y À chaque espèce chimique, simple ou composée, est affectée sa formule, constituée avec les symboles des élé-
ments composants et qui traduit dans tous les cas la composition atomique relative de l’espèce chimique à l’aide d’exposants entiers affectant chaque symbole. Elle traduit aussi la composition pondérale, compte tenu des
valeurs des poids atomiques des élé-
ments ; ainsi, la formule Na2SO4 du sulfate de sodium indique que l’on y rencontre 4 atomes d’oxygène pour 2 atomes de sodium et 1 atome de
soufre, et aussi que ce composé renferme, pour 4 × 16 = 64 g d’oxygène, 2 × 23 = 46 g de sodium et 32 g de soufre (sensiblement). En outre, si le corps, simple ou composé, est de structure moléculaire, comme l’hydrogène, l’azote, le chlore, l’eau, l’éthanol..., la formule — dite alors « moléculaire »
—, H2, N2, Cl2, H2O, C2H6O est aussi une image condensée mais fidèle de la molécule. molé-
cules forment une quantité de matière de 1 mole, dont on obtient la masse M, dite « masse molaire », à partir de la formule moléculaire et des valeurs des poids atomiques des éléments
constituants ; ainsi, pour l’éthanol, on a :
M = 2 × 12 + 6 × 1 + 16 = 46 g/mole.
On peut dire aussi que le résul-
tat numérique de l’opération précé-
dente (sans indication d’unité) est le poids moléculaire (relatif) de l’espèce chimique de structure moléculaire, rapport du poids de la molécule au 1/12 du poids de l’atome de l’isotope 12C.
Détermination des poids
atomiques et choix des
formules
Actuellement, atomes et molécules sont une réalité physique et l’on dispose, pour « peser » les atomes, d’appareils précis et fidèles, tel le spectro-graphe* de masse. La précision dès maintenant atteinte dans la détermination des poids atomiques est telle que, déjà, pour un certain nombre d’élé-
ments (H, Li, B, C, O, Si, A, Cu, Pb), la valeur du poids atomique mentionnée dans la table ci-jointe ne peut plus être améliorée, à cause des variations reconnues de composition isotopique des échantillons naturels suivant leur origine. La composition atomique des corps, moléculaires ou non, le nombre, les distances, la disposition spatiale des atomes dans les molécules sont maintenant bien connus au moyen de méthodes physiques ; il en est donc de même des formules, au sujet des-
quelles, en général, aucun doute ne peut subsister. L’actuelle perfection de la notation chimique ne doit cependant pas faire oublier quelles difficultés ont rencontrées ceux qui, principalement au cours du siècle dernier, ont consacré leurs efforts à l’établissement de cette notation. De nombreux chimistes — et non des moindres — repoussaient alors la théorie atomique, dont les partisans n’avaient eux-mêmes qu’une idée
assez floue (v. molécule). Le choix des poids atomiques dans un système de nombres proportionnels (v. combinaisons [lois des]) déterminés par des analyses chimiques offrait la garantie de formules à exposants entiers et petits ; mais un nombre proportionnel, une fois choisis la base et son nombre proportionnel, n’est déterminé qu’à un multiple simple près ; dès lors, lequel choisir, ou, ce qui revient au même, quelles formules attribuer aux composés ?
C’est sur ce choix que s’affrontèrent, pendant de longues années, atomistes et « équivalentistes » ; ces derniers fondaient leur notation sur le principe de simplicité et sur la notion arbitraire d’équivalent, poids d’un élément qui s’unit à un équivalent d’oxygène pour former l’oxyde le moins oxygéné de ce corps ; de ce fait, ils écrivaient par exemple HO la formule de l’eau. Quant aux atomistes, sans rejeter le principe de simplicité, d’ailleurs issu des lois de Dalton, ils cherchaient, avec Berzelius et Mitscherlich, à traduire dans les formules les analogies chimiques ou cristallines et à édifier pour chaque corps la formule qui, tout en restant simple, tra-duirait de la façon la plus claire le plus grand nombre de propriétés chimiques du corps. Ce n’est cependant qu’à partir de 1850, et sous l’impulsion de Gerhardt, puis de Cannizzaro, qu’une meilleure compréhension de la notion de molécule fit utiliser pour les composés gazeux la loi d’Avogadro*, permettant ainsi à la théorie atomique, un instant délaissée, de s’imposer. Plus tard, aux résultats d’analyses chimiques toujours plus précises vinrent s’ajouter, pour la détermination des poids atomiques, ceux qui étaient tirés des
méthodes physiques telles que le calcul des densités limites.
R. D.
F Atome / Chimie / Combinaisons (lois des) / Élé-
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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol.14
7776
ment chimique / Mole / Molécule.
notation
chorégraphique
Transcription des oeuvres cho-
régraphiques à l’aide de signes
conventionnels.
Jusqu’au XVIIIe et même au XIXe s., la chorégraphie reste l’art d’écrire la danse. Ensuite s’installe une ambiguïté qui conserve au terme son sens initial et lui en ajoute un second, qui prévaut actuellement puisque de nos jours une chorégraphie est l’oeuvre chorégraphique elle-même. Le chorégraphe
n’est plus celui qui transcrit un ballet, mais celui qui le compose. Ainsi, diffé-
rencie-t-on chorégraphie et écriture de la danse, chorégraphe, compositeur de ballet et notateur.
Le passé chorégraphique
Pendant de longs siècles, seule la tradition orale a permis aux danses et à la danse de survivre. Hormis les
« livres » ou livrets qui expliquaient certains grands divertissements de cour ou qui décrivaient succinctement les danses de l’époque, il ne reste rien. La danse, art du mouvement, est le plus éphémère de tous les arts. Le danseur en a conscience et plus encore le chorégraphe. La danse n’a pas de
« passé écrit », ou très peu. La photographie fixe une attitude, emprisonne un jeu de lumière ou une expression, retient un « temps » dans l’espace. De récentes expériences photographiques apportent un élément nouveau : l’illusion du mouvement dans un « flou »
plus artistique qu’indicateur de geste, encore moins de pas. Le cinéma seul restitue l’ensemble d’une oeuvre. Mais sa lecture décomposée pour retrouver chaque pas, chaque enchaînement est
un travail long et ingrat.
OEuvre scénique et visuelle, une
chorégraphie ne peut être vue — ou revue — que lorsqu’une troupe l’inscrit à l’un de ses programmes. À aucun autre moment, on ne peut retrouver une oeuvre chorégraphique, tandis qu’une pièce de théâtre qui n’est plus jouée a pu être imprimée, une symphonie enregistrée et transcrite.
Tous les systèmes inventés dans les siècles passés, en dépit de leur ingéniosité, n’en étaient pas moins incomplets et impraticables pour la transcription de grandes oeuvres chorégraphiques.
La tradition orale elle aussi est insuffisante. À chacun manque cette rigueur qui donne la précision et préserve des modifications inévitables. Seule une écriture claire, complète, logique, étayée par les portées musicales pouvait satisfaire cette nécessité de préserver de l’oubli et respecter les constructions rythmiques, chorégraphiques et spatiales que représentent une danse, un ballet.
Le Centre national de
l’écriture du mouvement
Créé en 1958 par Théodore d’Erlanger (1888-1971), fondateur de l’École supé-
rieure d’études chorégraphiques, ce centre a pour but l’enseignement et la vulgarisation de la notation chorégraphique (en particulier le système de Laban) ainsi que la formation des notateurs professionnels.