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« méthodes antiléninistes » de Slánský restent condamnés. Tout en écartant les staliniens slovaques, Novotný déclare, le 12 juin 1963, à Košice, en Slovaquie-Orientale, que « la critique du nationalisme bourgeois [...] était et reste toujours valable ». La chute de Khrouchtchev en 1964 semble affaiblir sa position personnelle. La réélection de Novotný à la présidence de la République en novembre 1964 paraît remise en question. Mais Moscou ne souhaite pas modifier le statu quo, et Novotný se maintient au pouvoir.

Dans la vie quotidienne, la libéralisation apparaît timidement à partir de 1962. Le nouveau président du Conseil, Jozef Lenárt, un jeune Slovaque, semble plus ouvert aux idées nouvelles, tout en rassurant par sa prudence les conservateurs. Les intellectuels veulent profiter de la marge de liberté qui leur est laissée. Malgré un rappel à l’ordre brutal en 1964, ils représentent une puissance croissante après 1966. Surtout, la crise économique menaçante au début des années 60 oblige l’équipe dirigeante à des mesures radicales. Une réforme économique, conçue par Ota Šik et par ses collaborateurs, entre en application le 1er janvier 1967. Au XIIIe Congrès de 1966, Novotný donne son appui officiel aux réformes, tout en montrant sa volonté de maintenir la libéralisation dans d’étroits domaines réservés. Mais la renaissance des sciences sociales en Tchécoslovaquie favorise aussi de grandes enquêtes sociologiques sur l’évolution de la société socialiste, comme l’étude de Radovan Richta sur la Civilisation au carrefour. En juin 1967, le congrès des écrivains montre la volonté de changement des intellectuels, qui se présentent en porte-parole du mécontentement populaire.

La chute

C’est en décembre 1967 que s’engage devant le Comité central la lutte pour

le pouvoir. Le 8 décembre, L. Brejnev fait une visite éclair à Prague. S’il souhaite le maintien du statu quo, il ne prend pas nettement position en faveur de Novotný. D’ailleurs, le dogmatique J. Hendrych se présente en successeur possible du premier secrétaire. Le 19 décembre, Novotný, en difficulté, doit faire une autocritique partielle.

Il met à profit les fêtes de Noël pour préparer un coup d’État militaire, qui échoue faute de soutien. Le 5 janvier 1968, il doit abandonner à A. Dubček*

son poste de premier secrétaire. Mais il reste président de la République et semble décidé à continuer la lutte. Le 27 février, la fuite du général J. Šejna, l’un de ses hommes de confiance, le discrédite, et, le 22 mars, Novotný dé-

missionne de la présidence. Le 29 mai, il perd toutes ses fonctions de membre downloadModeText.vue.download 363 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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du Comité central et est exclu du parti.

Il se retire dans une villa à Smichov et reste désormais à l’écart de la vie politique.

L’intervention russe d’août 1968

n’entraîne pas sa réhabilitation, bien au contraire. Aux yeux des dogmatiques, c’est lui qui, par sa politique, a rendu possible l’accès au pouvoir des hommes du printemps de Prague, des partisans du « socialisme à visage humain ». Au XIVe Congrès, le 25 mai 1971, G. Husák déclare : « La direction du parti, avec à sa tête Antonín Novotný, a inexactement apprécié le niveau d’évolution atteint par notre société et a idéalisé son unité éthico-politique. » Il lui reproche de n’avoir pas su tirer les leçons de la « contrerévolution hongroise de 1956 ». Le plénum du Comité central de janvier 1968, qui avait écarté Novotný du pouvoir, n’est pas critiqué. « Les conclusions du plénum de janvier et ses résolutions ont été accueillies avec faveur par l’énorme majorité du parti et de notre peuple. » Le printemps de Prague n’est condamné que pour son évolution après mai 1968. Ainsi, quelles que soient leurs tendances, les Tchécoslovaques s’accordent sur la condamna-

tion du novotnysme.

B. M.

F Tchécoslovaquie.

noyade

La noyade, ou submersion, est une cause fréquente de mort.

Celle-ci peut, suivant les cas, être rapportée à une anoxie* suraiguë, avec inondation des voies respiratoires par le liquide où est plongé le sujet vivant, ou à l’hydrocution, qui est une inhibition brusque, cardio-respiratoire, due au contact de l’eau froide sur la peau et les muqueuses. La noyade est une cause assez fréquente de mort accidentelle de l’enfant, du sujet perdant conscience, de baigneurs imprudents. Un quart des suicides se fait par submersion.

Submersion avec

inondation des voies

respiratoires

Dans ce cas, le plus fréquent, après un arrêt respiratoire de quelques dizaines de secondes (quelques minutes chez un sujet entraîné), le noyé effectue de violentes inspirations dues à l’anoxie (manque d’oxygène) et à l’hypercap-nie (excès de gaz carbonique) bulbaire.

Le liquide pénètre dans les voies respiratoires supérieures en déterminant un brassage hydro-aérique avec formation de spume et asphyxie. Du fait des troubles de l’hématose pulmonaire, il apparaît une stase de sang veineux dans les cavités droites du coeur et dans le système veineux. L’anoxie et les troubles cardiaques provoquent la mort immédiate. En cas de sauvetage rapide, ils expliquent la fréquence des complications observées. L’eau faisant irruption dans les alvéoles pulmonaires altère ceux-ci, dilue le sang des veines pulmonaires arrivant au coeur gauche, ce qui permet théoriquement le diagnostic de la submersion (hémodilution, hémolyse, hypocoagulabilité en eau douce). Enfin, des mouvements de déglutition s’associent aux mouvements respiratoires, et de l’eau pénètre dans l’estomac.

Si le sauvetage est immédiat, le sujet

peut être réanimé par la pratique de la respiration* artificielle, mais le risque de complication pulmonaire (oedème pulmonaire, abcès du poumon et até-

lectasie [gonflement des cellules des alvéoles]) est considérable en raison du traumatisme alvéolaire provoqué par l’inhalation d’eau. Après quelques minutes, les possibilités de survie sont très faibles. Les constatations anatomiques immédiates (autopsie) sont les suivantes : le noyé est bleu ; on observe une écume dans les voies respiratoires supérieures, apparaissant en quelques heures à la bouche ; les poumons sont lourds, gonflés d’oedème (empreintes costales), avec aspect d’emphysème hydro-aérique, reflux de l’air vers les zones périphériques, sang fluide ; l’estomac contient de l’eau, les viscères ont un aspect lavé, le foie est congestif.

Submersion après

traumatisme

La perte de conscience dans l’eau est due à un traumatisme crânien ou cervical. Dans ce cas, la mort précède l’immersion, et il n’y a pas d’inondation des voies respiratoires.

Hydrocution

Ce terme s’applique à la mort très rapide du nageur qui coule à pic, pratiquement sans aucun symptôme

préalable.

Les signes qui précèdent l’hydrocution sont en général peu importants : maux de tête, crampes, angoisse ; ils manquent le plus souvent.

Le cas le plus fréquent correspond à un refroidissement brutal que l’on a appelé choc thermique, dépendant de la différence de température entre la peau et la température de l’eau. Sous l’effet de la chaleur, la peau est en état de vaso-dilatation, particulièrement marquée au cours d’une insolation ou d’un effort physique.

L’arrivée dans une eau froide provoque chez certains individus une vaso-constriction extrêmement rapide, un déplacement de masse sanguine

de la périphérie vers les organes centraux. Il s’agit donc d’une syncope par

surcharge. Dans certains cas, on peut parler de causes associées, qui peuvent jouer pour faciliter l’apparition de cet accident : un choc traumatique au cours d’un plongeon ou d’une chute, certains processus allergiques, en particulier l’« allergie au froid », l’arrivée brutale de l’eau dans les voies respiratoires supérieures, enfin une émotion, une terreur panique sont certainement cause d’accidents en eau peu profonde, en particulier chez l’enfant.