Les industries alimentaires sont
assez dispersées, mais les constructions mécaniques, les ateliers textiles, les fabriques de chaussures sont surtout concentrés dans les grands centres, en particulier à Auckland. La Nouvelle-Zélande ne fabrique pas elle-même des véhicules automobiles ; elle se contente de les monter.
Elle a peu de ressources minières : une drague recherche encore de l’or dans les alluvions du « Westland »
de l’île du Sud, mais la production est faible. La recherche du pétrole a été jusqu’à présent décevante, mais downloadModeText.vue.download 358 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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les prospections effectuées actuellement dans la baie de Taranaki donnent quelque espoir : en attendant, la raffinerie de Whangarei (2,8 Mt de capacité) doit importer tout son pétrole brut et réexpédier les produits raffinés vers tout l’archipel, en grande partie par caboteurs. Un petit gisement de gaz naturel alimente les deux grandes villes de l’île du Nord.
Des gisements de charbon disper-
sés sont exploités, en particulier sur la côte occidentale de l’île du Sud : la production (2 Mt), qui sert surtout à la fourniture d’électricité, supporte difficilement la concurrence des hydrocarbures. Déjà, la diésélisation des chemins de fer a fait perdre au charbon un client important. Des sables ferrugineux commencent à être exploités au sud-ouest d’Auckland : ils sont concentrés, puis traités dans la nouvelle acié-
rie de Glenbrook.
Mais le grand atout de l’industrie est la richesse en électricité d’origine hydraulique (production d’électricité de 20 TWh, à 75 p. 100 d’origine hydraulique). Les conditions naturelles sont excellentes : rivières abondantes, à pente rapide, lacs glaciaires à des altitudes variées. L’île du Sud est évidemment la plus favorisée : d’importantes centrales y ont été construites (Ben-more, Roxburgh, etc.), et d’autres sont en cours d’aménagement (Manapouri).
Dans l’île du Nord, huit centrales ont été installées sur la rivière Waikato.
Mais c’est insuffisant, même en y ajoutant la centrale géothermique de Wai-rakei et quelques usines thermiques : une ligne sous-marine de 500 kV franchit le détroit de Cook et apporte le courant du Sud.
L’étirement de l’archipel explique aisément l’importance du cabotage.
Wellington assure en particulier les liaisons avec l’île du Sud. Les chemins de fer (5 000 km de lignes) collectent les marchandises, mais subissent
la concurrence des transports routiers. Les voyageurs prennent surtout l’avion : les National Airways transportent plus d’un million de passagers par an. C’est Auckland qui joue le principal rôle dans le trafic international.
Auckland est également le grand port maritime, mais plusieurs autres ports exportent directement les produits de l’élevage.
Les échanges et le niveau de vie
La place de la Grande-Bretagne dans le commerce extérieur de la Nouvelle-Zélande a beaucoup décliné ; l’ancienne métropole reste malgré tout le grand client des produits de l’élevage néo-zélandais (35,9 p. 100 des exportations en 1970), ce qui explique l’inquiétude de la Nouvelle-Zélande devant l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun. Les autres clients sont les États-Unis (15,5 p. 100), le Japon (9,9 p. 100), l’Australie (8,1 p. 100), le Canada (4,2 p. 100). La France achète surtout de la laine (2,7 p. 100). Les fournisseurs de la Nouvelle-Zélande sont surtout la Grande-Bretagne
(29,6 p. 100), l’Australie (20,9 p. 100), les États-Unis (13,1 p. 100) et, depuis peu, le Japon (8,3 p. 100). La France n’a qu’une place minime (0,8 p. 100).
La Nouvelle-Zélande est prospère, son niveau de vie est élevé : il y a une voiture pour trois habitants, et une en-quête de 1966 a révélé que 98 p. 100
des logements avaient une salle de bain, 91 p. 100 un réfrigérateur, 87 p. 100
une machine à laver, 82 p. 100 le télé-
phone. Ses services sociaux sont parmi les plus perfectionnés au monde. Pour-
tant, certains s’inquiètent de l’avenir.
Trop dépendant de ses exportations agricoles, la Nouvelle-Zélande voudrait développer ses industries, mais la médiocrité du marché de consommation constitue un grave handicap. Les admirables paysages devraient permettre un développement touristique important, mais la Nouvelle-Zélande est très éloignée, aussi bien des États-Unis que de l’Europe occidentale.
A. H. de L.
F Auckland / Australie / Océanie / Wellington.
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Novalis
Poète et philosophe allemand (Wie-derstedt, Saxe, 1772 - Weissenfels 1801).
Sa brève existence a ressemblé au passage d’un météore dans le ciel romantique. De son nom de famille Friedrich Leopold baron de Hardenberg, il était né dans le comté de Mansfeld en Thuringe en 1772, second enfant d’une famille qui devait en compter onze. À
elle seule, avec les parents et les enfants, celle-ci devait former la communauté où grandit le futur poète, dans une atmosphère de piété, car son père et sa mère adhéraient l’un et l’autre à une secte rattachée aux frères de Herrnhut. La doctrine des communautés fraternelles, héritée pour une part des Frères moraves, simplifiait le culte au profit d’un rapport plus personnel du chrétien avec le salut et le Sauveur, la vie terrestre se déroulant dans une communauté constante de travail et de prière, où l’on cherchait à retrouver l’esprit des chrétientés primitives.
Instruit par un précepteur, le jeune Friedrich commença tôt à composer des chants religieux et des contes. Sa
« conversion », moment inhérent à la pratique des communautés piétistes, se produisit dès sa neuvième année, à la suite d’une maladie d’où il sortit transformé, non pas pour renoncer au siècle, mais pour consacrer tous ses actes, sans leur ôter leur valeur proprement terrestre, au salut des âmes.
En 1790, Novalis alla étudier le droit à Iéna, où enseignait Schiller, qui fut son maître en poésie idéaliste. Mais Friedrich Schlegel allait vite prendre la première place dans ses amitiés et la philosophie de Fichte lui apporter comme une seconde révélation. L’idéalisme absolu de Fichte confirmait le jeune Hardenberg dans sa conviction de la primauté du spirituel, mais lui découvrait aussi la connaissance scien-
tifique. Novalis prit la décision de se consacrer à la science et de commencer de nouvelles études. Plus tard, il devint ingénieur des mines, mais, dès sa jeunesse, il conçut ce qui devait être le grand projet de sa vie : une méthode de connaissance totale, étendue à tous les domaines du savoir, mettant en oeuvre toutes les formes de la vie intellectuelle et spirituelle. Cet esprit d’encyclopédie et cet universalisme, caractéristiques de la pensée romantique d’Iéna, n’excluaient pas l’action, puisque la philosophie idéaliste paraissait à Novalis le vrai moyen de réduire la contradiction entre le devenir vivant et la raison ; il voyait même, à la limite, le hasard banni d’un monde non pas rationalisé, mais poétisé.