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La couche externe est la lame spirale, la couche interne l’endosquelette. Au sommet de l’ogive, c’est-à-dire sur le bord de la lentille à laquelle ressemble la coquille de Nummulite, la lame spirale s’épaissit fortement pour donner le cordon dorsal ou corde marginale.

À intervalles réguliers, mais va-

riables suivant les espèces, l’endosquelette se replie à partir du plafond du canal spiral et vient se souder au plancher de ce même canal en donnant une cloison. Le canal spiral est donc divisé en loges successives. L’inclinaison des cloisons et leur nombre varient suivant les espèces.

À la base de chaque cloison, dans le plan de symétrie de la coquille, se trouve une petite ouverture ronde qui permet la communication entre les différentes loges. De part et d’autre du plan de symétrie, la cloison perd sa forme régulière et prend un trajet sinueux, extrêmement variable suivant les espèces. La trace de ce trajet des cloisons sur la lame spirale forme les filets cloisonnaires. Ceux-ci correspondent en somme à la trace de la soudure et de l’enracinement des cloisons dans la lame spirale. Ces filets peuvent être droits, radiés, ondulés, méandri-formes ou même réticulés, correspondant alors à des anastomoses entre les cloisons successives sur les flancs de

la coquille.

Enfin, on observe chez certaines

Nummulites des formations calcaires, massives, non perforées, dirigées normalement à la surface externe de la coquille, les piliers. Ces piliers sont plus ou moins longs, plus ou moins épais, ils traversent un nombre variable de tours de la coquille et enfin leur répartition dans la coquille varie suivant les espèces. Les piliers se marquent, à la surface de la coquille, par des granulations de la lame spirale.

Classification

Les Nummulites appartiennent à une importante famille de Foraminifères à laquelle elles ont donné leur nom, les Nummulitidés. Les Nummulitidés, connus du Sénonien à l’époque actuelle, se divisent en trois sous-familles : Nummulitinés, Sidérolitinés, Hétérostégininés. Seule la première sous-famille, les Nummulitinés, sera étudiée ici.

Les Nummulitinés comprennent

cinq genres, dont trois seulement sont importants : Nummulites s. str., Operculina et Assilina. Le genre Nummulites s. str. est involute avec des tours nombreux (de 30 à 40), une taille ex-trêmement variable, pouvant aller de 1 mm à 12 cm. Le genre est connu du début de l’Éocène à l’Oligocène. Chez le genre Operculina, involute puis évolute, les tours sont peu nombreux (de 3

à 5) et les loges sont moins nombreuses par tour que chez Nummulites. Les Operculines existent depuis le Crétacé supérieur et sont connues actuellement en mer Rouge, dans l’océan Indien et dans le Pacifique. Enfin le genre Assilina, involute, à tours et loges nombreux, de taille assez variable (de 5 à 50 mm), est d’âge éocène.

Rôle stratigraphique

Les Nummulites représentent un

groupe de Foraminifères particulièrement important au point de vue de la stratigraphie du Tertiaire. Elles sont tellement abondantes à cette époque que l’ensemble du Tertiaire inférieur, ou Paléogène, est encore connu sous le nom de Nummulitique.

Nummulites et Assilina sont parmi les meilleurs fossiles permettant l’établissement de synchronismes à grande distance pendant le Paléogène, et cela tout particulièrement dans la province mésogéenne où se trouve leur centre de dispersion. Leur abondance et la rapidité de leur évolution font de ces Foraminifères un outil précieux pour les stratigraphes du Tertiaire inférieur.

J. S.

F Foraminifères.

A. Blondeau, les Nummulites (Vuibert, 1973).

nuptialité et

divortialité

Phénomènes démographiques en rap-

port avec le mariage et le divorce.

L’étude statistique des mariages

repose tout d’abord sur la distinction entre mariages de célibataires (premiers mariages) et remariages (mariages de veufs et de divorcés). L’analyse quantitative du phénomène est éclairée par certaines considérations d’ordre démographique général.

Les incompatibilités

d’effectifs

Le strict appariement entre hommes et femmes, aux âges habituels où se contractent les unions, n’est pas toujours possible, en raison du déséquilibre qui apparaît le plus souvent entre effectifs d’hommes et de femmes : si, à la naissance, il y a toujours excédent de garçons (105 garçons pour 100 filles), la surmortalité masculine réduit progressivement cet excédent, qui peut —

si la mortalité est élevée — se changer, au début de la vie adulte, en excédent de filles.

Cependant, il faut noter que, même compte tenu du décalage habituel

entre l’âge au moment du mariage des hommes et des femmes (les premiers choisissant leur partenaire dans les générations plus jeunes et donc, dans le cas des populations croissantes, plus nombreuses que celles auxquelles ils downloadModeText.vue.download 384 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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appartiennent), assez souvent un ex-cédent d’hommes apparaît en fait, qui se traduit par une proportion finale de personnes célibataires plus élevée chez le sexe masculin (qui est majoritaire) que chez le sexe féminin (qui est minoritaire).

Ce schéma peut être modifié dans des populations où il y a émigration ; celle-ci étant surtout le fait des hommes, ces derniers deviennent minoritaires et se marient en plus forte proportion que les femmes, qui sont excédentaires ; en Italie, en Espagne, au Portugal, pays d’émigration, à des proportions finales de célibataires hommes de 10

à 12 p. 100 correspondent des proportions finales chez les femmes de 15 à 18 p. 100. À l’inverse, dans les pays où l’immigration est intense, apparaît un surcroît d’hommes, défavorable à la nuptialité de ces derniers et favorable à la nuptialité féminine. Des accidents dans la pyramide des âges (pertes dues à la guerre, existence de classes creuses) peuvent encore perturber le phénomène.

Très souvent, le choix du conjoint s’exerce à l’intérieur d’un groupe plus ou moins restreint (isolat), défini par l’appartenance sociale, religieuse, géographique ; des dimensions de ces groupes dépendent les possibilités de mariage, qui peuvent, dans certains cas, être très restreintes, d’où une faible nuptialité et parfois l’existence d’une proportion importante de mariages consanguins. À cet égard, la mobilité accrue de la population dans les sociétés modernes évoluées, comme l’abaissement des barrières sociales et culturelles, en élargissant les dimensions des groupes au sein desquels se concluent les unions (éclatement des isolats), est probablement une des causes de la hausse récente de la nuptialité dans certains pays. Enfin, l’existence de remariages consécutifs à des désunions par veuvage ou divorce complique encore l’analyse.

En régime monogamique (implicite-

ment considéré jusqu’ici), la nuptialité

est un phénomène qui ne saurait donner lieu, à long terme, à d’importantes variations ; dans une génération, en l’absence de mortalité, c’est toujours une proportion de célibataires comprise entre 70 et 95 p. 100 (et exceptionnellement proche de 100 p. 100) qui finit par se marier. Toutefois, d’assez grandes variations peuvent se produire dans la distribution des âges où ces mariages se concluent ; dans les pays occidentaux, à côté d’une tendance générale à une précocité accrue des mariages, on observe des variations accidentelles causées par des crises majeures (guerres, crises* économiques) : aux ajournements de mariages en période de crise font suite d’importantes récu-pérations après retour à des conditions de vie normales. En bref, la nuptialité, beaucoup plus stable sur le long terme que tout autre phénomène, est, par contre, plus sensible aux accidents conjoncturels.