tiques de la cellule, les protéines sont immédiatement utilisées à couvrir ces besoins d’où les manifestations du type général de malnutrition protéo-énergé-
tique qui résultent de leur carence.
Les carences en vitamines, bien que très réduites, n’ont pas encore disparu.
La carence en vitamine D, qui en fait est une carence d’exposition aux radiations solaires, se traduit par le rachitisme, qui affecte surtout les milieux urbains des zones tempérées et subtro-
picales non instruites du point de vue nutritionnel. La carence en vitamine A, traduite par des lésions oculaires et cutanées et des troubles visuels, affecte encore le Sud asiatique et le Moyen Orient. Les carences en miné-
raux concernent l’iode (constituant des hormones thyroïdiennes, dont le défaut se traduit par le goitre, endémique dans certaines zones), le fer et le cuivre.
Les excès et les pollutions
À l’opposé des carences d’apport, les excès d’apport, fréquents dans les populations à haut niveau de vie, se traduisent par des maladies métaboliques telles que le diabète et l’obésité, liées à un excès énergétique, l’athérosclé-
rose, liée à un déséquilibre lipidique, la goutte, liée à un excès d’apport nucléique.
Outre les troubles liés à la sous-nutrition et à la malnutrition, on doit citer les risques de contamination résultant de la pollution biologique, chimique et physique des aliments.
La pollution biologique des aliments est à l’origine de contaminations et infections redoutables. C’est en effet une voie aisée de pénétration dans l’organisme des parasites et agents pathogènes, Microbes et Virus, et des produits toxiques qu’ils élaborent. Ainsi, l’eau et les légumes sont susceptibles d’introduire les Salmonelles, agents soit de gastro-entérites banales, soit des fièvres typhoïdes (bacille d’Eberth) et paratyphoïdes, le parasite Ascaris et probablement le Virus de l’hépatite endémique, de plus en plus répandu.
Les viandes contaminées peuvent
transmettre les Vers parasites tels que le Ténia, et, plus banalement, les produits laitiers certains Staphylocoques à multiplication rapide. Les conserves avariées et la charcuterie comportent le risque de transmission du bacille du botulisme, dont la toxine est parfois mortelle. Outre ces risques d’infection aiguë, il existe des risques d’infection chronique, notamment par certaines moisissures telles que Aspergillus flavus, qui se développe sur l’Arachide et les céréales, et Penicillium islandicum, sur le Riz. La toxine aflatoxine est responsable de la cancérisation du foie,
démontrée chez l’animal et suspectée chez l’Homme.
Comme exemples de contamination
chimique, citons la pollution par l’arsenic, le fluor, les pesticides utilisés à trop forte dose, et plus récemment la pollution du Poisson par des déchets industriels toxiques tels que le mercure et le plomb, suite à la concentration d’éléments toxiques au cours des chaînes trophiques.
Les pollutions physiques les plus spectaculaires sont les contaminations des aliments par des éléments radioactifs issus des explosions nucléaires réalisées dans l’atmosphère, transportés par les courants aériens et retombant à la surface des terres cultivées et des océans. Les composants des chaînes trophiques, végétaux (herbe) - animaux domestiques, plancton marin - Poissons, Mollusques, sont successivement contaminés et parfois concentrent les éléments en cause comme le stron-tium 90, l’iode ou divers métaux
lourds. À titre d’exemple, la proportion de Sr 90 dans le lait européen a doublé depuis 20 ans. Étant donné l’incorporation du Sr 90 dans les os en formation, le danger à long terme n’est pas négligeable.
Nutrition des Hommes
La terre porte 3,8 milliards d’êtres humains (1973) et produit presque, de façon globale, les ressources nécessaires à leur nutrition. Cependant, à la surface du globe, 1 Homme sur 2 a faim, et 2 sur 3 sont mal nourris. La sous-nutrition, particulièrement critique dans la phase de développement de l’organisme, affecte 500 millions d’enfants. Inversement, 1 Homme sur 20 est surnourri et en subit les consé-
quences pathologiques. Comment re-médier à cette situation ?
Les problèmes nutritionnels sont
inséparables des problèmes démographiques. Paradoxalement, l’explosion démographique mondiale affecte préci-sément les populations ne disposant pas des productions nécessaires. Outre une meilleure distribution des ressources alimentaires, sur laquelle pèse le poids des profits commerciaux, la solution
exige un développement rapide, dans les pays en expansion démographique, des productions agricoles de qualité ainsi que la préservation des récoltes (actuellement, 20 p. 100 de pertes entre production et consommation).
Alors que les besoins énergétiques peuvent être satisfaits à un coût relativement bas (céréales), les besoins protéiques, particulièrement en protéines animales de haute qualité biologique, sont coûteux à satisfaire. L’amélioration des rendements agricoles, l’extension des variétés génétiques végétales hautement améliorées (Blé court, Maïs
« opaque 2 »), l’extension de la pêche et des productions animales ont déjà considérablement amélioré la nutrition des populations carencées. En ce qui concerne l’enfant, la disposition d’aliments spécialement combinés et supplémentés (tels que l’Incaparina en Amérique centrale et la Superamine en Algérie) a fait ses preuves.
Une autre voie pour la satisfaction des besoins protéiques consiste en l’utilisation (directe par l’Homme, ou secondaire via la chaîne des productions animales) des protéines nouvelles synthétisées par des Algues ou des micro-organismes unicellulaires, Levures et Bactéries, à multiplication rapide.
Dans ces productions, le carbone est downloadModeText.vue.download 389 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
7832
fourni par les hydrocarbures du pétrole ou divers composés glucidiques d’effluents industriels, et l’azote (source de l’azote aminé) est apporté sous forme minérale NH4. Outre l’incidence éventuelle des dérivés nucléotidiques associés à ces protéines, le coût de leur production massive, qui devrait être locale, rend celle-ci impossible pour les pays en développement.
En conclusion, outre l’amélioration en cours des rendements agricoles et des productions nouvelles, un contrôle démographique voulu et efficace et une équitable coopération internationale sont indispensables pour permettre la satisfaction convenable des besoins
nutritionnels des Hommes. Alors disparaîtront définitivement les spectres du kwashiorkor et du marasme.
M. P.
F Aliment / Alimentation / Assimilation / Carence / Faim / Métabolisme.
R. L. Pike et M. L. Brown, Nutrition : An Integred Approach (New York, 1967). / A. L.
von Muralt (sous la dir. de), Protein-Calorie Malnutrition (Berlin, 1969). / C. Kayser (sous la dir. de), Physiologie, t. I : Introduction historique. Fonctions de nutrition (Flammarion, 1970). / S. Davidson, R. Passmore et J. F. Brock, Human Nutrition and Dietetics (New York, 1972). / J. Trémolières, Nutrition. Physiologie, comportement alimentaire (Dunod, 1973).
On peut également consulter les publications de la FAO et de l’O. M. S. sur la nutrition et l’alimentation ainsi que la bibliographie de l’article métabolisme.
Nyerere
(Julius)
Homme d’État tanganyikais (Butiama 1922).
Instituteur dans une école catholique de Tabora en 1945, boursier à l’université d’Édimbourg et docteur en histoire (1949-1952), Julius Kambarage Nyerere devient, après son retour au pays, président de la Tanganyika African Association (T. A. A.), fondée en 1929 dans un but surtout culturel. Il la politise et s’oppose au gouverneur britannique du territoire sous mandat, Edward Twining. Ce dernier espère développer au Tanganyika une société pluriraciale, au sein de laquelle Européens, Asiatiques et Africains, animés d’un même patriotisme, collabore-raient. Mais à sa formule « égalité pour tous les civilisés », Nyerere oppose