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Cependant, la brutale politique

d’expansion pratiquée par Wakefield provoque les guerres maories (1843-

1847, 1860-1870), qui affaiblissent considérablement l’économie du pays et déciment les autochtones.

L’isolement de la colonie vaut naturellement à celle-ci une large autonomie, entrée dans les faits avec la Constitution de 1852. Divisée en six provinces ayant chacune un conseil provincial, la Nouvelle-Zélande dispose, à côté d’un gouverneur, d’un conseil législatif dont les membres sont nommés par la Couronne et d’une Chambre basse élue pour cinq ans

selon un suffrage restreint. Mais un nouveau conflit racial ensanglante les îles entre 1860 et 1870, compromettant pour longtemps l’assimilation de la population maorie. L’île du Nord en est particulièrement affligée : son retard économique par rapport au Sud (où vivent 60 p. 100 des colons) est alors flagrant.

La paix revenue, la Nouvelle-

Zélande connaît un essor considérable favorisé par la découverte de l’or dans l’Otago en 1861, puis sur la côte occidentale, et stimulé par la politique d’emprunts pratiquée par Julius Vogel (1835-1899). En dix ans, la population double, atteignant 500 000 habitants.

Par ailleurs, la centralisation s’accentue quand, en 1876, disparaissent les conseils provinciaux et que sont créés les comtés. L’économie s’oriente déci-dément vers l’élevage extensif, qui favorise l’exportation massive de viande (grâce à l’utilisation commerciale, à partir de 1882, des procédés de réfrigé-

ration), de laine et de produits laitiers vers l’Europe.

La vie politique, qui a été long-

temps aux mains des grands proprié-

taires, se radicalise avec la récession downloadModeText.vue.download 356 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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des années 80. L’instauration du suffrage universel (1889) favorise les petits colons et l’accession au pouvoir du parti libéral. L’ère libérale (1891-1912) est dominée par John Ballance (1839-1893), Premier ministre de 1891

à 1893, et Richard J. Seddon (1845-

1906), au pouvoir de 1893 à 1906. Elle est caractérisée par une nette démocratisation de la vie politique, par le développement du syndicalisme et par la mise en place d’une législation sociale très avancée (réduction du temps de travail, amélioration des conditions de travail, attribution de pensions de vieillesse [1898]) dans l’esprit d’un

« socialisme sans doctrine » qui fait de la Nouvelle-Zélande l’un des pays les plus évolués du monde.

La volonté de maintenir ces privi-lèges dans leur intégrité porte les Néo-Zélandais à n’accepter que des immigrants britanniques, et encore en petit nombre : les immigrés asiatiques sont, eux, systématiquement écartés. Des soucis stratégiques expliquent l’occupation des îles Kermadec (1887) et la rétrocession par Londres de l’administration des îles Cook (1901). En 1907, la Nouvelle-Zélande devient un dominion britannique.

L’application du programme libéral suscite à la longue la réaction des fermiers, qui portent au pouvoir le parti réformiste, dirigé par William F. Massey (1856-1925), Premier ministre de 1912 à 1925. L’entrée au Parlement, en 1911, de quatre travaillistes marque le déclin momentané du parti libéral et la naissance, en 1916, du Labour Party.

Les grandes grèves ouvrières de 1912-13 sont vigoureusement réprimées par Massey.

La Nouvelle-Zélande participe aux combats de la Première Guerre mondiale, en France particulièrement : la mort de 16 000 jeunes combattants affecte gravement la démographie et l’économie du pays. Après la mort de Massey (1925), le réformiste Joseph G. Coates (1878-1943) lui succède comme Premier ministre ; mais le parti libéral, devenu le parti unitaire, impose en 1928 son candidat, Joseph G. Ward, qui meurt en 1930.

Constitué en 1931 pour faire face aux conséquences de la grande crise mondiale, le parti national, né de la coalition des réformistes et des unitaires, est écarté du pouvoir au profit des travaillistes, vainqueurs aux élections de 1935. Le Premier ministre Michael J. Savage (1872-1940) vient

à bout du chômage, rétablit l’arbitrage obligatoire pour les conflits du travail, supprimé en 1932, impose la semaine de 40 heures et l’adhésion à un syndicat, instaure un nouveau système de sé-

curité sociale (1938) et confie à l’État l’organisation du commerce extérieur.

En 1920, la S. D. N. confie à la Nouvelle-Zélande un mandat sur les Samoa occidentales, ancienne colonie allemande ; en association avec la Grande-Bretagne et l’Australie, la Nouvelle-Zélande administre l’île Nauru. Les Néo-Zélandais obtiennent de Londres que ne soit pas renouvelé le traité d’alliance anglo-japonais (1922) ; ils participent en 1931 aux conférences de Westminster sur le Commonwealth, mais les conclusions de celles-ci ne seront adoptées par le Parlement néo-zélandais qu’en 1947. Ainsi, le lointain dominion mène-t-il une politique très personnelle. Cependant, au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Nouvelle-Zélande fournit des troupes aux fronts alliés de la Méditerranée et du Pacifique : elle perd encore 12 000 hommes.

Après la défaite japonaise (1945), la Nouvelle-Zélande, tout en subissant l’influence américaine, prétend être un partenaire à part entière dans l’Asie du Sud-Est et le Pacifique. Si elle s’est déchargée du mandat sur les Samoa occidentales — devenues indé-

pendantes en 1962 —, elle participe au plan de Colombo (1950) et signe avec les États-Unis et l’Australie, le 1er septembre 1951, le traité tripartite de sécurité qui établit le Conseil du Pacifique (ANZUS).

À l’intérieur, les travaillistes gardent le pouvoir jusqu’en 1949 — si l’on excepte un cabinet de guerre formé par la coalition des deux grands partis. Victorieux aux élections de 1949, le parti national (conservateur) — dont le leader Sidney G. Holland (1893-1961) devient Premier ministre — est battu en 1957 par les travaillistes, qui dominent trois ans avant de rendre le pouvoir à leurs adversaires conservateurs, dont le leader est Keith J. Holy-oake (né en 1904). Il garde la majorité aux élections du 26 novembre 1966

et du 29 novembre 1969. Il engage

le pays dans la guerre du Viêt-nam, malgré l’opposition des travaillistes, qui souhaitent se rapprocher des pays asiatiques. Mais, sous la pression de l’opinion, l’Australie et la Nouvelle-Zélande annoncent, le 8 août 1971, leur décision de retirer leurs forces du Viêt-nam avant la fin de l’année. Avec la France, les relations sont rendues difficiles à la suite des expériences nucléaires françaises dans le Pacifique.

Lors des élections générales du

25 novembre 1972, le parti travailliste l’emporte. Le 8 décembre entre en fonction un gouvernement présidé par Norman E. Kirk (1923-1974), chef

parlementaire du Labour Party depuis 1965. Après la mort de N. E. Kirk, un autre travailliste, Wallace Rowling devient Premier ministre. Mais les élections du 29 novembre 1975 ramènent au pouvoir le parti national et Robert David Muldoon dirige depuis le nouveau gouvernement.

P. P.

La population

La Nouvelle-Zélande a franchi en

1975 le cap des 3 millions d’habitants.

La densité moyenne est d’environ

12 habitants au kilomètre carré. Cette population comporte deux groupes ; les Maoris, d’origine polynésienne, et les Européens, en majorité d’origine britannique.

Les Maoris, venus en plusieurs vagues des archipels de Polynésie, sont un peu plus de 250 000 ; ils représentent près de 9 p. 100 de la population totale. Après une période de grave déclin, ils connaissent aujourd’hui un renouveau très spectaculaire : leur natalité est forte (plus de 35 p. 1 000), alors que la mortalité est parmi les plus basses du monde (6,4 p. 1 000 en 1966). Le taux d’accroissement annuel est donc de l’ordre de 3 p. 100, et la structure du groupe maori est d’une étonnante jeunesse : 61 p. 100 ont moins de vingt ans. La répartition des Maoris est très inégale : les trois quarts vivent dans la moitié septentrionale de l’île du Nord, le reste étant installé dans la partie méridionale de cette île (l’île du Sud n’a que 4 p. 100 de la population maorie). À peine la moitié