Выбрать главу

nucléaire, le plutonium, entreront en activité, ce qui transforme les données économiques d’ensemble. Quelles que soient les filières utilisées, on parvient à des puissances sans cesse plus éle-vées, ce qui réduit le prix de revient unitaire.

Au stade actuel, on estime que les prix de revient sont devenus compétitifs. Avec les réacteurs classiques, on downloadModeText.vue.download 376 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

7819

est déjà au-dessous du prix de revient de l’énergie thermique fournie par les centrales au gaz, au fuel ou au charbon. Les centrales surrégénératrices abaissent encore le prix de revient. Une imprécision demeure cependant dans ces évaluations : il est difficile de faire entrer en ligne de compte les coûts indirects liés à l’extension des pollutions.

Cela est aussi vrai pour la production d’énergie par les moyens traditionnels que pour la production d’origine nucléaire, mais il importe de faire des progrès rapides si on veut choisir les politiques les plus intéressantes pour la collectivité.

La géographie de

l’énergie nucléaire

Elle s’explique beaucoup plus par le poids des considérations techniques et stratégiques que par le problème des ressources ou des besoins immédiats.

Jusqu’à présent, la production d’uranium s’est faite dans des conditions relativement faciles. Les minerais sont généralement liés aux socles. Les ré-

serves sont abondantes aux États-Unis, au Canada, en Afrique du Sud. Les gisements français ne sont pas négligeables, et ceux de l’Afrique centrale (Gabon, Niger) sont importants. Les réserves de la Suède et de l’Espagne sont également notables, mais il s’agit de gisements où le prix de revient du métal est élevé. La recherche a été

très active depuis vingt ans, car elle a été stimulée à la fois par les politiques d’armement nucléaire et par la croissance accélérée de la production d’électricité. Pour quelques années au moins, le marché s’est trouvé saturé, ce qui a conduit à ralentir le rythme d’exploitation des nouveaux gisements. On estime que la capacité de production, pour le monde occidental, a été voisine de 50 000 t en 1975.

La géographie de la concentration de l’uranium naturel est toute différente : il n’y a guère dans le monde occidental qu’aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en France que l’on dispose d’installations importantes, qu’en U. R. S. S. pour les pays de l’Est. La liste doit même être réduite, dans la mesure où les installations françaises de Pierrelatte sont destinées à la production de plutonium à des fins militaires. Cela implique que les installations de production dépendent encore presque exclusivement dans le monde de la livraison d’uranium enrichi par les États-Unis. C’est dans cette optique qu’il faut se placer pour comprendre le choix de la politique française : la filière à uranium naturel semblait plus sûre que les autres, mais depuis 1969, on a vu se transformer les attitudes, et les nouvelles centrales françaises utilisent de l’uranium enrichi, ce qui explique la récente décision de construire en France une importante usine d’enrichissement « civil » de l’uranium.

Les niveaux de production et d’équipement dépendent évidemment beau-

coup des évaluations faites au cours des deux décennies précédentes en matière d’appréciation des coûts, et des variations de la demande globale. Les chiffres de production de l’U. R. S. S.

et des démocraties populaires ne sont connus qu’avec un certain retard, et ils indiquent une production modeste jusqu’à ces dernières années. Dans le monde occidental, il y a à l’heure actuelle deux grands producteurs, les États-Unis, puis la Grande-Bretagne.

En dehors de cela, on compte comme producteurs moyens la France, l’Allemagne fédérale, le Canada et l’Italie (plus le Japon).

Durant les dix années qui viennent,

la poussée de la production devrait être particulièrement rapide aux États-Unis, où l’on s’inquiète de la dépendance croissante vis-à-vis de l’étranger en matière de sources d’énergie classique, en Allemagne fédérale et au Japon, qui étaient jusqu’ici peu équipés, et aussi, en France. Le taux de croissance serait moins élevé pour la Grande-Bretagne.

La production d’énergie nucléaire est née dans les pays où de grosses dépenses avaient été effectuées en matière d’armements atomiques. Les investissements au départ sont si éle-vés que les industries privées les plus puissantes ne pouvaient se lancer dans ce domaine sans être aidées par la recherche publique. En France, l’essentiel de l’effort a été confié au Commissariat à l’énergie atomique, avant que l’Électricité de France ne reprenne la direction du secteur. À l’étranger, la part faite aux groupes privés a souvent été plus importante, aux États-Unis en particulier : à l’heure actuelle, la plupart des installations que l’on crée dans le monde sont livrées par les groupes américains, directement ou par l’intermédiaire de sociétés dans lesquelles ils possèdent des participations importantes.

Les grands traits de la géographie de la production d’énergie nucléaire sont donc commandés par les niveaux de développement et les politiques énergétiques globales des nations. À

l’intérieur de chaque nation, la localisation des installations obéit à des impératifs quelque peu contradictoires.

L’usine est indépendante de celle des sources de métal, étant donné le très faible poids d’uranium consommé. Les contraintes sont liées à la nécessité de downloadModeText.vue.download 377 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

7820

disposer d’eau de refroidissement, au souci aussi de ne pas implanter les centrales dans des zones trop peuplées, les risques de pollution n’étant sans doute pas négligeables. En Grande-Bretagne, par exemple, cela a conduit à installer les centrales sur les secteurs les moins peuplés du littoral. En France, on a

choisi pour des raisons analogues le site de Brennilis dans les monts d’Ar-rée, en Bretagne. De manière plus gé-

nérale, les implantations ont été dictées souvent par les lacunes dans la carte de répartition des unités traditionnelles de production : c’est ce qui a conduit au choix des sites de la vallée de la Loire, Avoine-Chinon ou Saint-Laurent-des-Eaux. En Europe occidentale, les essais de collaboration internationale ont parfois favorisé le choix de sites frontaliers (Chooz à la frontière franco-belge).

Le choix des sites se révèle difficile, et cela a conduit à ralentir, dans le cas des États-Unis, le programme des équipements. On se demande si le choix des sites littoraux, à la manière de la Grande-Bretagne, n’est pas lourd de menaces pour l’environnement marin.

Dans un monde où on a le souci de protéger les zones de nature intacte, il est de plus en plus difficile de choisir les solitudes, alors qu’en région peuplée les réactions des habitants sont parfois vives.

P. C.

F Électricité / Énergie / Filière / Réacteur nu-cléaire.

J. Andriot, Économie et perspectives de l’énergie atomique (Dunod, 1964). [Voir aussi électricité, énergie.]

nucléiques

(acides)

Protéines complexes (hétéroprotéines) caractéristiques du noyau cellulaire.

Les acides nucléiques constituent le support ainsi que les effecteurs du message héréditaire transmis de cellule à cellule et de parents à enfant. Ils comprennent l’acide désoxyribonucléique, ou A. D. N., et les différentes variétés d’acide ribonucléique, A. R. N.

Historique

F. Mischer isola le premier en 1869

la « nucléine » dans les noyaux cellulaires. En 1924, Feulgen et Rossenbeck décrivirent une réaction très sensible des acides nucléiques. Ceux-ci ne furent cependant identifiés en A. D. N.

et A. R. N. que trois ans plus tard par P. A. Levene et Mori. Ils furent longtemps considérés comme de simples

« tampons » du noyau. Dès 1928,