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Les levés hydrologiques comprennent des enregistrements de température (à l’aide de bathythermographes donnant le champ thermique jusqu’à des profondeurs voisines de 200 à 300 m) et de courants (en utilisant un GEK, ou courantomètre à électrodes remorquées [v. courants océaniques]).

Tous les renseignements recueillis en station ou en route sont immédiatement étudiés et stockés (fiches perforées, bandes magnétiques) sur les navires les plus importants équipés d’un ordinateur.

Sur les autres unités, le plus souvent le dépouillement final et la mise en mémoire sont effectués au laboratoire.

y Les plates-formes. Elles peuvent être fixes ou dérivantes.

1. Plates-formes fixes. Il s’agit de constructions côtières comme les sé-

maphores, les phares ou les bateaux-feux (bouées lumineuses en forme de bateau habitées le plus souvent par un équipage de gardiens), où l’on procède à de très nombreuses observations et mesures. Par exemple, c’est grâce aux abondants renseignements recueillis par les bateaux-feux des détroits danois que l’on est parvenu à comprendre les échanges hydrologiques entre la Baltique et la mer du Nord. Selon les mêmes principes, on a édifié depuis 1964, devant les côtes du nord-est des États-Unis ou de la Californie, des tourelles automatiques destinées à suivre en continu tous les éléments du milieu marin (y compris l’atmosphère). Dans cette catégorie de plates-formes, on pourrait ranger celles qui sont consacrées aux forages, où l’on effectue parfois des observations hydrologiques.

2. Plates-formes dérivantes (et donc temporaires). Les plus connues sont celles qui ont été créées dans l’océan Arctique par les Soviétiques (les stations SP), puis par les Américains sur les « floes » et les îles de glace animée par le mouvement de la banquise (v. Arctique [océan]). On y a procédé à de très importantes études de glaciolo-gie marine, de gravimétrie, de bathymétrie, de climatologie, d’hydrologie et de biologie.

y Les bouées. Ce sont les engins océano-

graphiques les plus récents, mais également les plus prometteurs. Les modèles en sont nombreux, et les tailles très variées, depuis la simple perche-flotteur jusqu’à la grosse balise. Les bouées les plus simples sont des stations relais transmettant par signaux acoustiques les renseignements qui leur parviennent depuis des appareils posés sur le fond (courantomètre, gravimètre par exemple). Les plus importantes sont équipées de capteurs multiples (jusqu’à plusieurs centaines) répartis en niveaux étages au-dessous et au-dessus de la ligne de flottaison.

Certaines bouées sont fixes, pour permettre une observation et une surveillance continues en un point de l’océan. Elles sont le plus souvent habitées par des équipes de chercheurs. C’est le cas de la Flip (Floating Instrument Platform), mouillée depuis 1963

dans le Pacifique, et de la Borha 2 (CNEXO), ancrée depuis juin 1973 au sud de Marseille (41° 55′ N. et 5° 20′ N.). Cette dernière comprend un flotteur où sont installés les ballasts et divers enregistreurs et une tête occupée par les machines, les laboratoires, les magasins et l’habitacle. Consacrée à l’étude de la dynamique des eaux et de l’air, de leurs échanges énergétiques et de la biologie de la couche d’eau superficielle, Borha 2 est destinée à devenir le centre d’un polygone de bouées satellites fonctionnant en stations autonomes et automatiques.

Plusieurs régions océaniques (notamment la mer du Nord) seront ainsi dotées de véritables réseaux qui permettront d’établir la prévision marine et de surveiller la pollution.

D’autres bouées sont dérivantes et donc automatiques. Elles sont récupérées périodiquement afin de procéder au dépouillement des diverses données enregistrées ; en d’autres cas, elles sont dotées d’émetteurs pour transmettre ces données à un navire proche, à une station à terre ou à un satellite. Les bouées dérivantes sont particulièrement intéressantes pour l’étude des régions océaniques complexes et changeantes, les fronts hydrologiques par exemple.

À DISTANCE

La télédétection permet une étude synoptique d’une région océanique plus ou moins vaste selon l’altitude de l’engin utilisé.

y Un engin atmosphérique (comme l’avion) permet l’étude précise (et relativement peu coûteuse) d’une aire marine réduite. On peut, grâce à la prospection aérienne :

1o faire des mesures de la température de surface en utilisant des thermomètres spéciaux captant la radiation infrarouge ;

2o suivre l’évolution de ce champ thermique en recevant les signaux émis par des bathythermographes « consommables » suspendus à des bouées ; 3o relever la topographie des vagues (radars à haute résolution, couverture photographique) ;

4o enregistrer les variations du champ magnétique (magnétisme aéroporté).

Ces méthodes se sont révélées particulièrement efficaces en hydrologie : depuis 1968, les avions de l’US Naval Oceanographic Office suivent les oscillations du Gulf Stream et le contact des eaux froides et chaudes dans tout l’Atlantique Nord depuis Terre-Neuve jusqu’au cap Nord.

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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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y Un engin spatial (habité ou non) peut être utilisé en océanographie comme moyen d’observation, ou comme moyen de transmission.

1. L’engin spatial comme moyen d’observation. Les radiations émises ou rediffusées par l’eau de mer et captées par photographies multi-spectrales prises à bord des satellites permettent de détecter :

— les mouvements de surface, comme on le fait couramment pour le Kuroshio et surtout le Gulf Stream ;

— la diversité des masses au point de vue de leur température ou de leur turbidité (dès 1968, les renseignements recueillis par le satellite soviétique « Cosmos 243 » ont servi à dresser la première carte thermique d’ensemble du Pacifique) ;

— la pollution, puisque la présence de cer-

tains corps chimiques se traduit par l’abaissement de la température de radiance ;

— le déplacement des mobiles, qu’il s’agisse de bouées automatiques, de navires ou de tous les dangers qui dérivent, comme les icebergs (par exemple, de mai à octobre 1966, un iceberg long de 37 km a été repéré et suivi dans l’océan Austral au nord-est de la Géorgie du Sud à l’aide des photos prises par

« Nimbus II ») ;

— l’évolution des côtes (déplacement des eaux et modifications subies par les plages et les parties internes des plates-formes continentales).

Le satellite est donc un moyen essentiel pour l’étude des régions océaniques d’accès difficile et pour la compréhension des problèmes océanographiques à l’échelle planétaire.

2. L’engin spatial comme moyen de transmission.

Le satellite permet la collecte et la télé-

communication des données recueillies par tous les moyens de surface. C’est donc une méthode d’une prodigieuse efficacité scientifique.

Par exemple, en 1970, un satellite « Nimbus » a pu recueillir les données suivantes :

— hauteur des vagues fournies par les bouées automatiques mouillées au large de Porto Rico et des Bermudes ;