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Dans le domaine de l’électrotech-

nique, les travaux de normalisation sont effectués par la Commission électrotechnique internationale (C. E. I.), qui siège également à Genève et agit en étroite liaison avec l’ISO.

Activités de normalisation

européenne

Dans le cadre européen, les travaux de normalisation sont menés par le Comité européen de normalisation

(C. E. N.), qui comprend les repré-

sentants des organismes nationaux de normalisation de 15 nations : pays de la Commission des communautés

européennes (C. C. E.), de l’Association européenne de libre-échange (A. E. L. E.), Espagne et Finlande. Ce comité, dont le secrétariat central est à Paris, établit des normes européennes communes à ces pays, ainsi que des rapports d’unification faisant le point du degré d’harmonisation réalisé par les normes nationales. Il a créé un système de certification de conformité aux normes européennes et fondé une asso-

ciation, le C. E. N. C. E. R., responsable de la mise en oeuvre.

Pour l’électrotechnique, il est fait appel à un organisme particulier : le C. E. N. E. L. E. C., dont les statuts sont voisins de ceux du C. E. N.

Dans le domaine de la sidérurgie, les activités de normalisation exercées par l’ex-C. E. C. A. (Communauté européenne du charbon et de l’acier) aboutissent à la publication d’Euronormes.

La normalisation est donc un facteur très important du développement des sociétés humaines et de leur coopération, principalement dans les domaines scientifique, technique et industriel.

Les pays les plus avancés dans ces domaines sont d’ailleurs ceux qui possèdent le plus grand nombre de normes nationales. D’autre part, la normalisation suscite une collaboration féconde, aussi bien sur le plan national que sur le plan international, entre toutes les forces de l’économie : fabricants, usagers, hommes de laboratoire et administrations. Elle trouve, en outre, de ce fait, des domaines d’application extrêmement étendus dans les pays en voie de développement. Nul pays, aujourd’hui, ne peut se dispenser d’activités nationales de normalisation, mais ces activités doivent être attentivement rattachées aux travaux internationaux.

E. C.

Normands

« Hommes du nord », ainsi qu’ils ont été baptisés par leurs frères continentaux établis à l’ouest et au sud de l’Elbe, les Normands (Nordmanni,

Nortmanni) sont en réalité des Germains originaires de Scandinavie, où, après les Grandes Invasions, ils ont vécu repliés du VIe au VIIIe s., époque à laquelle une nouvelle pulsation migratoire les pousse à la conquête de l’Europe.

Le terme de Normands est d’emploi strictement continental ; il n’est pas utilisé par les Anglo-Saxons, qui se servent du mot Danois. Pour les clercs occidentaux, les Normands ne sont pas seulement les Norvégiens, mais tous

les envahisseurs païens et barbares qui débarquent sur leurs côtes au VIIIe et au IXe s., qu’ils soient Suédois, Norvé-

giens ou Danois, encore que les Sué-

dois aient orienté leur expansion principale vers Kiev et Byzance, alors que les Norvégiens sont partis à la conquête des îles de l’Atlantique (Irlande) et de l’Écosse, laissant aux Danois le soin d’organiser majoritairement, mais non exclusivement, vers le continent et vers l’Angleterre les expéditions vikings dont le caractère est fondamentalement cosmopolite.

Le problème des sources

Les sources écrites

y Sources non scandinaves. Premières exploitées parce que immédiatement accessibles, par ailleurs chronologiquement assez précises mais ne donnant des évé-

nements qu’une vue assez partielle et trop locale, les plus riches d’entre elles émanent malheureusement des partenaires (ou des adversaires) politiques ou économiques des Normands :

— textes occidentaux, qui nous éclairent sur leurs relations politiques (chronique anglo-saxonne) ou économiques (Histoire universelle d’Orose) avec les Anglo-Saxons ;

— textes celtiques, qui insistent sur les aspects militaires de la pénétration scandinave en Irlande (Annales de l’Ulster, Chro-nicon Scotorum) ;

— textes latins, dont les auteurs ecclésiastiques analysent la signification politique des invasions normandes (Annales Berti-niani, rédigées par Prudence de Troyes), précisent les origines du duché de Normandie (De moribus et actis primorum Normanniae ducum, oeuvre de Dudon de Saint-Quentin) ou décrivent la religion, la société et les activités commerciales des peuples scandinaves au contact desquels leur mission évangélique les a placés (Vita Anskarii, de l’archevêque de Brême, Rimbert, Gesta Hammaburgensis Ecclesiae pontificum, rédigé vers 1075 par le clerc Adam de Brême) ;

— textes orientaux, enfin, aussi nombreux, mais souvent plus précis, qu’ils soient byzantins (De administrando imperio, du Xe s., oeuvre de Constantin VII Porphyrogénète), russes (Chroniques des temps passés, dites

« de Nestor », élaborées au début du XIIe s. à partir du contenu des annales de Kiev) ou arabes, tels les récits des voyageurs musulmans des IXe et Xe s. : ibn Khurdādhbih ou Aḥmad ibn Faḍlān.

y Textes scandinaves. Permettant de connaître de l’intérieur la société nordique et, par contrecoup, d’éclairer les causes des invasions normandes, ces textes, malheureusement moins riches et plus tardifs (v. 950) que les précédents, se regroupent en trois catégories principales :

— les inscriptions runiques, rares (deux mille environ), laconiques, surtout sué-

doises et n’évoquant que des aventures individuelles ;

— les poèmes scaldiques, apparus au début du XIe s., mais dont la brièveté, l’obscurité et la transmission par voie orale jusqu’à la fin du XIIe s. ne permettent une exploitation historique qu’à travers le miroir déformant de la mythologie et du folklore ;

— les sagas*, enfin, remarquables récits en prose transmis également par voie orale, mais dont la mise par écrit au plus tôt à la fin du XIIe s. et au début du XIIIe s. ne permet d’« offrir des événements autre chose qu’une vision littéraire », que complète, en downloadModeText.vue.download 311 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol.14

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latin cette fois, les Gesta Danorum, rédigés à la fin du XIIe s. par Saxo Grammaticus.

Les sources archéologiques

En mettant au jour les camps édifiés par les Normands ou les trésors enfouis par leurs victimes, les fouilles archéologiques permettent de localiser les lieux où les envahisseurs ont séjourné pendant plusieurs mois, de déterminer le tracé de leurs raids continentaux, de préciser la nature, le type et la valeur de leurs armes, de leurs bateaux, de leurs bijoux et de leurs objets utilitaires, d’apprécier enfin l’importance et la direction de leur commerce à partir de l’étude des trésors monétaires découverts en Scandinavie. Dans cette perspective, il faut se souvenir que raids de pillage et tributs versés par les vaincus ont contribué plus ou moins largement à leur

constitution. Encore ne faut-il pas oublier que, jusqu’au IXe s. inclus, les Normands ont fondu en général les métaux pré-