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/ P. A. Moiseev, The Living Resources of the World Ocean (en russe, Moscou, 1969 ; trad.

angl., Jérusalem, 1971). / F. A. O., Atlas des ressources biologiques des mers (Rome, 1972).

On peut également consulter l’Annuaire statistique des pêches mondiales (publié à Rome, tous les ans).

Un vieux rêve :

exploiter l’océan

L’océan est une menace pour l’homme puisqu’il dégrade les rivages (v. littoral) et les engins maritimes, fixes ou mobiles.

Mais il fut très tôt utilisé à des fins commerciales ou alimentaires (chasse et pêche).

Pour l’heure, l’homme n’en tire qu’une bien médiocre part de sa subsistance. Aussi assiste-t-on depuis plusieurs années à une très active prospection de ces ressources et à des débuts d’exploitation, prometteurs en certains cas. Un tel effort, rendu possible par le progrès technologique, s’impose comme une nécessité impérieuse découlant de l’accroissement constant des besoins. Les recherches se sont orientées en trois directions : si les projets sont multiples, parfois grandioses, les réalisations sont le plus souvent peu nombreuses ou modestes, sauf cas d’espèce comme pour les hydrocarbures. Il est vraisemblable que ces exploitations vont s’accroître dans les années à venir. Au point de vue technologique, les problèmes les plus graves ou les plus complexes paraissent résolus ou sur le point de l’être. Mais il n’en est pas de même pour les problèmes économiques et humains, dont la gravité ne cesse de grandir.

LA RENTABILITÉ

L’exploitation des ressources vivantes est encore très loin de couvrir les besoins, d’autant qu’elle reste un prodigieux gaspillage.

Mais, en dépit de ces tares originelles, la pêche devra s’intensifier et surtout se doubler d’une aquaculture scientifique. Pour les gisements de pétrole en mer, on estime qu’en 1978 leur part représentera environ le tiers de la production mondiale (à lui seul, en 1976, le golfe Persique produira downloadModeText.vue.download 408 sur 625

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plus de 40 p. 100 du pétrole sous-marin).

Les premières exploitations de minerais sont apparues. Pour ces trois aspects de l’exploitation des océans, il faut donc s’attendre à un développement très rapide.

Mais il n’en reste pas moins que, au-delà d’une certaine distance et au-dessous d’une certaine profondeur, toute exploitation cesse à cause de son caractère aléatoire (c’est le cas du chalutage pratiqué sur le sommet de la pente continentale)

ou de son prix exorbitant (c’est le cas des gisements de minerais ou d’hydrocarbures situés en eau profonde). En l’état actuel de la technique et de l’économie, on ne peut envisager l’exploitation de ces biens, sauf en cas de disette, d’épuisement des gisements terrestres ou de découverte d’un gisement sous-marin géant. Les recherches qui avaient pour but la récupération de l’énergie des mers sont au point mort, et le projet (ancien) de barrer toute la baie du Mont-Saint-Michel a été provisoirement abandonné en raison de son coût.

LA JURIDICTION

Dans ses eaux territoriales, l’État riverain exerce sa souveraineté sur les eaux comme sur les fonds (v. littoral) sur une distance plus ou moins grande. En application de la convention de Genève, l’État eut tout naturellement tendance à étendre son droit de regard jusqu’aux fonds exploitables, même au-delà de la limite conventionnelle de la plate-forme continentale. Des incertitudes, des rivalités, voire des conflits qui en résultèrent n’ont pu être résolus par de difficiles négociations ayant parfois abouti au tracé de véritables frontières en application du système des « lignes médianes »

(v. Nord [mer du]). Nombreux sont les États qui ont procédé à de véritables annexions de la haute mer (fonds et eaux). La pêche des flottilles européennes devant le Bré-

sil, l’Islande ou Terre-Neuve a entraîné de très graves difficultés diplomatiques.

Ces extensions, abusives ou non, laissent encore 85 p. 100 de l’océan mondial audelà des limites de toutes les prérogatives nationales. Il faut espérer que les instances internationales se préoccuperont de contenir l’expansionnisme océanique de certains États vers le large afin d’aboutir à un statut juridique des grands fonds acceptable par tous.

LA RÉGLEMENTATION

Dès à présent, l’exploitation des océans exige l’adoption immédiate de mesures afin d’éviter trois maux.

y Le gaspillage et la surexploitation. Par

suite des méfaits de la surpêche (over-fishing), diverses régions benthiques et pélagiques ont été mises en défens, totalement ou partiellement, pour le chalutage (système des cantonnements) ou certains types de chasse et de pêche destructrices (création vers 1930 de la commission baleinière internationale ; v. Antarctique).

y La pollution*. Considéré comme la

« poubelle de la planète » (rejets ou retombées des déchets pétroliers, chimiques ou nucléaires), l’océan est dès à présent sous la menace d’une réduction ou d’un arrêt de la fonction chlorophyllienne. C’est non seulement la vie océanique mais également humaine qui est en péril. Plusieurs réglementations ont été adoptées, une convention internationale contre la pollution des mers a été rédigée qui fait obligation aux pays signataires (ils sont 61 en 1973) de contrôler toutes les décharges de produits nocifs. Mais son application se révèle très délicate.

y L’exploitation abusive. Les expériences nucléaires (dans le Pacifique surtout) et les dépôts de matériel périmé (explosifs par exemple) échappent à tout contrôle et à toute enquête sur leur nocivité éventuelle.

J.-R. V.

Les grands types de reliefs

sous-marins

LES CUVETTES OCÉANIQUES

y Les dorsales océaniques

Montagnes circumterrestres (env.

80 000 km de la mer des Laptev aux côtes canadiennes du Pacifique) aux reliefs accidentés, parfois escarpés et dont la partie axiale est agitée de séismes.

Position : tiers médian des océans, sauf Pacifique.

Origine : remontée des matériaux profonds en provenance du manteau (voir texte).

Deux familles de reliefs :

1. Les reliefs longitudinaux (fig. A) : y l’étage des crêtes : versants dissymé-

triques (a) dus parfois à des failles ; partie sommitale entaillée par une vallée mé-

diane (b) comme dans l’Atlantique Nord ; vallée absente (c) dans le Pacifique ; y l’étage des flancs (ou contreforts) avec : des plateaux étages (a) ; des chaînons discontinus (b) ; des bassins remblayés à fond plat (c).

2. Les reliefs transversaux (fig. B) : Disposés le long des zones de fracture. Partagent la dorsale en tronçons distincts.

Ils comprennent :

y des escarpements rectilignes et élevés (a) [exemple, Pacifique oriental] ; y des dépressions à fond plat (b) ; y des fosses pouvant dépasser 6 000 m (c)

[exemple, la fosse de la Romanche dans l’Atlantique équatorial] ;

y des reliefs volcaniques en forme de cônes isolés (parfois sommet tronqué par surface d’abrasion : « mont sous-marin » et

« guyots ») ou de montagnes rectilignes.

y Les seuils océaniques

Surélévations du fond dépourvues de séismes.

Deux familles de reliefs.

1. Les seuils massifs (fig. C).

Ils présentent :

y des sommets tabulaires (a) formés par d’épais revêtements pélagiques et basaltiques ;

y des escarpements raides et rectilignes (b), découpés par des failles.

Exemples : océan Atlantique (seuils de Walvis, du Rio Grande) ; océan Indien (seuils des Kerguelen, de Nonantest).

Soubassement : de nature continentale (sauf pour le seuil Nonantest).

Origine : esquilles continentales déta-chées lors de l’écartèlement des blocs continentaux.

2. Les seuils insulaires (fig. D).

Ils comprennent :

y des glacis sédimentaires (parcourus de ravins) [a] ;