« égalité pour tous les hommes », ce qui revient à limiter le pouvoir des minorités.
En 1954, il fonde son propre parti, le Tanganyika African National Union (TANU), qu’il organise sur le modèle des partis politiques occidentaux. Il va plaider la cause de l’indépendance devant la commission des mandats de l’O. N. U., puis accepte de participer
aux élections paritaires de 1958. Le Conseil législatif se compose alors de 31 fonctionnaires nommés par le gouverneur et de 30 élus, à raison de 10
pour chaque communauté, mais par
un collège unique où chaque électeur désigne ses candidats. Le TANU a plus de voix qu’il n’a d’électeurs parmi ses membres. Nyerere devient chef du groupe, multiracial, des 30 opposants, et négocie avec le successeur de Twining, Richard Turnbull, une réforme de la constitution qui, après les élections de 1960, le fait Premier ministre d’un cabinet de 13 membres, dont 10 choisis dans le Conseil législatif et 3 nommés.
Le 9 décembre 1961, l’Angleterre reconnaît l’indépendance du Tanganyika au sein du Commonwealth. Nyerere, cependant, combattu à gauche par les partisans d’une africanisation rapide, démissionne pour réorganiser son
parti, fait campagne en faveur d’un régime présidentiel républicain, l’emporte aux élections de 1962 et devient président de la République, proclamée le 9 décembre.
Neutraliste, il fait appel aux troupes britanniques contre les mutineries de Dar es-Salaam, consécutives aux troubles de Zanzibar en 1964, puis négocie avec le chef de la République populaire proclamée à Zanzibar en janvier 1964, Abeid Amani Karume, la formation de l’État fédéral de Tanzanie*, qui survit à l’assassinat de Karume en 1972. Très écouté à l’Organisation de l’unité africaine (O. U. A.), il y plaide pour une action contre la Rhodésie, après sa déclaration unilaté-
rale d’indépendance (1964), et accepte des crédits chinois pour le Tanzam, voie ferrée qui unira la Tanzanie à la Zambie, libérant celle-ci de sa dépendance des chemins de fer rhodésiens.
La déclaration d’Arusha proclame en 1967 un socialisme africain, l’Ujamaa, fondé sur les traditions communautaires des collectivités villageoises.
Cela conduit à la nationalisation des terres et des grandes entreprises étrangères (banques, assurances, plantations) et au développement de coopératives rurales. Panafricaniste, neutraliste et socialiste, Nyerere est l’un des chefs les plus influents de l’Afrique noire décolonisée.
H. B.
F Tanganyika.
R. Segal, African Profiles (Harmondsworth, 1962). / J. Listowel, The Making of Tanganyika (Londres, 1965).
obésité
État caractérisé par la présence d’une quantité de tissus adipeux supérieure à la moyenne.
Introduction
Chez les sujets normaux, ces tissus représentent de 15 à 20 p. 100 du poids corporel ; une proportion de 30 p. 100
indique une obésité franche. Dans cet état, il y a disproportion entre le poids du sujet et sa taille. L’obésité repré-
sente pour le physiologiste une rupture de l’équilibre entre recettes et dépenses au profit des premières et dont la consé-
quence est une mise en réserve d’énergie sous forme de graisses. Longtemps bien tolérée, elle aboutit à des accidents graves susceptibles de compromettre la vie. Pour cela, elle doit être considérée comme une véritable maladie.
La fréquence est accrue par les conditions de prospérité (un cinquième de la population des États-Unis est obèse, selon les spécialistes). C’est surtout entre trente et soixante ans qu’elle est la plus commune. Le sexe joue un rôle incontestable. « La femme est à l’état physiologique une petite obèse » (Tré-
molières). L’âge ne fait qu’accentuer la différence entre les deux sexes. Certaines populations (Turcs, Égyptiens) fournissent un contingent important d’obèses. Il faut tenir compte dans ce cas des conditions de climat et de vie (sédentarité). Pour délimiter l’obésité, il faut faire appel aux notions de poids standard et de poids idéal. Le poids standard est celui qui est donné par les statistiques établies sur de très larges groupes de sujets considérés comme normaux. Le poids idéal est fourni par certaines formules fondées sur la taille, le sexe, l’ossature et la musculature.
Étude morphologique
À l’état normal, le pannicule adipeux est plus épais chez la femme que chez l’homme. La graisse est particulière-
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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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ment abondante, chez la femme, dans la région fessière, dans la région sacrée et aux cuisses, dans la région sous-ombilicale et la région sus-pubienne, où elle forme le mont de Vénus, au thorax dans la région mammaire, aux membres supérieurs dans la région ré-
trodeltoïdienne (épaule). Dans les deux sexes, les dépôts graisseux sont nuls aux poignets et aux chevilles. Chez l’homme, la graisse tend à s’accumuler dans la partie supérieure du tronc. On distingue plusieurs types d’obésité.
y L’obésité gynoïde se rencontre surtout chez la femme. L’adiposité porte surtout sur la partie inférieure du corps. L’abdomen est distendu, étalé en tablier. Les fesses et les cuisses sont rembourrées de bourrelets, creusées de sillons.
y L’obésité androïde est plus fré-
quente chez l’homme. L’adiposité est prépondérante dans le segment supé-
rieur du corps : partie haute de l’abdomen, thorax, épaules et nuque.
y L’obésité sthénique ou pléthorique est plus commune chez l’homme.
Elle s’associe à une ossature forte, des muscles puissants et développés, des téguments fermes et chauds. Le visage est souvent congestionné. Les sujets sont actifs. Ce sont de gros mangeurs.
y L’obésité asthénique touche essentiellement la femme. Elle est souvent considérable. Les téguments sont
flasques, pâles et froids, la musculature peu développée, la tension arté-
rielle un peu diminuée, le nombre de globules rouges abaissé. On parle d’« anémie graisseuse ». Elle atteint des sujets sédentaires, à l’appétit mé-
diocre, mais consommant surtout des sucreries, des féculents, du beurre, ignorant souvent la viande.
Aspect biologique
Le plus souvent, le taux des lipides
dans le sang est normal, ainsi que ceux du cholestérol et des phospholipides.
La teneur en protides est souvent élevée, mais la dépense azotée quotidienne est normale, ce qui suggère que les graisses de réserve participent normalement à la dépense énergétique.
La glycémie à jeun est le plus souvent normale ou légèrement augmentée.
L’épreuve d’hyperglycémie provoquée par absorption de glucose (v. diabète) est très souvent troublée. Le métabolisme* de base, en apparence normal, est, ramené au poids idéal, nettement augmenté.
Retentissement
de l’obésité
L’obésité, à la longue, finit par reten-tir sur tous les organes et, de ce fait, est cause de morbidité et de mortalité importantes. Les troubles apparaissent surtout après la quarantaine.
Appareil cardio-vasculaire
Le coeur est l’organe qui souffre le plus de l’obésité. Sa souffrance se traduit par une dyspnée d’effort (essouffle-ment) et une tachycardie (coeur rapide). L’électrocardiogramme est souvent perturbé. Il existe fréquemment une hypertension*, une athérosclérose (v. artère). L’obésité favorise incontestablement l’angine de poitrine (v. coronaires [artères]) et l’infarctus* du myocarde, l’artérite cérébrale, qui conduit au ramollissement cérébral et à l’hé-
morragie cérébro-méningée (v. cerveau). Finalement, le coeur surchargé devient défaillant : c’est l’insuffisance cardiaque et ses conséquences. Physiologiquement lié au coeur, le poumon souffre et on observe également des troubles de la ventilation pulmonaire.