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Bien que l’on se permette souvent d’employer l’une pour l’autre les deux dénominations Ars antiqua et école Notre-Dame, il faut se garder de les identifier. Si Philippe de Vitry (1291-1361), en 1320, rejette dédaigneusement dans le passé et globalement sous le nom d’Ars antiqua tout ce qui pré-

cède l’art de son temps, qu’il qualifie d’Ars nova, il semble bien qu’il faille réserver l’étiquette d’école Notre-Dame à la première période de l’Ars antiqua, celle qui obéit à la rythmique modale, c’est-à-dire celle qui va de 1170 environ jusqu’aux alentours de 1250 et qui englobe la polyphonie primitive de Léonin et la polyphonie classique de Pérotin. La seconde période

de l’Ars antiqua (1250-1320), où s’élabore une rythmique mesurée plus pré-

cise et qui voit le succès du motet, ne serait pas à mettre au compte de l’école Notre-Dame.

La production de l’école Notre-

Dame est donc à chercher dans les manuscrits que l’on a identifiés comme ayant été en usage dans la cathédrale parisienne et dont le plus célèbre est le Codex mediceus, connu sous le

nom de Pluteus de Florence. Grâce à une étude comparée des livres liturgiques détaillant les offices à Notre-Dame, de ce manuscrit et des propos de l’anonyme IV, on a pu conclure à l’identification entre deux fascicules de ce manuscrit et le Magnus Liber : le fascicule 3, de Antiphonario, et le fascicule 4, de Gradali. Pour les autres fascicules, la situation est moins claire.

Certes, ils contiennent des oeuvres originaires de la région parisienne (Beauvais, Sens par exemple), mais « les preuves certaines en faveur de Paris et de sa cathédrale ne s’étendent pas à la totalité des oeuvres » (Y. Rokseth). Il serait plus juste de parler alors comme certains d’époque Notre-Dame et non plus d’école Notre-Dame.

Il en est de même pour les autres manuscrits où se trouve, pense-t-on, une partie du répertoire de Notre-Dame : les deux manuscrits de Wolfenbüttel, celui de Madrid et celui de Las Huelgas.

B. G.

F Ars antiqua / Ars nova / Moyen Âge (musique du).

H. Husmann, Die drei une vierstimmige Notre-Dame-Organa (Leipzig, 1940). / Y. Rokseth, Polyphonies du XIIIe siècle (Strasbourg, 1947).

nourrisson

Enfant dont l’âge se situe entre la fin de la période néo-natale (10 premiers jours de la vie pendant lesquels on le dit « nouveau-né* ») et la fin de la seconde année.

Normes de l’examen

chez les nourrissons

Le poids et la taille Le nourrisson présente la croissance la plus rapide de toute l’existence. Il augmente normalement de 25 à 30 g par jour et d’une moyenne de 2 à 3 cm par mois. Ces deux coordonnées sont des repères capitaux pour le pédiatre. Le poids moyen des enfants à la naissance est de 3,250 kg. Il s’abaisse durant les 2 ou 3 premiers jours de 200 g en moyenne. Habituellement, le poids de naissance est récupéré par le nourrisson entre le 10e et le 15e jour. La croissance continue ensuite à raison de 750 g par mois durant les quatre premiers mois, de 600 g les 5e et 6e mois, de 500 g le 7e, de 400 g le 8e, pour n’être plus que de 250 g le 12e mois.

La taille à la naissance est de 50 cm.

À un an, elle est de 70 cm ; à 2 ans, de 80 cm.

La mensuration du tour de tête a un grand intérêt, étant donné les variations qu’elle peut présenter. Les chiffres moyens sont les suivants : 34 cm à la naissance ; 36 cm à un mois ; 45 cm à un an ; 48 cm à 2 ans.

L’examen clinique

y Pendant le premier mois. La vie du nourrisson est rythmée par le sommeil et les tétées. Au repos, il conserve une attitude en flexion ; la respiration est calme et de type diaphragmatique, sa fréquence est de 40 par minute, le rythme est régulier, parfois coupé de brèves pauses ou de soupirs. Le pouls est régulier à 120 par minute. Une fois réveillé et dévêtu, la motilité spontanée du nourrisson est importante, les mouvements alternés des jambes rappellent un pédalage rapide. Le cri est clair et vigoureux. Le teint est plus ou moins érythrosique (rouge) et le vernix (v. nouveau-né) a disparu. La cicatrisation du cordon, desséché, puis tombé vers le 10e jour, est complète vers le 15e jour. Le crâne reprend une forme normale ; la bosse séro-sanguine s’est résorbée ; la fontanelle antérieure est large, battante et non tendue. Les selles, méconiales (vert foncé) dans les premiers jours, prennent une couleur jaune avec

l’installation de l’alimentation lac-

tée. L’enfant au sein a de 3 à 6 selles par jour, d’odeur aigrelette, molles et jaune d’or ; ces selles sont plus pâles et mieux moulées chez l’enfant nourri au lait en poudre. Le débit quotidien des urines passe rapidement de 50 ml dans les premiers jours à 200 ml

d’urines pâles et diluées.

y Les deux premières années. Les

deux premières années de vie sont une phase de pleine évolution de l’enfant, d’éveil et d’enrichissement de toutes ses facultés, au fur et à mesure que son champ d’expérience s’élargit. Ces acquisitions sont sous la dépendance de son environnement éducateur et affectif, de l’apparition et du perfectionnement de ses aptitudes statiques, locomotrices et sensorielles.

L’exploration du pli cutané abdo-

minal est très instructif pour juger de l’état général du nourrisson. Son épaisseur rend compte de l’abondance du tissu cellulaire et, partant, de la nutrition générale de l’enfant. Une peau élastique témoigne d’un bon turgor (mot latin signifiant « gonflement ») ; toute consistance pâteuse laisse supposer une déshydratation.

L’état psychomoteur, composante

de la maturation du système nerveux et du conditionnement apporté par le milieu ambiant, est à chaque instant de l’évolution le témoin capital d’une croissance harmonieuse. Les réflexes dits « archaïques », qui devaient être présents à la naissance (réflexe de Moro, grasping, réflexe de marche automatique), doivent disparaître entre le 2e et le 4e mois. Il est notamment pathologique de constater le réflexe de Moro après le 6e mois (extension et adduction des membres supérieurs lors de la chute en arrière de la tête).

On admet depuis longtemps les critères schématiques suivants : l’enfant sourit à 2 mois ; tient sa tête droite vers 3 à 4 mois ; se tient assis vers 6 à 7 mois ; se tient debout vers 11 mois et commence à marcher à 1 an ; il commence à parler vers 18 mois. Le test de Gesell — qui s’intéresse à la motricité, à l’adaptativité, au langage et aux réactions sociales du nourrisson à ses diffé-

rents âges — permet de dater avec une grande exactitude l’âge psychomoteur

de l’enfant.

L’ossification

Les délais d’apparition des points d’ossification radiologiques permettent de vérifier que la croissance osseuse du nourrisson s’effectue normalement : entre 2 et 6 mois apparaît le point d’ossification du grand os du carpe ; vers 7 mois, celui de l’os crochu du carpe ; vers 1 an, celui de l’extrémité inférieure du radius, et au cours de la 2e année apparaît celui du pyramidal du carpe.

L’exploration des fontanelles est également très importante : la fontanelle antérieure, rhombique, ayant en moyenne 2 cm sur 3 cm à la naissance, se rétrécit peu à peu et se comble entre le 14e et le 18e mois. La fontanelle postérieure est généralement fermée à la naissance, mais peut encore être perçue au cours des deux premiers mois.

L’éruption dentaire

Les incisives médianes inférieures sortent les premières entre le 6e et le 9e mois, suivies des incisives médianes supérieures, entre le 8e et le 9e mois ; les incisives latérales sortent vers 1 an et les canines vers 2 ans. Il existe en fait de très grandes variations suivant les nourrissons, et, de ce fait, l’éruption downloadModeText.vue.download 335 sur 625