inférieur (relief appalachien ennoyé).
La côte orientale (falaises et cordons littoraux) est bloquée par les glaces près de cinq mois. La côte sud, souvent élevée, est libre de glaces. Les marées de la baie de Fundy (19,6 m de marnage, record mondial) remontent la baie de Passamaquoddy (projet de centrale marémotrice) et l’estuaire du Saint-Jean en provoquant des rapides alternant au flot et au jusant (reversing falls).
Les températures d’hiver sont d’environ – 7 °C dans le sud et – 12 °C dans le nord ; celles de l’été sont de l’ordre de 20 °C, sauf sur la côte et dans les îles de la baie de Fundy (à peine 15 °C).
Les précipitations ont lieu en toute saison (neige en hiver dans le centre et downloadModeText.vue.download 336 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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le nord). La forêt mixte compte plus de conifères dans l’est et le nord, plus de feuillus dans le sud et la vallée du Saint-Jean.
Les premiers colons furent les Acadiens. Arrivés de France au XVIIe s. et au début du XVIIIe, déportés en 1755, ils revinrent en grand nombre par la suite. Installés dans le sud-est et le nord-est, ils constituent aujourd’hui avec les Québécois du nord-ouest une population francophone au nombre de 216 000 personnes, soit 34 p. 100 de la population totale.
On ne compte que 51 p. 100 de
population urbaine. Saint John (Saint-Jean), la ville la plus importante (100 000 hab.), possède des industries (raffinage du pétrole, pâte à papier et papier, chantiers navals) ; longtemps port d’hiver pour le blé, comme Halifax, elle se tourne vers le transport par conteneurs (dixième port canadien ; 6 Mt). Moncton (60 000 hab.) est un noeud ferroviaire, une ville de services et un des foyers culturels acadiens, Fredericton (23 000 hab.), la capitale de la province, une cité administrative, Bathurst (15 000 hab.) une ville industrielle (pâte à papier et papier, affinage
du cuivre et du zinc), Edmundston (13 000 hab., surtout d’origine qué-
bécoise) un centre industriel (pâte à papier et papier) et commercial actif.
L’agriculture connaît un déclin
prononcé par suite de la faiblesse des revenus, elle-même due à la médiocrité des sols, à l’étroitesse du marché provincial, à l’absence de relations avec celui des États-Unis, à l’archaïsme des méthodes et à la réduction fréquente de la culture au rôle d’appoint. La population agricole ne représente plus que 8,4 p. 100 de la population active totale. Les petites fermes de subsistance et même des fermes « commerciales »
de taille moyenne disparaissent, tandis que se développent les cultures fourragères pour le bétail laitier, l’aviculture et la culture des fruits et légumes.
La valeur de la production agricole se monte à 35 millions de dollars.
La pêche garde un caractère artisanal : sur 1 920 pêcheurs, 1 470 pratiquent la pêche inshore (ils emploient des bateaux de très faible tonnage, tels que les doris, et ne s’éloignent pas de la côte). La morue, l’églefin, le sébaste, la sole sont pêchés dans le golfe du Saint-Laurent, le homard dans la baie de Fundy et le golfe du Saint-Laurent.
Depuis 1965, le hareng est très abondant sur les deux côtes. La production des huîtres est menacée par la pollution. La valeur des produits pêchés atteint 15 millions de dollars.
À l’exception de petits gisements de charbon (près de Minto) et de gypse (près de Moncton), l’industrie minière est récente. Dans les terrains anciens des Northern Highlands, on extrait des minerais de zinc, de plomb, de cuivre et d’argent, raffinés près de Bathurst.
La province tient le deuxième rang au Canada pour la production du plomb et le quatrième pour celle du zinc. La valeur des produits miniers s’élève à 98 millions de dollars.
Le régime foncier des forêts (im-
brication des terres de la Couronne et des propriétés privées), la brièveté des concessions (de deux à trois ans), l’absence de politique de conservation et de reboisement expliquent la faible productivité de l’exploitation fores-
tière. La forêt du nord fournit surtout du bois tendre pour la pâte à papier, celle du sud et de la vallée du Saint-Jean, plus riche en feuillus, des bois francs pour le sciage.
P. B.
nouveau-né
Se dit d’un enfant pendant les dix premiers jours de son existence, soit sensiblement pendant la durée de son séjour à la maternité (période néo-natale).
Généralités
À partir du 11e jour, l’enfant est appelé nourrisson*.
Le nouveau-né à terme pèse en
moyenne 3 250 g, avec des variations entre 3 000 et 3 500. Le poids dépend de nombreux facteurs : âge et état de santé de la mère, stature des parents.
La taille, en moyenne de 50 cm, est un témoin de la maturité, plus fidèle que le poids. Le nouveau-né à terme a une bonne motilité spontanée ; son cri est vigoureux, franc et bien modulé.
La peau est recouverte d’une couche grasse, le vernix caseosa ; elle porte souvent un fin duvet, le lanugo, surtout abondant le long du rachis et à la face d’extension des membres. Pincée entre deux doigts, elle est épaisse et ne garde pas le pli.
Le crâne, dont la circonférence est de 36 cm, conserve quelque temps les déformations acquises lors de la traversée de la filière génitale : la bosse séro-sanguine, qui infiltre le tissu cellulaire par-dessus les sutures qu’elle chevauche, met deux ou trois jours à disparaître. Les yeux sont le plus souvent fermés ; les iris sont bleus.
La respiration est de type abdominal supérieur ; son rythme est de 50 par minute. Le coeur bat à 140 (à 120 durant le sommeil).
Les organes génitaux sont relativement volumineux dans les deux sexes.
Les caractères neurologiques —
tonus et réflexes — sont très importants à observer. Le nouveau-né nor-
mal est hypertonique. Les muscles des membres ont un tonus permanent déterminant une attitude (plus marquée au niveau des membres inférieurs) qui est la continuation de l’attitude du foetus in utero. Le nouveau-né déplace souvent ses membres, ferme ses poings et rejette la tête en arrière lorsqu’il crie.
Par contre, la tête est normalement mobile et ballante.
Le nouveau-né présente des réflexes qui lui sont propres et dont l’absence constitue une anomalie. En saisissant les membres inférieurs de façon à soulever brusquement son siège, on obtient une abduction en croix des membres supérieurs, suivie d’un rapprochement d’embrassement, ce qui constitue le réflexe de Moro. La flexion des doigts, après excitation de la paume des mains, réalise le réflexe de préhension, grasping. Enfin, le nouveau-né doit pré-
senter un réflexe de redressement et de marche automatique si on le soutient sous les aisselles en lui faisant prendre appui sur les plantes de pieds.
Physiologie du
nouveau-né
La naissance est pour l’enfant à la fois une épreuve de résistance au traumatisme obstétrical et à l’anoxie* ainsi qu’un changement radical d’environnement et de mode de vie (pas-
sage de la vie intra-utérine à la vie extra-utérine). En réalité, si certaines adaptations doivent être instantanées, d’autres peuvent se faire progressivement. Si certaines fonctions peuvent supporter quelque délai dans leur mise en route (fonctions digestives, régulation thermique...), d’autres ne tolèrent aucun retard, telles les fonctions respiratoire, circulatoire et sanguine.
La période néo-natale est donc celle des ajustements. Quand ceux-ci sont terminés, la métamorphose du nouveau-né en nourrisson est achevée.
Ajustement respiratoire