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grade ensuite vers 3 000 m dans la zone qui baigne perpétuellement dans les nuages ; la limite supérieure des arbres est généralement comprise entre 3 200

et 3 800 m. Au-dessus s’étendent des landes de rhododendrons, des prairies alpines et des marais tourbeux, de plus en plus pauvres en allant vers la limite des neiges éternelles.

La flore est riche (10 000 espèces environ appartenant à 1 350 genres) et originale. L’endémisme des espèces est considérable. Certains arbres essentiels ont une origine méridionale (araucarias, nothofagus), tandis que d’autres genres sont originaires d’Asie du Sud-Est (rhododendrons, chênes).

La faune est assez proche de celle de l’Australie : les oiseaux sont magnifiques (oiseaux de paradis, cacatoès, casoars) ; les marsupiaux (wallabies) et les serpents sont nombreux, alors qu’il n’y a pas de gros mammifères.

A. H. de L.

L’histoire

Le premier Européen à reconnaître l’île fut le Portugais António de Abreu en 1511, mais la véritable découverte est généralement attribuée au navigateur portugais Jorge de Meneses, qui, en 1527, débarqua sur la côte septentrionale.

En 1546, un Espagnol, Iñigo Ortiz de Retes, donna au pays le nom de Nouvelle-Guinée, car les autochtones lui rappelaient les habitants de la côte occidentale de l’Afrique, et il proclama son annexion à l’Espagne. En 1606, l’Espagnol Luis Vaez de Torres fit le tour de la Nouvelle-Guinée et se rendit compte de son insularité en découvrant le détroit qui la sépare de l’Australie et auquel il donna son nom.

Des navigateurs hollandais Jacques Le Maire, Willem Schouten et Abel Tasman, sillonnèrent ces parages au XVIIe s. et les Pays-Bas revendiquèrent l’île en 1660, mais sans plus de résultat pratique que l’Espagne.

Au XVIIIe s., ce fut au tour des navigateurs anglais de la visiter : William Dampier, Philip Carteret et James Cook, qui, en 1770, fit le tour de l’île.

La Compagnie anglaise des Indes

orientales établit une garnison dans la baie de la Restauration pour quelques années à la fin du XVIIIe s. et, elle aussi, proclama l’annexion de l’île, mais ces velléités n’eurent pas de suite.

En 1828 seulement, les Hollandais occupèrent la partie nord-ouest et y érigèrent un fort, puis ils occupèrent toute la moitié occidentale, où des sultans malais des Moluques avaient déjà établi leur domination.

À partir de 1840, des Européens,

principalement des Britanniques et des Allemands, commencèrent à s’installer sur l’île. Des missionnaires britanniques y débarquèrent à leur tour en 1870 et, en 1873, établirent le centre de leurs activités à Port Moresby, sur la côte sud-orientale. Des trafiquants européens s’intéressèrent à la Nouvelle-Guinée dès 1840 et en exploitèrent les

richesses : bois de santal, ébène, cèdre, gomme, perles, coprah, etc.

Des compagnies commerciales

furent même fondées à Sydney en 1867

et en 1871 pour exploiter l’île, mais elles n’aboutirent pas ; en 1877, il y eut une petite ruée vers l’or. À partir de 1880, des compagnies de commerce allemandes commencèrent à s’intéresser à la Nouvelle-Guinée ; aussi, les Australiens, inquiets, poussèrent-ils les Britanniques à occuper la partie orientale de l’île, mais ceux-ci firent la sourde oreille.

La crainte de voir les Allemands

et les Français en prendre possession incita les Australiens du Queensland, en mars 1883, à annexer ce territoire au nom de la Grande-Bretagne, sans avoir obtenu l’appui de la métropole.

Celle-ci était hésitante, mais une dé-

claration de Bismarck en 1884 sur les intérêts commerciaux allemands dans le Pacifique emporta sa décision, et, le 6 novembre 1884, la Grande-Bretagne déclara prendre sous sa protection la région sud-orientale de la Nouvelle-Guinée.

Quelques jours plus tard, les Allemands annexèrent la partie nord-

orientale et étendirent également leur domination sur l’archipel Bismarck (Nouvelle-Bretagne, Nouvelle-Irlande, îles de l’Amirauté) et sur une partie des îles Salomon. Dans les années qui suivirent, différents traités eurent pour objet de mieux délimiter les frontières respectives et de préciser les statuts de ces divers territoires.

En 1885, il fut décidé que le

141e degré de long. E. formerait la frontière entre la Nouvelle-Guinée hollandaise, à l’ouest, et les territoires allemands et britanniques, à l’est. En 1895, les Néerlandais acceptèrent un nouvel ajustement de la frontière au profil de la Grande-Bretagne. En avril 1885, les Britanniques et les Allemands fixèrent également leurs frontières. Le Nord-Est devint la terre de l’Empereur-Guillaume, et le Sud-Est, ou Papouasie, fut annexé en 1888 par la Grande-Bretagne. En 1906, celle-ci confiait ce territoire de Papouasie au Commonwealth australien.

Le territoire allemand fut d’abord administré par une compagnie de commerce, qui périclita et qui ne réussit pas à mettre en valeur les cultures tropicales malgré l’immigration de coolies chinois ; aussi le gouvernement allemand assuma-t-il à partir de 1899

l’autorité plénière. Des progrès furent alors réalisés dans l’économie de plantation, la récolte de coprah demeurant la principale ressource. L’Allemagne accomplit en outre des recherches scientifiques dans les domaines de l’anthropologie, de la botanique et de la médecine tropicale.

Mais, en 1914, à la faveur de la Première Guerre mondiale, les troupes australiennes s’emparèrent de la terre de l’Empereur-Guillaume et de l’archipel Bismarck, et, en 1921, la Société des Nations confia le mandat à l’Australie. En 1926, une ruée vers l’or pré-

cipita la colonisation des régions inté-

rieures. Les Australiens développèrent les productions de coprah, de kapok et de tabac.

Les Hollandais, eux, avaient établi pendant ce temps leur domination sur toute la Nouvelle-Guinée occidentale, en achetant en 1905 au sultan de Tidore (Moluques) les droits qu’il possédait sur la partie sud-ouest de leur colonie.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Japonais envahirent le nord de la Nouvelle-Guinée en janvier 1942

et établirent une puissante base militaire dans l’archipel Bismarck, à Rabaul. Ils essayèrent ensuite de gagner la côte sud par l’intérieur des terres, leur but étant d’envahir l’Australie à partir de Port Moresby. La résistance des Alliés et les difficultés du relief les empêchèrent de franchir la barrière des monts Owen Stanley.

À partir de 1943, l’offensive MacArthur en Nouvelle-Guinée (victoire de Buna, de Lae et de Salamaua) chassa les Japonais de l’île, et, en 1944, celle-ci put servir de base militaire à la VIe armée américaine pour la reconquête des Philippines.

En 1946, l’O. N. U. confirma la

tutelle australienne sur le nord-est de la Nouvelle-Guinée et l’archipel Bis-

marck. L’Australie prit des mesures en vue d’une meilleure organisation administrative de la Nouvelle-Guinée ; l’École d’administration du Pacifique fut créée en 1946, et une Commission du Sud-Pacifique fut mise sur pied en 1948.

L’État de Papouasie-Nouvelle-Gui-

née, groupant la Papouasie et la Nouvelle-Guinée sous tutelle australienne, accède à l’autonomie interne en 1973

et à l’indépendance le 16 septembre 1975. Mais le nouvel État doit faire face à des mouvements sécessionnistes (Papouasie, île de Bougainville).

La Nouvelle-Guinée occidentale

hollandaise, ou Irian Barat, riche en ressources pétrolières, fut réclamée à partir de 1960 par l’Indonésie. En octobre 1960, les Pays-Bas se résignèrent à confier l’Irian à l’O. N.U., qui la remettait le 1er mai 1963 à l’Indoné-