Les monnaies en France
La Gaule
Dès les IIIe-IIe s. avant notre ère, la circulation monétaire en Gaule, assez abondante, est surtout régionale : chaque peuple frappe des monnaies plus ou moins imitées des monnaies grecques, principalement des statères de Philippe II de Macédoine. L’imitation est volontairement déformée, dans un style rude et puissant, d’une interprétation souvent fantastique et débridée. Le cheval occupe une large place dans ces représentations. Certains symboles apparaissent : croix, roues, rectangles qui font penser à un sens mythique, voire religieux, en relation avec le druidisme.
Il semble que le monnayage d’or
ait été utilisé surtout au moment de la conquête romaine. Les statères sont en or natif, métal récupéré dans les cours d’eau sous forme de paillettes ou provenant de mines ; le monnayage d’argent ou de bronze n’est pas d’une mé-
trologie rigoureuse, et des différences apparaissent selon les régions.
Le premier souci de César, après la conquête de la Gaule, fut de remplacer tout le monnayage local par le numé-
raire romain et d’anéantir les coutumes antérieures. Un certain nombre d’ateliers furent ouverts, notamment à Lyon, Vienne, Nîmes, Amiens, Cologne...
Époques mérovingienne et
carolingienne
Les Mérovingiens pratiquent un monnayage en or imité de Byzance. De 500
à 550, ce sont des imitations fidèles avec le monogramme du roi. À partir de 600 apparaissent les monnaies frap-
pées par des monétaires locaux : ce sont des triens, avec souvent la croix ancrée et des légendes hermétiques, parfois intraduisibles. Les effigies sont d’un style rudimentaire.
Pépin le Bref supprime le mon-
nayage d’or et lui substitue le denier d’argent : petite monnaie légère, de 1,70 à 1,80 g, ne portant que des inscriptions ou un monogramme. Les portraits impériaux sont très rares ; sur le revers se trouve assez fréquemment un temple avec la devise Christiana religio, censé représenter la basilique romaine de Saint-Pierre, où Charlemagne fut couronné.
Après la scission de l’Empire carolingien, le droit monétaire est concédé à diverses églises ; la féodalité naissante prétend au droit d’émettre son propre numéraire. Pour rétablir l’ordre, l’édit de Pîtres, en 854, réduit à neuf le nombre des ateliers. Il prescrit quels doivent être les types, avec le nom royal en légende circulaire et la formule Gratia Dei rex. Mais l’activité des ateliers royaux est concurrencée par la pénétration massive des sous d’or byzantins nécessaires aux transactions commerciales ; la décadence rapide de l’autorité royale ne peut s’opposer à l’éclosion et au développement des ateliers monétaires féodaux, dont le nombre dépasse la centaine au Xe s.
Des Capétiens à Louis XIII
Hugues Capet émet d’abord des monnaies dans ses fiefs, Bourges, Com-piègne, Dreux, Étampes, Mantes..., puis, à partir de 987, frappe le denier
« parisis » avec en légende HVGOFRAREX et PARISCIV (Hugo, Francorum
rex et Parisius civis). De nombreuses monnaies féodales continuent à circuler sur les marchés. Philippe Auguste, puis Saint Louis renforcent l’autorité royale ; en 1266 réapparaît la monnaie d’or : c’est l’écu d’or de Saint Louis, émis pour dix sous « tournois » (de la ville de Tours, centre d’émission jusqu’au XIIIe s.).
Le monnayage d’or se développe
rapidement sous les Valois. Les sujets sont inspirés directement de la sigillo-graphie* : le roi est assis — sous un
dais, sous une tente, entre deux lis —, debout, chevauchant. Parfois, les sujets sont religieux : l’agneau pascal, un ange, saint Georges.
Alors que les monnaies en or
conservent toujours un titre extrêmement élevé, la monnaie d’argent subit des altérations excessives, engendrant la monnaie de « billon » (alliage). Si Philippe le Bel a été traité de faux-monnayeur, cette appellation contes-downloadModeText.vue.download 383 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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table ne peut se référer qu’aux monnaies divisionnaires, de petite valeur, ou aux monnaies « noires », de « bas alois », c’est-à-dire en alliage d’un titre médiocre. À partir de Charles VI, la monnaie d’or la plus diffusée est l’écu, pesant près de 4 g, plus lourd que le florin, le sequin et plus tard le ducat des autres pays européens, d’un poids officiel de 3,50 g.
Sous Louis XII apparaissent les
premiers portraits dus à l’influence de la Renaissance italienne ; ce sont, pour l’argent, des testons, nombreux sous François Ier. Les guerres de Religion, le climat économique incertain empêchent en France toute évolution technique dans la frappe des monnaies, tandis qu’en Allemagne, en Angleterre ou en Italie se développe un mode de frappe plus avancé, facilitant les échanges commerciaux.
De Louis XIII à nos jours
C’est seulement à partir de la der-nière partie du règne de Louis XIII, vers 1640, que se développe, sous l’influence de Jean Varin (1604-1672) et avec l’appui de Richelieu, la technique de la frappe au balancier, dite
« frappe au moulin », invention des orfèvres de Nuremberg dont l’application avait toujours été rejetée par les monétaires français. Se substituant à la frappe au marteau, cette technique permet d’émettre des monnaies beaucoup plus lourdes. Ce sont pour l’or les louis, doubles et quadruples, puis les écus d’argent, tout un nouveau sys-
tème monétaire qui durera jusqu’à la Révolution.
La Convention nationale définit une nouvelle unité monétaire, le franc*
(nom d’une monnaie d’or du XIVe s.), qui, avec ses divisions, se substitue à l’ancienne hiérarchie livre-sou-denier (la livre n’ayant jamais été qu’une unité de compte, non une monnaie).
Les premières pièces frappées sont celles de 5 F en argent, qui ont pour type Hercule entre la Liberté et l’Égalité. La loi du 17 germinal an XI (7 avr.
1803) ordonne la fabrication des monnaies d’or de 20 F au titre de 9/10 et à la « taille » de 155 pièces au kilogramme d’or fin.
Ce système sera en usage tout au
long du XIXe s. Le rapport de l’or à l’argent est d’environ 1 à 15,5 ; circulent des pièces de 40 et 20 F en or, de 5, 2, 1, 0,5 F en argent, puis sont frappées des monnaies de bronze de 10, 5, 2 et 1 centime.
Les dernières monnaies d’or fran-
çaises, ordonnées par la loi du 25 juin 1928, sont des pièces de 100 F ; frappées en 1935 et 1936, elles ne furent jamais mises en circulation. L’utilisation de la monnaie de papier et des autres moyens de paiement diminue progressivement l’usage de la pièce métallique, réservée de plus en plus aux coupures mineures.
E. B.
F Franc / Médaille / Monnaie / Sigillographie.
E. Babelon, Traité des monnaies grecques et romaines (Leroux, 1901-1933 ; 10 vol.). /
A. Blanchet et A. Dieudonné, Manuel de numismatique française (Picard, 1912-1936 ; 4 vol.).
/ J. Babelon, le Portrait de l’Antiquité d’après les monnaies (Payot, 1950) ; les Monnaies racontent l’histoire (Fayard, 1963). / P. Grier-son, Coins and Medals ; a Select Bibliography (Londres, 1954). / J. Mazard, Histoire moné-
taire et numismatique contemporaine, t. I : 1790-1848 (F. Bourgey, 1965). / J. F. Cartier et G. Schön, Encyclopédie des monnaies du XXe s.
(Office du livre, Fribourg, 1972).
Nummulites
Foraminifères marins benthiques à
test calcaire finement perforé, de taille grande ou très grande. La forme est lenticulaire, plus ou moins épaisse.
Les Nummulites caractérisent
presque exclusivement le Tertiaire inférieur.
Structure de la coquille
La coquille des Nummulites résulte de l’enroulement spiral, autour d’un axe et dans un plan constant, d’une lame pliée en forme d’ogive. Cette lame forme la paroi de la coquille et délimite entre ses tours successifs un espace vide, le canal spiral. La paroi de la coquille, encore appelée muraille, comprend une couche externe et une couche interne. L’externe est calcaire, poreuse et épaisse, parcourue de fins canaux qui s’anastomosent de façon très irrégulière. La couche interne, calcaire également, est non perforée.