tibles d’appel devant la cour de Visby, puis devant celle de Lübeck.
Secondé par le curé, qui tient la correspondance, l’Oldermann gère la caisse que les marchands emportent avec eux à leur départ ; il alimente cette caisse du produit des amendes, de la location des bâtiments d’habitation et d’exploitation, et surtout d’une taxe sur les exportations versée à l’origine au prince de Novgorod. Ayant affaibli le Steven en s’octroyant en 1346 le droit de désigner alternativement le curé, puis l’Ancien de la cour, bientôt remplacé par deux Anciens de l’église, Lübeck et Visby doivent céder le contrôle du comptoir aux villes livoniennes de Dorpat et de Reval, qui en confient finalement la gestion au Hofknecht, nommé par eux pour plusieurs années et qui subsiste jusqu’à la fermeture du Peterhof par Ivan III en 1494.
P. T.
F Hanse / Lübeck / Normands / Russie / Suède.
Novgorod, ville d’art
On a retrouvé à quelques kilomètres de la ville actuelle les traces d’un bourg primitif, le gorodichtche. Au Xe s., de nouvelles fortifications de bois sont construites sur la rive gauche du Volkhov. C’est à l’intérieur de cette enceinte, le detinets, plus tard appelé kremlin, qu’est élevée la première église de Novgorod, édifice de bois coiffé de treize
« sommets », mais celle-ci est détruite par un incendie, et le prince Vladimir Iarosla-vitch fait construire en 1045 la cathédrale Sainte-Sophie. Celle-ci est bâtie en pierre et en brique sur un plan identique à celui de Sainte-Sophie de Kiev* : un noyau central à cinq nefs et douze piliers, entouré d’une galerie fermée et flanqué d’une tour-escalier. Cependant, toutes les voûtes étant au même niveau, elle a l’allure d’un cube — surmonté de cinq coupoles —, au lieu d’une silhouette pyramidale. Cette forme s’imposera par la suite dans la plupart des églises russes.
Au début du XIIe° s., on construit des collégiales à trois nefs et six piliers, déco-rées sobrement de frises en brique ; celle de la cathédrale Saint-Georges du monastère Iouriev et celle du monastère Saint-Antoine, avec leur tour-escalier en hors d’oeuvre et leurs trois coupoles posées asymétriquement, sont spécifiques de l’architecture de Novgorod. À partir du milieu du
XIIe s., la ville s’étant libérée de l’hégémonie de Kiev et le gouvernement de la cité étant passé aux mains de l’assemblée de ses habitants, le vetche, la construction des églises est ordonnée non plus seulement par le prince ou par l’évêque, mais aussi par les habitants d’une rue, par des particuliers ou par des gildes de marchands.
Ces édifices sont plus modestes ; ils n’ont que quatre piliers et une seule coupole : ainsi l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul-auMont-des-Mésanges, l’église de l’Annonciation à Arkaï et celle du Sauveur sur la Nereditsa ; les deux dernières ont été déco-rées de fresques.
À la fin du XIIe s., dans l’église de la Nativité-de-la-Vierge, on voit apparaître une forme nouvelle : les voûtes ne sont plus à la même hauteur, celles des côtés n’étant plus en berceau, mais en demi-berceau, ce qui donne au sommet des façades une forme trilobée. Au XIIIe s., Novgorod subit le contrecoup de l’invasion mongole, et l’on cesse de bâtir. Ce n’est qu’en 1291 que la construction reprend, dans le même style qu’à la fin du XIIe s., avec l’église Saint-Nicolas à Lipna. La décoration extérieure se dé-
veloppe : les façades sont ornées de frises de brique en zigzags ou en dents de scie, de rosaces et de croix votives. Les églises Saint-Basile, Saint-Pierre-et-Saint-Paul à Kojevniki et Saint-Théodore-le-Stratilate sont très représentatives de cette période.
On voit également apparaître des toits à double pente recouvrant les voûtes, alors qu’auparavant la couverture reposait directement sur les extrados. Il en est ainsi à l’église du Sauveur de la rue Saint-Élie (décorée à l’intérieur de fresques par Théophane le Grec).
Au XVe s., Novgorod entre en lutte contre l’hégémonie de Moscou. Pour rappeler le passé glorieux de la cité, l’évêque enrichit le kremlin de nombreux bâtiments et fait reconstruire l’église Saint-Jean-sur-les-Marnes dans le style de Sainte-Sophie et des collégiales. À la suite de la soumission de la ville par Ivan III, Novgorod cesse d’avoir un style architectural particulier.
Des marchands de Moscou font construire des églises dans le style moscovite. Enfin, après le sac de la ville par les Suédois au XVIIe s., celle-ci ne joue plus de rôle dans la vie du pays. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, d’importants travaux de restauration sont en cours.
Dans le domaine de la peinture d’icônes,
une école originale naît à Novgorod au XIIe s. ; son apogée se situe à la fin du XIVe s.
et au XVe s. Les icônes de Novgorod, dont on peut prendre pour exemples celle de Saint-Georges et celle de Saint-Élie, ou encore celle qui représente la lutte des habitants de Novgorod contre ceux de Souzdal (Moscou, galerie Tretiakov), se caractérisent par la simplicité des sujets, le statisme et surtout les couleurs vives et pures.
S. T.
V. Lazarev, l’Art de Novgorod (en russe, Moscou, 1947) ; les Icônes de Novgorod (en russe et en anglais, Moscou, 1969).
Novossibirsk
V. de l’U.R. S. S., en Sibérie ;
1 161 000 hab.
C’est la huitième ville soviétique par sa population, accrue de près d’un tiers de 1959 à 1970 (aujourd’hui presque le triple de la population de 1940, près de trente fois celle de 1913 [une quarantaine de milliers d’habitants]).
Le développement de cette ville-
champignon est dû à trois facteurs : la position géographique, la croissance industrielle et le rôle de capitale régionale.
Une première agglomération d’izbas est fondée en 1893 sur le fleuve Ob, large ici de plus de 1 km, sous le nom de Novonikolaïevsk. Pendant près de vingt ans, elle est presque exclusivement une ville de pont que franchit le Transsibérien, un marché où s’échangent les produits agricoles de la steppe au sud et de la taïga au nord, une gare importante avec dépôt de locomotives et ateliers de réparation, le point de rassemblement des colons-paysans de la région. La ville se dégage très lentement de ce rôle et de sa physionomie primitive. Le premier édifice en brique n’est construit qu’en 1910. C’est jusqu’au début des premiers plans un grand village de bois, aux pistes tantôt poussiéreuses, tantôt boueuses, oasis dans la forêt, se peuplant lentement de migrants, sans rôle industriel.
La ville profite du développement
du bassin du Kouznetsk, situé au sud-est, et des activités entraînées par la mise en oeuvre du combinat Oural-Kouzbass. Elle se situe au débouché et en aval de la production lourde du bassin, et, en tant que carrefour ferroviaire, elle reçoit la majeure partie de la production de fonte et d’acier. C’est cette situation d’aval dans la chaîne des fabrications qui a favorisé la ville. Aux premières usines, transformant les ma-tières premières locales (scieries, tanneries, minoteries, laiteries), s’ajoutent les premières grandes entreprises de constructions mécaniques, employant la matière livrée par le Kouzbass.