chimique et naturel dont le domaine est l’eau et le fond des océans*.
L’océanologie regroupe les connaissances, les études et les techniques relatives à l’océan et à son utilisation (exploitation de l’eau, du sol et du sous-sol, circulation, problèmes de la juridiction maritime et des loisirs).
Introduction
Les premières recherches océanographiques eurent lieu en Méditerranée, puis dans les mers bordières de l’Europe du Nord-Ouest. À ses débuts, l’océanographie fut essentiellement une hydrographie*, préoccupée de
décrire les contours (rivages, fonds côtiers navigables) et les mouvements de surface des océans. C’est à l’occasion des grands voyages du XVIIIe s. et surtout des croisières de la fin du siècle dernier qu’elle devint une véritable science hydrologique, biologique et géologique. À ces recherches ont largement participé les Anglo-Saxons, les Allemands et les Scandinaves.
Plus récemment, celles-ci ont tendu à se répartir de façon équitable entre un nombre de pays toujours plus grand : l’Union soviétique et le Japon ont apporté une contribution essentielle à l’étude de la circulation et de la biologie des mers froides et du Pacifique.
Depuis la Seconde Guerre mondiale, la France a redonné une vive impulsion aux recherches de tous ordres, tant dans les mers proches (Atlantique Nord et Méditerranée) que dans les mers lointaines (Pacifique austral et océan Indien du Sud-Ouest). Dans de nombreux pays, l’océanographie béné-
ficie d’un engouement croissant et d’un bouleversement total de ses méthodes et de ses moyens. Il reste cependant une tâche considérable à accomplir dans les mers tropicales et australes, ce qui explique l’actif développement de l’océanographie en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Afrique du Sud et en Amérique du Sud.
Quelques grands
organismes
océanologiques
Dans les domaines de la recherche fondamentale et appliquée, une active concurrence s’est établie entre quelques pays, qui tendent à regrouper moyens et ressources au profit de quelques organismes bien dotés. Ceux-ci servent de bases aux moyens nautiques, de centres d’essais pour les nouveaux appareils, de laboratoires pour le dépouillement, l’analyse et le stockage des données, et parfois dispen-
sent un enseignement spécialisé.
Allemagne fédérale
Une commission nationale coordonne les travaux de 12 instituts : 5 fédéraux (comme le Deutsches Hydrographisches Institut et le Seewetteramt de Hambourg), 5 universitaires (dont l’Institut für Mee-reskunde de Kiel) et 2 privés. Des sociétés se préoccupent de l’exploitation minière, notamment des nodules polymétalliques (Pacifique, mer Rouge). Navires : Meteor II (2 500 t), Anton Dohrn (1 000 t).
Australie
Le CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization) possède à Cronulla (Nouvelles-Galles du Sud) un grand centre de recherches dépendant de la Division of Fisheries and Oceanography.
Rapide développement en relation avec l’exploitation des hydrocarbures et l’extension des pêcheries.
Canada
Le centre océanographique de Bedford (Halifax) est devenu un des grands organismes de recherches de l’Amérique du Nord.
États-Unis
Rôle pionnier des nombreuses et puissantes institutions universitaires, parmi lesquelles on compte les trois plus grandes du monde : la Scripps Institution of Oceanography, créée au début du siècle à La Jolla (Californie) et qui dépend de l’université de Californie à San Diego (H. U. Sverdrup [1888-1957] l’a dirigée de 1936 à 1948) ; la Woods Hole Oceanographic Institution, fondée en 1930 au cap Cod (Massachusetts), surtout orientée vers l’océanographie physique et qui forme une partie des étudiants et des chercheurs du MIT
(Massachusetts Institute of Technology) ; le Lamont-Doherty Geological Observa-tory (Palisades, près de New York), fondé en 1949 au sein de l’université de Columbia par William Maurice Ewing (1906-1974) et qui a joué un rôle déterminant dans le renouveau de l’étude des fonds marins.
Les nombreuses agences fédérales
consacrées à la mer ont été regroupées en 1970 dans la NOAA (National Oceanic and
Atmospheric Administration), régie selon les mêmes principes que la NASA. La NOAA a son siège à Washington. Elle comprend le National Marine Fisheries Service, le National Weather Service, le Bureau marin d’études minières, la direction du « Sea Grant Program » (subventions à l’océanographie), géré par la National Science Foundation, le Réseau national des bouées, la National Oceanographic Data Center ; le principal participant est l’ESSA (Environmental Science Services Administration), chargée notamment de la prévision marine et de l’exploration du plateau continental (par l’intermédiaire de l’U.S. Coast and Geodetic Survey ; 12 000 personnes).
La NOAA est en relation permanente avec la NASA pour l’utilisation des satellites. Elle dispose d’une trentaine de navires, dont plusieurs dépassent 3 000 t, tels le Discoverer ou l’Oceanographer (3 800 t). Reste en dehors de ce regroupement l’U.S. Oceanographic Office, qui a son programme et ses moyens propres (navires comme le Silas Bent, le Kane ou l’Eltanin).
France
Les laboratoires universitaires, dispersés sur les côtes, n’ont pas la taille de leurs homologues américains. Les institutions les mieux dotées sont financées par des compagnies privées ou des organismes d’État : le Service hydrographique et océanographique de la marine (Brest), l’O. R. S. T. O. M. (Office de la recherche scientifique et technique d’outre-mer), l’Institut scientifique et technique des pêches maritimes (Nantes ; navire Tha-lassa, 1 500 t).
Depuis 1967, le Centre national pour l’exploitation des océans (CNEXO, Paris) est chargé de coordonner les efforts de recherches entrepris par des équipes pluridisciplinaires, de promouvoir les campagnes lointaines, d’aider à l’exploitation industrielle de la mer et d’assurer la gestion des moyens lourds (plusieurs navires, tel le Jean-Charcot [2 200 t], engins de plongée, bouées...). Le CNEXO possède deux grands laboratoires : le Centre océanologique de Bretagne (C. O. B.) à Brest et le Centre océanologique du Pacifique (C. O. P.) à Vairao (Tahiti).
Grande-Bretagne
Elle dispose de nombreux laboratoires uni-
versitaires, notamment celui de Plymouth, consacré à la biologie, et le Department of Geodesy and Geophysics (université de Cambridge), qui a joué un rôle important dans les recherches portant sur la structure profonde des océans. Parmi les organismes nationaux, on citera la White Fish Authority, qui a réalisé de remarquables travaux dans le domaine de l’aquaculture, et le National Institute of Oceanography (Wormley, Surrey), dont les recherches dans l’Atlantique et l’océan Indien sont fondamentales (principal navire : le Discovery II
[1 800 t]). Grande activité des compagnies de technologie marine dans le domaine de la prospection et de l’exploitation du sable et du gravier, et surtout des hydrocarbures (notamment en mer du Nord).
Japon
Progrès très rapides. Organisme central : Conseil pour le développement océanique. Nombreuses agences nationales (pour l’environnement marin, les pêches...) et universités, surtout orientées vers l’océanographie biologique et physique (à Tōkyō, Kyōto, Sapporo, Hakodate...).
Grande activité des sociétés privées, qui se consacrent aux travaux sous-marins, à l’aquaculture (place prépondérante dans le monde) et à l’exploitation des gisements miniers. Flotte importante : le Fuji (7 760 t, 100 m) est surtout destiné aux mers australes.
Nouvelle-Zélande
Nombreux travaux dans l’océan Austral sous l’impulsion du New Zealand Oceanographic Institute, installé à Wellington.
Principauté de Monaco
Musée océanographique fondé en 1910
par Albert Ier. Un des plus complets du monde. Dirigé depuis 1957 par Jacques Yves Cousteau. Grand rôle dans la prospection de la Méditerranée et du Proche-Atlantique. Navire : la Calypso (360 t).