Les industries y ont repris leur développement. Calais* est le premier port français de voyageurs : l’industrie de la dentelle y connaît une nouvelle crise ; mais la ville dispose d’autres atouts.
C’est à Dunkerque* que l’évolution est la plus marquée. Un nouveau port s’est construit, accessible aux navires de 100 000 tpl. En 1972 ont commencé les travaux d’un port pour navires de 320 000 tpl. On prévoit, ultérieurement, le doublement de l’organisme et l’installation d’un autre port entre Gravelines et Calais. Usinor double sa capacité (8 Mt d’acier) et construit une deuxième usine. Dunkerque est enfin relié par autoroute à la Région et à l’Europe ; le port est candidat pour ravitailler la Wallonie et la Ruhr en hydrocarbures, jouant ainsi un rôle de porte d’entrée de l’Europe du Nord-Ouest. Il est également relié à l’Escaut par le « canal à grand gabarit » admettant des convois poussés de 3 500 t.
En 1975, la soudaine décision britannique d’abandonner la construction du tunnel ferroviaire sous la Manche, prise après deux années d’études
préliminaires et de travaux effectifs d’aménagement de voies d’accès et de creusement de la galerie proprement dite risque toutefois de porter un coup sévère à l’économie de la Région.
Calais notamment escomptait
l’implantation de firmes britanniques à proximité de la sortie du tunnel (la Chambre de commerce de la ville avait même installé une antenne permanente à Londres dans cet espoir). Lille devait dans cette perspective devenir une plaque tournante internationale entre Londres, Paris, Anvers et la Ruhr.
Seules sont bénéficiaires de l’arrêt des travaux les compagnies maritimes assurant la desserte entre la France et la Grande-Bretagne : ce qui constitue une maigre compensation pour le Nord-Pas-de-Calais.
Deux axes nord-sud sont achevés : A1/E3 (Anvers-Gand-Lille-Paris) et A2 (Bruxelles-Valenciennes-Paris).
Un premier axe ouest-est est également achevé : A25 (Dunkerque-Lille) et A27
(Lille-Tournai), et, au-delà, on atteint la Wallonie, Liège, Cologne. Un deuxième axe ouest-est est avancé, c’est la
« rocade minière » qui traverse l’ouest du bassin. Un troisième axe ouest-est est mis en chantier : A26 (le tunnel-Arras-E3). Du côté belge, E5 (Bruxelles-Ostende) se dirige vers Dunkerque.
Ce maillage de voies de circulation et les structures urbaines s’intègrent dans le schéma de la Région tel qu’il est présenté par l’O. R. E. A. M.-Nord.
Les conurbations forment quatre aires urbaines orientées approximativement S.-O. - N.-E. : le littoral (Boulogne-Calais-Dunkerque), l’aire urbaine centrale (Arras ; l’ouest et le centre du bassin houiller avec Béthune, Lens, Douai ; Lille-Roubaix-Tourcoing), la vallée de l’Escaut (Cambrai et l’est downloadModeText.vue.download 306 sur 625
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du bassin houiller avec Valenciennes) et enfin la vallée de la Sambre (Maubeuge). Le bassin houiller, coupé en deux, est appelé à s’intégrer dans de nouveaux ensembles. Les autoroutes nord-sud structurent ces aires urbaines tout en assurant les liaisons pays bas-France. Les axes ouest-est relient entre elles les aires urbaines en même temps qu’ils assurent les liaisons mer-Europe continentale. Des espaces à dominante rurale et d’urbanisation plus ponctuelle séparent les quatre aires urbaines. À
l’intérieur de celles-ci, des zones vertes
doivent séparer les divers noyaux urbains et, aménagées, donner aux citadins les espaces verts nécessaires.
L’agriculture
La Région est aussi une des zones agricoles les plus riches de France et produit : environ 6 p. 100 du blé, de l’avoine et de l’orge français, le quart du lin et du houblon, 12 p. 100 des pommes de terre, le quart des betteraves à sucre. La Région nourrit 4,4 p. 100 du cheptel bovin, 11 p. 100
du cheptel porcin et fournit 6,5 p. 100
de la viande. Les rendements (blé, lait) sont supérieurs aux moyennes nationales. Cette richesse tient à des causes naturelles et historiques. Presque toute la région est couverte par plusieurs mètres d’un limon fertile, mais le travail humain a été considérable : il a fallu enrichir par des engrais, drainer des sols lourds, parfois conquérir des terres sur des marais ou sur la mer.
Les paysages ruraux sont d’une grande variété. Une ligne approximativement ouest-est divise la région en deux : au sud, l’habitat est groupé, les champs ne sont pas enclos ; au nord, les habitations non agricoles se groupent encore en bourgs, mais toutes les fermes se dispersent et elles s’entourent de parcelles en herbe, encloses de haies, créant des « mini-bocages ». Sur ces deux grands thèmes, chaque sous-ré-
gion borde une variation allant du bocage boulonnais ou de l’Avesnois aux campagnes découvertes et aux gros villages du Cambrésis.
Actuellement, l’agriculture ne
connaît pas ces bouleversements brutaux qui touchent d’autres régions françaises et, de ce fait, elle perd une partie de son avance. Sa richesse y avait posé sans doute moins de problèmes. Les exploitations sont d’une taille moyenne et on reste fidèle à la polyculture et à l’association culture-
élevage. Le mode de faire-valoir pré-
dominant est le fermage, mais la moitié des terres est propriété paysanne.
Cependant, l’évolution est sensible : la taille des exploitations augmente, des élevages industriels se créent, on introduit le maïs ou la stabulation libre dans quelques entreprises de l’Avesnois.
L’industrie
Elle a des éléments de puissance enviables. Elle emploie plus d’un demi-million de personnes. La Région a produit longtemps plus de la moitié du charbon français ; en 1950, elle assurait le tiers de la consommation énergétique nationale. Si le charbon doit disparaître, le gaz de Groningue, les raffineries, les autres gaz, la conversion ou la construction de nouvelles centrales électriques ne devraient pas poser avec acuité le problème du ravitaillement en énergie. Le Nord-Pas-de-Calais est le premier centre textile de l’Europe du Nord-Ouest : il emploie le tiers des salariés français de cette branche ; il travaille le tiers du coton français, la moitié du jute, détient un quasi-monopole pour le peignage et la filature de la laine. Il assure la moitié de la transformation des fibres chimiques, fournit 14 p. 100 de la bonneterie, plus de la moitié des tissus d’habillement, 80 p. 100 des tapis. La majeure partie de cette branche se localise à Lille-Roubaix-Tourcoing et Armentières, mais de nombreux autres centres sont disséminés dans la région, notamment à Calais (dentelles), Caudry, Fourmies.
La houille et le textile font oublier la diversité des autres industries. La houille a attiré la sidérurgie, principalement à Denain-Valenciennes. La Région produit 7,6 Mt d’acier, le tiers de la production française, et cette part est appelée encore à augmenter. Désormais, tout le minerai de fer est importé par les ports ainsi qu’une part de plus en plus importante des charbons à coke. La Région produit aussi tout le plomb français et 60 p. 100 du zinc.
Les industries métallurgiques suivent : tubes, fonderie, moteurs Diesel, la moitié du matériel ferroviaire, etc.
Depuis 1970, l’aviation et l’automobile s’installent. La chimie est d’abord représentée par la carbochimie du bassin houiller. À Mazingarbe, Drocourt, etc., on fabrique engrais, matières plastiques, enduits. En liaison avec la houille et les besoins des industries, notamment le textile, la chimie miné-
rale fournit des acides et du chlore. De même, on produit savons et peintures.
Les industries alimentaires occupent 10 p. 100 des actifs français de la