La frange côtière, en particulier dans le sud du pays, connaît un climat maritime tempéré, relativement doux, parfois très frais et trop pluvieux l’été, mais rarement froid l’hiver. La moyenne annuelle des températures est à Oslo de 5 °C (janv., – 3,5 °C ; juill., 16,9 °C et 120 jours de couverture neigeuse), à Bergen de 7,2 °C (janv., 1,7 °C ; juill., 14,2 °C et 60 jours de couverture neigeuse), à Vardø, dans l’extrême Nord, de 2,3 °C (janv.,
– 4,8 °C ; juill., 8,9 °C et 180 jours de couverture neigeuse). L’altitude aggrave les conditions climatiques sur la presque totalité du territoire, où l’hiver, avec de 6 à 7 mois au-dessous de 0 °C, entrave alors sérieusement les communications routières, mais favorise en certains secteurs le ski et le tourisme.
Les précipitations sont abondantes et peuvent se produire toute l’année ; elles sont en général plus abondantes en automne et moindres au printemps et au début de l’été. À l’ouest, sur l’Océan, les précipitations sont plus élevées : 1 944 mm à Bergen, 764 mm à Trondheim, 712 mm à Røst dans
l’archipel des Lofoten, dépassant 4 000 mm sur les hauts reliefs dominant la mer dans le Vestlandet et sous le cercle polaire dans le Nordland. Vers l’est, elles diminuent rapidement avec encore 685 mm à Oslo, mais seulement 449 mm à Røros dans l’intérieur entre Trondheim et Oslo, tandis qu’à Vardø, sur les bords de la mer de Barents, elles ne sont que de 573 mm.
La période végétative, ou période durant laquelle la moyenne quotidienne des températures est supérieure à 3 °C, dure du début de mars à la fin de décembre sur la côte sud-ouest, dans le Jaeren, qui est ainsi la région la plus favorisée pour l’agriculture, tandis que dans le Sud-Est (Østlandet) elle ne s’étend que de la fin d’avril au début de novembre. La situation se dégrade rapidement dans les montagnes et les vallées, la durée de la saison végétative décroissant de cinq à six jours par tranche d’altitude de 100 m. Au-delà du cercle polaire arctique, la saison végé-
tative débute en avril-mai et se termine en octobre, mais pendant cinq mois la vie végétale est intense, car l’énergie des radiations solaires est reçue aussi pendant les longues nuits claires.
La toundra arctique avec mousses et lichens ne couvre qu’une faible superficie en Norvège continentale, dans les îles et les péninsules les plus septentrionales du Troms et du Finnmark.
Le permafrost (sol gelé en profondeur toute l’année) et la brièveté de la pé-
riode végétative ne permettent pas aux arbres de pousser. On n’y trouve que des arbustes et des arbrisseaux nains.
Un paysage où les affleurements de roches nues l’emportent sur les touffes de végétation couvre de vastes superficies sur la majeure partie des hauts fjells. Les deux tiers du territoire sont ainsi stériles.
La zone subarctique fait transition vers le sud, couvrant surtout le Nord, de la Laponie au Finnmark, descendant par endroit jusqu’au cercle polaire.
C’est une toundra boisée, caractérisée par un peuplement végétal plus dense avec de petits bouleaux. L’été, elle sert de pâturages aux troupeaux de rennes.
On y rencontre de petits lacs, des tourbières et vers le sud des landes à érica-
cées. Dans les sites mieux exposés et bien drainés se développent des forêts de bouleaux et de pins.
Quoique ne couvrant que le quart du territoire, les grandes forêts de conifères répandues surtout dans le sud du pays forment l’étage alpin de la végé-
tation norvégienne, où dominent largement les pins, exclusifs au nord du cercle polaire et sur la côte ouest, et les épicéas, qui forment l’essentiel des boisements de l’Østlandet. En dessus se trouvent les pelouses qui servent de pâturage l’été aux troupeaux de bovins.
Dans le Sud et autour d’Oslo, on rencontre quelques boisements de hêtres, chênes, charmes.
J. G.
L’HISTOIRE
Les origines
(Ier - Xe s.)
Au début de notre ère, il existait en Norvège une organisation sociale fondée sur la suprématie de seigneurs terriens qui vivaient avec leur famille et leurs serviteurs dans de grands établissements tenant de la ferme et de la forteresse et où bêtes et hommes vivaient sous le même toit. Les fouilles archéologiques ont livré une riche moisson de beaux outils, d’armes et d’objets d’or trouvés dans des tombes de chefs.
Des clans s’étaient constitués qui furent à l’origine, de petits États (fyl-ker) ; ceux-ci, au IXe s., disposaient d’assemblées d’hommes libres (thing) où les fermiers propriétaires débattaient des intérêts de la communauté.
Au nord du pays vivaient des Lapons, plus arriérés, avec lesquels commer-
çaient les Scandinaves des régions plus méridionales.
À partir de la fin du VIIIe s. apparaît le phénomène viking, dû sans doute au surplus de population, à une technique supérieure dans la construction navale et la fabrication des armes, et au goût de l’aventure. De tous les Scandinaves, ce sont les Norvégiens qui s’aventurent le plus loin à l’ouest ; ils colonisent les îles Shetland, Orcades et Hébrides ainsi que l’île de Man ; ils peuplent les îles
désertes d’Islande et de Féroé et participent à la conquête des îles Britanniques. Ils poussent jusqu’au Groenland et au Labrador où leurs bateaux ont été retrouvés. (V. Normands.) Ces expéditions, qui durent jusqu’au XIe s., sont capitales pour l’évolution de la Norvège elle-même, car de nombreux Vikings, revenus dans leur pays après leurs razzias, y introduisent la culture qu’ils ont rencontrée en Europe occidentale et particulièrement le christianisme.
Des épopées, des chroniques, les
« sagas », récits historiques transfigurés par la légende, nous ont laissé le souvenir de ces âges héroïques, mais, écrites à partir du XIIe s., elles ne donnent que des renseignements assez aléatoires sur ces époques. C’est par elles cependant que nous connaissons les premiers essais d’organisation étatique entrepris par une famille de chefs norvégiens de l’Ouest, les Ynglingar.
Le roi Harald Ier Hårfager (« à la Belle Chevelure ») réalise, selon la tradition, l’unité de la Norvège en écrasant à la bataille du Hafrsfjord (v. 872) près de Stavanger les petits chefs locaux de l’ouest du pays. En réalité, Harald Ier et sa postérité ne semblent pas avoir établi leur autorité effective au-delà des régions occidentales, et, jusqu’au XIe s., l’histoire de cette dynastie se partage entre les expéditions maritimes en Angleterre, les luttes intestines pour le pouvoir et les récoltes de leurs vassaux, dont le plus important, le comte (jarl) de Lade, régna sans partage sur le Trøndelag.
Le Moyen Âge :
l’établissement du
pouvoir monarchique
(995-1380)
La Couronne retrouve son prestige sous les règnes d’Olav Ier Tryggvesson (995-1000) et surtout d’Olav II Haraldsson (1016-1030), qui s’emploient à convertir leurs sujets au christianisme grâce à des missionnaires allemands et anglais. Des évêchés sont alors fondés downloadModeText.vue.download 323 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol.14
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à Trondheim, à Bergen et à Oslo. Le roi Olav II, tué à la bataille de Stiklestad contre le roi de Danemark et d’Angleterre Knud* le Grand, qui a envahi le pays (1028), devient, après sa mort, le roi légendaire saint Olav, le protecteur et le héros de la Norvège.
La domination danoise est vite rejetée par les Norvégiens, qui, en 1035, placent sur le trône le fils de saint Olav, Magnus Ier le Bon (1035-1047). Après que son successeur Harald III Hårdråde (le Sévère) [1047-1066] a échoué dans sa conquête de l’Angleterre, l’activité viking commence à décliner en Norvège, et quelques souverains comme Olav IV Magnusson (1103-1115) et Sigurd Jorsalafare (1103-1130) essaient plutôt d’établir dans leur royaume une organisation étatique semblable à celle des monarchies de l’Occident chrétien.