cette « riverina », des rizières ont les plus hauts rendements du monde, et de belles luzernières permettent l’élevage de nombreuses vaches laitières.
Grâce à son blé, à sa laine, à sa viande et à quelques ressources secondaires (vigne, fruits, riz, canne à sucre à l’extrême nord-est), la Nouvelle-Galles est le premier producteur agricole du Commonwealth australien. Mais, à
ses ressources tirées du sol, elle ajoute d’importantes richesses minières.
De part et d’autre de Sydney, d’abondants gisements de charbon du Permien ont été mis en exploitation. Les veines sont assez épaisses, peu faillées, situées à faible profondeur, à proximité de la mer, et la qualité est souvent excellente (charbon à coke) : la Nouvelle-Galles est une des rares régions du globe où la production houillère a continué à s’accroître : 25 Mt en 1966, 35 Mt en 1971. Une partie du charbon est d’ailleurs exportée (Japon).
Le gisement du nord a permis le
développement d’un port actif, Newcastle, et d’une puissante industrie lourde : en 1915, la Broken Hill Pro-prietary y installait son premier haut fourneau. Aujourd’hui, l’usine produit 2 Mt d’acier, dont une partie est utilisée sur place, dans des constructions de matériel ferroviaire et des chantiers navals. Des industries chimiques (superphosphates), des cimenteries complètent les activités industrielles de Newcastle, qui est par ailleurs un gros centre commercial : l’agglomération a 250 000 habitants.
Au sud, le bassin houiller d’Illawarra est à l’origine du développement de Port Kembla, où se trouve aujourd’hui la plus puissante usine sidérurgique australienne (3,6 Mt d’acier). D’autres industries lourdes y ont été installées (raffinerie de cuivre, usines d’acide sulfurique, de superphosphates), tandis que l’agglomération voisine de Wol-longong concentre surtout des industries de transformation (textiles).
Dans l’intérieur, l’or, exploité à la fin du XIXe s., est à peu près épuisé, mais un important gisement de plomb, de zinc et d’argent a été découvert en 1883 aux confins de l’Australie-Méridionale : Broken Hill est devenue une ville minière de 25 000 habitants. Les minerais sont expédiés en Australie-Méridionale, à Port Pirie, plus proche du gisement que Sydney.
Si la Nouvelle-Galles n’a pas,
jusqu’à présent, de ressources importantes en pétrole et en gaz naturel, elle a pu équiper le massif des Snowy Mountains à la fois pour l’hydro-électricité et pour l’irrigation du bassin du Murray. Les centrales déjà installées fournissent 4,5 TWh. Le courant est envoyé vers Sydney, principal centre urbain et industriel.
A. H. de L.
F Sydney.
Nouvelle-Guinée
En angl. NEW GUINEA, en néerl. NIEUW
GUINEA, grande île située au nord de l’Australie.
La Nouvelle-Guinée (environ
800 000 km 2) est coupée par une frontière artificielle : l’Ouest, ancienne colonie hollandaise, fait aujourd’hui partie de l’Indonésie (Irian occidental, près de 400 000 km2). L’Est, longtemps sous administration australienne, autonome de 1973 à 1975, est devenu en 1975 l’État indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Couvrant 475 000 km 2, il com-
porte non seulement la moitié orientale de la Nouvelle-Guinée (envi-
ron 415 000 km2), mais également l’archipel Bismarck avec la Nouvelle-Bretagne, la Nouvelle-Irlande et les îles de Buka et de Bougainville (v. Mélanésie).
Le milieu
Le « Vogelkop » (extrémité occidentale) de l’Irian mis à part, la disposition d’ensemble du relief est relativement simple. On peut distinguer plusieurs grandes régions.
Les vastes plaines du Sud sont des plaines alluviales où les fleuves, en particulier le Fly et le Digoel, décrivent d’innombrables méandres et se terminent par de grands estuaires. La côte est bordée de mangroves. Au sud, le plateau d’Oromo est une basse plateforme de calcaires trouée de dolines.
La chaîne centrale forme une
énorme masse montagneuse de quelque 2 000 km de long. En Irian, de puissantes crêtes calcaires dominent le pié-
mont méridional et s’élèvent jusqu’à plus de 5 000 m. Vers l’est, en Nouvelle-Guinée australienne, la montagne s’élargit, et les plus hauts massifs sont précédés au sud par plusieurs alignements montagneux. De puissants horsts (mont Wilhelm, 4 600 m) séparent des fossés tectoniques qui forment des hautes plaines vers 1 500 m d’altitude.
Les mouvements tectoniques essentiels sont très récents, pliocènes et quaternaires. Le volcanisme a été intense, en particulier près de la frontière de l’Irian (mont Giluwe, 4 300 m) et dans la pé-
ninsule orientale (monts Owen Stanley, où certains volcans sont encore actifs [mont Lamington]).
La chaîne centrale est bordée au
nord par une immense dépression qui s’allonge sur 1 200 km et qui comporte en Irian la plaine des Lacs et en Nouvelle-Guinée australienne la plaine du Sepik et le sillon Ramu-Markham. Ce long fossé tectonique a été rempli de sédiments récents ; les lacs et les maré-
cages sont encore étendus.
La chaîne du Nord est moins élevée que la chaîne centrale : elle dépasse à peine 2 000 m en Irian occidental, mais, dans la presqu’île d’Huon, elle
atteint 4 000 m. Là encore, les mouvements du sol sont très récents, puisque des terrasses coralliennes quaternaires s’étagent jusqu’à plus de 600 m d’altitude. À l’est, ces montagnes bordent directement la mer, sauf à l’embouchure du Sepik ; en Irian se développent quelques plaines littorales.
Au nord de la Nouvelle-Guinée australienne, l’existence d’un arc volcanique est soulignée par la présence de plusieurs îles formées par des volcans actifs. Cet arc se prolonge par la Nouvelle-Bretagne (six volcans actifs sur la côte nord, les terrains sédimentaires soulevés occupant le reste de l’île) ; il s’incurve ensuite vers le nord-ouest et l’ouest pour constituer la Nouvelle-Irlande, le Nouveau-Hanovre et les îles de l’Amirauté, et pour encercler la mer de Bismarck, lin nouvel arc volcanique, au nord-est, est souligné par les îles de Buka et de Bougainville, et se poursuit vers le sud-est dans les îles Salomon.
La Nouvelle-Guinée est située en
pleine zone équatoriale. Mais le relief provoque un remarquable étagement des climats et des formations végétales.
Toutes les régions basses sont caractérisées par la constance des températures. Sur la côte nord, l’amplitude ne dépasse guère 1 °C (de 26,5 à 25,5 °C) ; sur la côte sud, elle atteint 3 °C (de 27,5 à 24,5 °C), probablement par suite de la proximité du continent australien.
Lorsque l’altitude augmente, les températures moyennes s’abaissent, mais l’amplitude annuelle reste faible. C’est l’oscillation diurne qui s’accroît : les nuits deviennent plus reposantes. On note souvent des températures nocturnes inférieures à 15 °C vers 1 500 m et à 10 °C vers 2 000 m. Au-dessus de 3 000 m, le climat devient franchement froid : les gelées nocturnes sont de plus en plus fréquentes ; les tempêtes downloadModeText.vue.download 349 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol.14
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de neige et de grêle sont courantes au-dessus de 4 000 m. La limite des neiges permanentes est située à envi-
ron 4 700 m, et les plus hauts sommets de l’Irian sont coiffés de névés et de petits glaciers.
La Nouvelle-Guinée est, dans l’ensemble, très arrosée : d’immenses régions reçoivent entre 2 et 4 m d’eau par an, et il tombe 5 ou 6 m d’eau au moins sur les montagnes bien exposées (presqu’île d’Huon, Bougainville, sud de la Nouvelle-Bretagne). Au
contraire, certaines régions abritées ont une saison sèche marquée, et Port Moresby est peu arrosé pour sa latitude (900 mm). De même, certaines hautes plaines de l’intérieur reçoivent surtout des averses locales d’après midi.
Dans ces zones relativement sèches, la végétation est une savane plus ou moins arborée et souvent parcourue par les feux de brousse. Mais, dans l’ensemble, la Nouvelle-Guinée est couverte pour plus de 70 p. 100 d’immenses forêts : mangrove avec des palétuviers en bordure de la mer, forêt amphibie dans les plaines marécageuses, forêt équatoriale typique (rain forest) sur la terre ferme et les basses pentes, puis forêt de montagne avec, entre 800 et 2 100 m, de magnifiques boisements de conifères austraux, de hêtres à feuilles persistantes ou de chênes castanopsis accompagnés de fougères arborescentes. La forêt se dé-