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Au début du XXe s., malgré une très nette industrialisation dans la région d’Oslo, la Norvège était encore dans sa majorité un pays de pêcheurs, de paysans et d’artisans. Depuis l’indépendance (1905), la population urbaine a doublé, tandis que celle des campagnes n’a augmenté que de moitié. L’émigration a pratiquement disparu depuis 1910. La structure économique de la population enregistrait des modifications profondes. Alors que 75 p. 100

de la population relevaient en 1840 du secteur primaire (pêche, agriculture, mines et forêts), la proportion n’était plus pour ce secteur que de 44,3 p. 100

en 1900 et de 15 p. 100 en 1975. Les industries ne groupant en 1900 que 10 p. 100 de la population active en employaient 35 p. 100 en 1975. C’est le secteur tertiaire qui a enregistré la plus forte augmentation, passant de 15 p. 100 en 1840 à 29,9 p. 100 en 1900

et à 50 p. 100 en 1975.

Environ 75 p. 100 de la population vivent sur une étroite frange côtière, le peuplement de l’intérieur du pays étant limité à quelques grandes vallées ou fonds de fjord. Les hauts fjells, repré-

sentant près des deux tiers du territoire, sont déserts. Les régions du Sud sont les plus peuplées avec 80 p. 100 de la population contre 9 p. 100 au Trøndelag et 11 p. 100 pour le Nord-Norge, situé presque entièrement au nord du cercle polaire.

De grands changements se mani-

festent dans la distribution spatiale

de la population. On assiste au développement d’une importante région urbaine autour d’Oslo, dépassant

800 000 habitants (plus du cinquième de la population nationale). Cette agglomération occupe le coeur de l’Østlandet, qui, dans un rayon de 150 km autour de la capitale, groupe 50 p. 100

de la population norvégienne, assurant 60 p. 100 des activités commerciales nationales, 47 p. 100 de la valeur de la production industrielle et 53 p. 100

du trafic maritime. Les autres régions progressent moins, à l’exception du Nord, où l’amélioration des moyens de transport, l’implantation d’usines ainsi que les efforts gouvernementaux de reconstruction et de subvention à la pêche et l’agriculture ont maintenu sur place une population dont l’excédent n’aurait pas trouvé à s’employer dans le Sud.

Oslo, Bergen, Trondheim, Stavan-

ger-Sandnes et Fredrikstad-Sarpsborg constituent les principales agglomé-

rations urbaines et industrielles de la Norvège, dont elles regroupent déjà plus de la moitié de la population.

L’ÉCONOMIE

L’agriculture

Seulement 3,2 p. 100 de la superficie sont cultivables. Si les besoins nationaux sont couverts pour les produits de l’élevage et les pommes de terre, l’agriculture est déficitaire pour les fruits et légumes et surtout le blé. Environ 300 000 t de blé (plus de 90 p. 100

de la consommation nationale) sont importées annuellement. Le climat maritime et frais cantonne la culture du blé et du seigle à d’étroits périmètres dans le sud du pays. Les principales régions agricoles sont le Trøndelag, les archipels du Møre et du Vestlandet, le Jaeren autour de Stavanger et l’Østlandet (50 p. 100 des exploitations du pays, favorisé par des étés plus chauds et stimulé par la présence d’Oslo).

La plus grande part de la superficie agricole est encore constituée par des prairies de fauche (50 p. 100) et des prairies naturelles (15 p. 100), tandis que les cultures de céréales n’en occupent que 28,8 p. 100 et celles de

la pomme de terre 5,7 p. 100. L’orge occupe 82 p. 100 de la superficie mise en céréales.

L’élevage des bovins et les produits laitiers représentent environ 75 p. 100

des revenus agricoles. Les moutons paissent l’été dans les montagnes du Sud-Ouest, où subsistent encore certaines formes de transhumance grâce à une durée moyenne d’estivage

d’environ 170 jours. Un troupeau de 45 000 chèvres, répandues dans les vallées et fjords, assure la production du lait pour la fabrication de fromages. Au Nord-Norge, environ 25 p. 100 des Lapons continuent à pratiquer l’élevage extensif des rennes ; le nomadisme y est en régression. Dans le Vestlandet et le Trøndelag, près de 4 000 fermes pratiquent l’élevage des animaux à fourrures (env. 200 000 bêtes par an, principalement des renards bleus et des visons). Sous la pression du marché intérieur, les cultures (grains, pommes de terre, légumes et fruits) progressent.

La structure de l’agriculture est caractérisée par la petite exploitation familiale. La superficie moyenne des exploitations (en ne tenant compte que de celles de plus de 0,5 ha) est de 5 ha.

Près de 60 p. 100 des exploitations, représentant près de 30 p. 100 de la surface exploitée, sont comprises entre 1 et 5 ha. Ces exploitations de petites dimensions ne sont viables qu’avec une main-d’oeuvre familiale. La

pêche, le bâtiment, l’industrie et surtout la forêt apportent des ressources supplémentaires aux cultivateurs. Les trois quarts des exploitations de plus de 2 ha possèdent un bois. La grande majorité des paysans adhèrent à des coopératives qui possèdent laiteries, abattoirs et assurent, grâce à leur important réseau de distribution de détail, environ 70 p. 100 de la commercialisation des produits. Les coopératives d’achat groupant plus de 50 p. 100 des exploitants ont fortement contribué à l’accélération de la mécanisation. Le nombre des tracteurs dépassait 100 000

en 1970.

Les forêts

La superficie utilisable couvre environ 75 000 km 2. La richesse forestière est inégalement répartie. Le Sud est favo-

risé. Les forêts de conifères — pins au nord et à l’ouest, épicéas au sud-est —, qui représentent 70 p. 100 des arbres, sont à la base des industries de la cellulose et du papier ; elles se trouvent dans le Sud. L’essentiel des forêts septentrionales est constitué par des bouleaux, de moindre valeur économique.

La présence de voies d’eau flottables a avantagé l’exploitation forestière dans le Sud. Jusqu’au début du XXe s., le flottage fut le seul moyen d’évacuation des troncs d’arbre. Actuellement, un tiers des bois coupés annuellement sont flottés, en particulier sur le Glåma.

L’État et les autorités locales ne possèdent que le dixième de la superficie forestière, dont un peu plus de la moitié appartient aux paysans. Ce n’est pas sans inconvénient pour l’exploitation, qui est rarement pratiquée de façon homogène et correcte, les propriétés forestières privées étant trop petites.

Sur 124 000 exploitations en 1970, 43 p. 100 ne dépassaient pas 10 ha.

Les grands domaines de plus de 100 ha couvrent 61 p. 100 de la surface totale, et les exploitations de 10 ha et moins, seulement 5 p. 100. La production moyenne annuelle est de 7,4 millions de mètres cubes. Environ 45 p. 100

du bois coupé vont aux industries de la cellulose et de la pâte à papier, et 39 p. 100 aux scieries.

La pêche

La Norvège occupe la première place en Europe, le cinquième rang dans le monde, avec de 4 à 5 p. 100 des captures mondiales. Activité traditionnelle, la pêche assumait dans les siècles passés avec le bois une grosse part du commerce norvégien et complétait les ressources agricoles pour l’alimentation du pays. Il y a quelques années encore, ses produits constituaient 20 p. 100 en valeur des exportations ; cette part est tombée maintenant à environ 8 p. 100. En 1900, les pêcheurs représentaient environ 10 p. 100 de la population active, ils n’en forment plus que 2 p. 100.

Le caractère artisanal de la pêche est encore marqué. En 1971, il y avait 35 000 pêcheurs, dont 15 000 pêcheurs professionnels, 10 000 pêcheurs com-

plétant leurs revenus par l’agriculture et 10 000 paysans-pêcheurs. Ainsi, plus de la moitié pratiquent un genre de vie mixte.

La flotte comprenait officiellement plus de 36 000 bateaux enregistrés en 1971, dont 75 p. 100 ne dépassaient pas 10 m de long. Le grand nombre de petites embarcations, maintenant plus nombreuses que les pêcheurs, traduit la survivance de l’ancienne pêche côtière dans les fjords et les archipels.