Obrenović. L’heure des Karadjordjević a de nouveau sonné.
P. P.
F Karadjordjević / Serbie.
B. S. Cunibert, Essai historique sur les révolutions et l’indépendance de la Serbie depuis 1804 jusqu’à nos jours (Frank, 1855 ; 2 vol.). /
C. Mijatović, A Royal Tragedy (Londres, 1906).
/ M. Gavrilović, le Prince Miloš Obrenović (en serbo-croate, Belgrade, 1908-1912 ; 3 vol.). /
S. Jovanović, le Règne d’Alexandre Obrenović (en serbo-croate, Belgrade, 1929-1931 ; 2 vol.).
observatoire
F ASTRONOMIE.
obsession
Au sens psychiatrique, irruption dans la pensée d’une idée, d’un sentiment, d’une tendance apparaissant au sujet comme un phénomène morbide en dé-
saccord avec son moi conscient, émanant pourtant de son propre psychisme et persistant malgré tous ses efforts pour s’en débarrasser.
Introduction
L’obsession est une idée parasite que désavoue en vain la raison. Elle as-siège (lat. obsidere, assiéger) le sujet en compromettant ses relations avec le milieu extérieur. Le sujet la critique et la trouve absurde, mais il ne peut la repousser.
Il est des formes bénignes ou normales d’obsessions favorisées par la fatigue ou une situation particulièrement préoccupante. Il faut d’autre part bien distinguer l’obsession vraie (névrotique) de l’idée délirante obsé-
dante. Ainsi le jaloux délirant peut être obsédé par ses idées de jalousie, mais il ne les critique pas ; il les trouve justifiées et réelles. On connaît enfin des
« idées fixes » qui s’imposent à l’esprit de certains individus de manière plus ou moins permanente. Elles n’ont pas alors le caractère parasite absurde ou incongru que prennent toujours les obsessions vraies.
L’obsession, phénomène patholo-
gique non délirant, s’observe essentiellement dans la névrose* obsessionnelle. Cependant, il existe des syndromes obsessionnels au cours de certains états dépressifs, dans certaines
formes de schizophrénies ou au cours de troubles organiques cérébraux.
Chez l’enfant ou l’adolescent, on peut observer des symptômes obsessionnels passagers qui ne sont pas synonymes de névrose.
La névrose
obsessionnelle
Elle peut comporter trois grandes formes d’obsessions qui ont en commun une caractéristique fondamen-
tale : elles surgissent dans la pensée du malade n’importe quand, n’importe où, indépendamment de toute circonstance extérieure.
Les obsessions idéatives
Elles prennent souvent la forme interrogative du doute : doutes métaphysiques, religieux, moraux, « folie du doute », disait-on autrefois, rumina-tions mentales interminables et incoer-cibles sur le passé, oscillations intellectuelles incessantes entre affirmation et négation, vrai et faux, pur et impur, etc.
Les questions et les réponses se succèdent sans jamais qu’une réponse ne satisfasse la question précédente.
L’arithmomanie (obsession des
chiffres et calculs stériles), l’onoma-tomanie (obsession par un mot plus ou moins réprouvé par la morale) sont très fréquentes. Citons les vaines activités de remémoration, de dénombrement et d’introspection.
Les obsessions phobiques
Ce sont des craintes liées comme les phobies à certains objets (couteaux, épingles, allumettes, clous), mais, à l’inverse des véritables phobies, elles assiègent le malade en dehors de la présence de ces objets. En fait, les obsessions phobiques les plus caracté-
ristiques ont trait à ce qui ne se voit pas ou mal : très petits objets, poussière, microbes, avec les grandes notions de
« saleté », de « contagion ». D’où les rites de nettoyage, de lavage, de vérification, les précautions innombrables.
Les obsessions-impulsions
Appelées parfois « phobies d’impulsion », elles ne sont autres que la
crainte obsédante d’être poussé à commettre un acte ridicule, nuisible, scandaleux ou obscène, voire dangereux. Ces phénomènes ne sont pas liés à la situation présente. Ils s’imposent à l’esprit avec ou sans circonstances favorisantes. Les tendances, les impulsions obsédantes s’accompagnent d’une lutte anxieuse intense. Le patient résiste toujours, au prix d’efforts considérables et épuisants. Le passage à l’acte est exceptionnel.
Quel que soit le type de l’obsession, le fonctionnement psychique, et notamment intellectuel, du malade est envahi par un mode de pensée pathologique : c’est la pensée compulsionnelle faite de rites, de superstitions, de conjura-tions du mauvais sort, de « manies » de l’esprit. Il s’y ajoute souvent des rationalisations excessives, froides, vidées de sens, un souci extrême du détail, de la précision, de la perfection. L’obsédé
« coupe les cheveux en quatre », dit-on en langage commun. Les scrupules sont souvent injustifiés, ridicules. La complexité de cette pensée se traduit dans la plupart des actes de la vie quotidienne. Le monde intérieur de l’obsédé apparaît comme une géométrie compliquée, avec une logique pointilleuse. Il est imprégné de notions figées de mort, de maladie, de souffrance, d’impératifs moraux rigides. Il y règne une sorte de tyrannie à double sens, appelée sado-masochisme par la psychanalyse. L’ob-sédé souffre de son état et finit par faire souffrir son entourage.
Ces obsessions, ces rites, ces compulsions se greffent généralement sur deux grands types de personnalités.
Le premier est la personnalité ou le terrain psychasthénique décrit par P. Janet avec abaissement de la « tension psychique » au profit d’activités mentales de bas niveau : sentiment d’incomplétude, doute, indécision, aboulie, inhibition dès qu’il s’agit d’actions à accomplir ou de responsabilités à prendre, fatigabilité rapide, lenteur globale et défaut de rendement dans un temps déterminé. « La fonction du réel », avec concentration intellectuelle optimale adaptée aux exigences du présent, s’en trouve diminuée.
Le second, bien décrit par le psychanalyste, est appelé caractère anal (par référence pathogénique à l’un des stades infantiles du développement psychosexuel). Il désigne des sujets méticuleux, précis à l’extrême, obstinés, autoritaires, à l’esprit lourd et mé-
thodique de manière caricaturale. Ils sont collectionneurs, parcimonieux ou avares, rigides, pédants, ennemis des changements ; ils manquent de chaleur spontanée et sont à l’abri d’une sorte de carapace caractérielle.
L’évolution de la névrose obsessionnelle est très variable.
Dans ses formes les plus sévères, elle se révèle plus résistante aux traitements que les autres névroses. Son cours naturel se déroule sur un mode chronique, mais avec des rémissions.
De nombreux névrosés sont en fait à la limite de la vraie névrose obsessionnelle sans y verser tout à fait. Ce sont les formes frustes ou bénignes qui sont les meilleurs cas pour le traitement. Bien des névrosés obsessionnels finissent par s’épuiser, par développer des états dépressifs plus ou moins graves, ou réduire considérablement leurs activités. Leur épanouissement socio-affectif et même intellectuel s’en trouve entravé, en désaccord avec des potentialités souvent riches, mais inutilisables.
Le passage de l’obsession au délire est possible, mais rare. En règle géné-
rale, l’obsédé demeure conscient de l’absurdité de ses obsessions, de ses peurs et de ses rites, mais il ne peut les maîtriser sans l’aide d’une thérapeutique : avant tout, les chimiothérapies diverses, exceptionnellement la psy-chochirurgie, de plus en plus abandonnée et réservée aux formes gravissimes où toute vie normale est impossible, les psychothérapies de toutes sortes, surtout psychanalytiques.
On ne sait encore pas grand-chose des causes de la névrose obsessionnelle. Il existe des facteurs héréditaires ou génétiques importants, davantage encore que dans toute autre forme de névrose. Mais ils ne sont pas suffisants pour expliquer à la fois la structure de la personnalité et les symptômes. Des