur, où les densités tombent à moins de 10 habitants au kilomètre carré.
Le Nordeste pose de très graves problèmes à la nation. Cette grande région de la misère envoie de trop nombreux migrants vers les foyers industriels du Sud-Est, sans pouvoir, pour autant, nourrir convenablement ceux qui
restent. Les tentatives d’industrialisation sont hors de rapport avec l’ampleur des besoins. Seule une profonde modification des conditions de travail imposées par la structure actuelle de l’économie agricole pourrait peut-être briser cet étau de la pauvreté auquel se heurtent jusqu’à maintenant les plans de la SUDENE, service fédéral chargé de l’aménagement du Nordeste.
M. R.
F Bahia / Brésil / Recife / Salvador.
J. de Castro, Geografia da fome (São Paulo, 1946, nouv. éd., 1961 ; trad. fr. Géographie de la faim, Éd. ouvrières, 1949, nouv. éd., Éd. du Seuil, 1964). / M. Correia de Andrade, A terra e o homen do Nordeste (São Paulo, 1963).
Nord-Pas-de-
Calais
Région économique de la France septentrionale, formée des deux départements du Nord et du Pas-de-Calais ; 12 378 km 2 ; 3 913 773 hab. Capit.
Lille*.
La densité, supérieure à 300 habitants au kilomètre carré, est à la mesure de celle de l’Europe du Nord-Ouest.
Favorisé par ses sols et son sous-sol, ré-
gion de contacts physiques et humains, le Nord-Pas-de-Calais était considéré comme une « région pilote » dans les années 1950. Au cours des années
1960, assez brutalement, de graves difficultés sont apparues, notamment dans le textile et dans les charbonnages, ces « deux piliers » de la Région. Une vague de pessimisme déferla. L’image de marque de la Région changeait rapidement : les riches plaines et les grands foyers industriels étaient remplacés par un Nord gris et froid, plat et monotone avec ses pavés, ses gueules noires et ses corons. À la fin des années 1960, un nouveau changement est intervenu, début d’une évolution profonde, peut-
être d’une révolution ; la décennie 1970 veut être celle de la naissance d’une nouvelle Région, dont les bases de la richesse ne seront plus les mêmes.
Aspects physiques
Une carte topographique montre la division de la Région en deux parties.
Au sud, ce sont des hauteurs en
forme de V ; la branche occidentale, orientée N.-O. - S.-E., est l’Artois, la branche orientale, orientée S.-O. - N.-
E., constitue le Cambrésis, l’Avesnois, puis l’Ardenne. À la pointe du V, les altitudes s’abaissent jusqu’à une centaine de mètres, c’est le seuil de Ba-paume ; de part et d’autre, les altitudes remontent : à l’ouest, l’Artois culmine à un peu plus de 200 m, puis lui succède la « fosse » du Boulonnais ; à l’est, l’Avesnois dépasse aussi 200 m, et l’Ardenne, à l’extrême est, atteint 300 m.
Au nord, ce sont les bas pays, région de plaines et de collines où les altitudes se tiennent au-dessous de 30 à 50 m et peuvent même descendre au-dessous du niveau de la mer. Du nord-ouest
au sud-est alternent plaines et régions de collines : plaine maritime, Flandre intérieure ou Houtland, plaine de la Lys, collines du Weppe, plaine du Mélantois, collines du Pévèle, plaine de la Scarpe. La principale ligne de hauteurs, orientées ouest-est, coupe en deux la Flandre intérieure, ce sont les monts de Flandre culminant au mont Cassel (176 m).
Les hauteurs du sud sont essentiellement formées de craie crétacée : elles constituent l’extrémité soulevée du Bassin parisien. Au nord, les bas pays sont faits de sables et d’argiles tertiaires ; c’est le début du bassin de la mer du Nord ou encore du delta du Rhin, de la Meuse et de l’Escaut, région plus basse, plus humide, où la voie d’eau joue un rôle prépondé-
rant, où la mer pénètre (ou a pénétré) profondément.
Il s’agit donc d’un contact entre deux milieux naturels différents, contact physique auquel se superposent des contacts humains. Région de contacts, c’est, pour une première approche, la meilleure définition du Nord-Pas-de-Calais.
Le Nord-Pas-de-Calais, par la géographie physique, constitue seulement la « bordure méridionale » du delta du Rhin, de la Meuse et de l’Escaut. Les grands fleuves qui drainent l’Europe occidentale et jalonnent les aires de fort peuplement rejoignent la mer plus au Nord, à partir d’Anvers. La Région n’a que de petits cours d’eau : Lys, cours supérieur de l’Escaut, et ils coulent du S.-O. vers le N.-E., c’est-à-dire vers les bas pays, vers la Belgique. La frontière franco-belge est perpendiculaire à cette direction et a toujours contrecarré les orientations vers le nord (Gand ou Anvers). En tant que Région française, le Nord-Pas-de-Calais tendrait plutôt à se construire selon des axes N.-O. - S.-
.E., parallèles à la frontière. Ces axes peuvent s’appuyer sur deux éléments naturels : au sud, le rebord crayeux de l’Artois, qu’utilisa la voie romaine et que vont reprendre l’autoroute et les trains à grande vitesse (T. G. V.), et une dépression qui borde l’Artois et qui va de Calais-Dunkerque à Mons et se poursuit ensuite par le sillon
Sambre-Meuse ; elle est utilisée par le canal à grand gabarit mer-Escaut.
Bordure méridionale du delta, le
Nord-Pas-de-Calais est une région où le socle de roches primaires est encore proche de la surface et, au pied de l’Artois, il possède un bassin houiller qui fut un atout capital.
Il a été recouvert lors des glaciations quaternaires par plusieurs mètres d’un limon fertile. Cette conjonction du bassin houiller et du limon fertile est l’explication de cette bande de riches régions qui se suivent jusqu’en Allemagne, où on leur donne le nom de « Börde ». Mais le Nord est de plus l’endroit où la Börde arrive à la mer.
C’est le dernier trait spécifique de la Région et peut-être, pour les prochaines années, son meilleur atout.
Les côtes sont variées : basses et bordées de grandes plages et de dunes au sud et au nord ; bordées de falaises qui alternent avec des plages dans le Boulonnais et se hissent aux caps Gris-Nez ou Blanc-Nez. Le littoral est pourvu de sites portuaires naturels : des bancs de sable, subparallèles à la côte, ferment des rades vastes et sûres ; Dunkerque a une rade naturelle longue de plus de 10 km. Les profondeurs d’eau de 25 m, nécessaires pour les navires de 250 000 tpl, ou celles de 35 m, nécessaires pour les navires de 500 000 tpl, atteignent encore le littoral à hauteur de Calais et de Dunkerque, mais s’en écartent de plus en plus vers le nord ; il suffit d’un chenal de 2 km pour conduire des navires de 320 000 t à Dunkerque en 1974-75, alors qu’il faut déjà un chenal de 15 km pour mener des navires de 250 000 tpl à Rotterdam. De plus, la Région est le plus proche endroit pour passer en Angleterre, avantage qui permet de tirer vers le sud les axes de circulation au moment où doit être construit le tunnel sous la Manche, point de départ d’un réseau autoroutier et de ces trains à grande vitesse dont on attend une véritable révolution.
Le nom même de la Région manque
de chaleur. Cependant, la moyenne du mois le plus froid est de 0,9 °C à Cambrai, de 3,8 °C à Dunkerque, de 5 °C à
Boulogne ; il n’y a que 9 jours de neige, en moyenne par an, à Dunkerque. Cette ville ne reçoit que 641 mm d’eau par an, moins que beaucoup de villes méditerranéennes. La Région en moyenne en reçoit un peu plus : de 600 à 700 mm ; jusqu’à 800 mm dans l’Avesnois et 900
à 1 000 mm sur les plus hauts points de l’Artois. Mais le nombre de jours de pluies est élevé, il pleut environ un jour sur deux à Lille.