Elle n’en satisfait pas pour autant le nationalisme populaire, car à ces Anglais l’auteur tolère des maîtresses irlandaises. Quant à la deuxième, si elle livre sans doute le message d’O’Casey dans sa forme la plus originale avec le coq qui tient tête aux deux défenseurs de l’ordre irlandais établi et figé, elle met, à côté de l’agent de police, le prêtre. Le prêtre une fois encore complice de l’État ainsi que le démontre The Bishop’s Bonfire (1955). Et pour-
tant, ce protestant ne vise pas les prêtres catholiques spécialement. Il lutte en général contre tout ce qui étouffe le naturel, l’allégresse d’être ; par exemple la pruderie, maltraitée dans Figuro in the Night, une courte pièce datée de 1962. Sans distinction de religion ou de culture, il s’insurge contre tous ceux qui entravent l’homme et empêchent son total épanouissement, ce qui justifie Behind the Green Curtains (1961), où il critique l’intelligentsia, coupable de se laisser opprimer par lâcheté. Du malentendu au différend et à la rupture, le pas se franchit naturellement avec une ultime pièce, véritable pot-pourri où voisinent communisme, religion, liberté, liberté sexuelle en particulier, et qui expérimente diverses techniques théâtrales.
The Drums of Father Ned (1958), pièce refusée au festival international de théâtre de Dublin en 1958, marque le point définitif de non-retour. Et pourtant, malgré souvent des faiblesses et des maladresses de structure, les pièces d’O’Casey révèlent l’originalité des valeurs irlandaises traditionnelles : humour, chaleur humaine et, encore, beauté de la langue. Elles y ajoutent des valeurs plus personnelles : un don merveilleux pour caractériser des personnages, les personnages féminins surtout, sur lesquels plane l’ombre de la mère d’O’Casey. À travers l’hommage vibrant qu’O’Casey rend aux
femmes irlandaises, à leur vitalité, à leur courage face à des hommes souvent conséquents, aux Minnie Powell héroïques, aux Juno Boyle lutteuses, aux aimantes Nors Clitheroe ou aux Loreleen ardentes, on perçoit enfin un peu de cet amour profond qu’O’Casey ne cesse de porter à son pays natal.
D. S.-F.
D. Krause, Sean O’Casey, the Man and his Work (Londres, 1960). / G. Fallon, Sean O’Ca-downloadModeText.vue.download 394 sur 625
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sey, the Man I knew (Londres, 1965). / S. Cowas-jee, O’Casey (Londres, 1966).
Occam
(Guillaume d’)
F GUILLAUME D’OCCAM.
occlusion
intestinale
Arrêt complet d’une fonction physiologique permanente : la propagation par l’intestin de ce qui occupe sa lumière.
Introduction
Le contenu intestinal provient des aliments, mais aussi des sécrétions digestives et de l’air dégluti. La suspension de cette fonction ne peut être prolongée très longtemps, c’est pourquoi l’occlusion est dite aiguë. Il existe des affections chroniques où la progression du contenu intestinal est simplement ralentie ; on parle alors de subocclusion.
Bien des occlusions intestinales aiguës ne surviennent qu’après une phase de subocclusion.
Il existe plusieurs syndromes anatomiques, physiologiques, cliniques en fonction surtout du siège et du mécanisme de l’arrêt.
L’arrêt du transit intestinal peut être dû à la présence d’un obstacle organique qui efface la lumière intestinale ou à la perte du péristaltisme intestinal.
Le premier mécanisme caractérise les occlusions « mécaniques », le second les occlusions « fonctionnelles », encore appelées iléus paralytiques.
Occlusions fonctionnelles
ou paralytiques
Dans les iléus paralytiques, l’intestin est adynamique (sans mouvements) sur toute son étendue ou sur un segment seulement de sa longueur.
y L’iléus paralytique généralisé est secondaire à certaines modifications du milieu intestinal (hypokaliémie
[baisse du potassium sanguin], uré-
mie, etc.), à une affection encéphalique ou médullaire, ou, le plus souvent, il est réflexe (consécutif) à une affection abdominale rétropéritonéale (colique néphrétique), ou intrapéritonéale (péritonite, hémorragie intrapé-
ritonéale). Dans ce cas, tout l’intestin (grêle et gros) est également dilaté et
contient surtout des gaz, car les sé-
crétions digestives sont inhibées en même temps que le péristaltisme.
y L’iléus paralytique segmentaire localisé se produit au niveau des anses intestinales agglutinées autour d’un foyer inflammatoire (appendiculaire, vésiculaire, salpingien, etc.). Mais le reste de l’intestin, et en particulier l’intestin d’amont, continue d’exercer son péristaltisme. Aussi, la zone d’intestin paralysé se comporte-t-elle comme un obstacle mécanique vis-à-
vis de l’intestin susjacent. On parle alors d’occlusion mixte.
Occlusions mécaniques
Parmi les occlusions mécaniques,
on oppose celles qui relèvent d’un mécanisme d’obstruction et celles qui relèvent d’un mécanisme de
strangulation.
Obstructions
Dans les obstructions, l’occlusion est pure, il n’y a que l’obstacle intestinal.
Cet obstacle peut être un corps étranger occupant la lumière :
— calcul vésiculaire ayant migré à travers une fistule entre voies biliaires et intestin (iléus biliaire) ;
— amas de méconium non digéré chez un nouveau-né atteint de mucoviscidose (iléus méconial) ;
— amas de fécalomes (matières fécales desséchées) chez un vieillard très constipé.
Ce peut être une lésion développée dans la paroi : tumeur intestinale (cancer) ou tuméfaction inflammatoire (tuberculose, amibiase, maladie de Crohn, sigmoïdite...).
Ce peut être enfin une lésion extrinsèque comprimant l’intestin : bride pé-
ritonéale, collet d’un orifice herniaire, etc. Ces lésions sont linéaires et exercent une pression importante sur une zone très étroite de la paroi intestinale.
Au niveau de cette zone de striction, la pression exercée est telle que la paroi intestinale tend à se nécroser assez
rapidement.
Strangulations
Dans les strangulations, l’obstacle, qui est extrinsèque, ne se contente pas de comprimer le tube intestinal, il étrangle également le méso de l’intestin (le repli de péritoine qui nourrit l’organe) avec ses vaisseaux, surtout les veines, qui sont plus aisément compressibles.
Trois mécanismes peuvent aboutir à une strangulation :
— le volvulus, torsion d’une anse intestinale autour de son méso ;
— l’étranglement herniaire
(v. hernie) ;
— l’invagination, c’est-à-dire la péné-
tration d’un segment d’intestin avec son méso dans l’intestin adjacent (comme un doigt de gant retourné).
Symptômes et évolution
des occlusions
On conçoit qu’obstruction et strangulation aient une physiologie et un aspect clinique différents. Le niveau de l’obstacle le long du tube intestinal introduit encore une différenciation supplémentaire.
y Dans les occlusions par obstruction de l’intestin grêle, l’intestin susjacent intensifie son péristaltisme pour essayer de franchir l’obstacle. Le contenu intestinal normal, le chyme mousseux, s’accumule en amont de
l’obstacle. Il en résulte sa décantation en deux phases, gazeuse et liquide, avec pullulation microbienne, et la distension de l’intestin. De plus, il n’y a plus aucune absorption dans cet intestin distendu, sus-jacent. L’intestin reste plat mais vide en aval.
C’est par la mise en évidence clinique et radiologique de ces quelques downloadModeText.vue.download 395 sur 625
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faits anatomo-physiologiques que
le médecin peut porter le diagnostic.
C’est aussi par le développement de
ces phénomènes que l’évolution spontanée d’une telle occlusion se ferait vers la mort.