Выбрать главу

— température de surface mesurée par la plate-forme du cap Cod (pour la Woods Hole) ;

— température et pression de l’eau (jusqu’à la profondeur de 50 m) captées par les bouées dérivant au large de l’Alaska (pour le Bureau commercial des pêches des États-Unis) ;

— échange océan-atmosphère étudié par le navire Hero travaillant dans l’Atlantique (pour la National Science Foundation) ;

— courants enregistrés par les bouées du Pacifique équatorial, qui, elles-mêmes, captent

les données enregistrées par une capsule mouillée par 5 500 m (pour l’université de Californie).

Cette océanographie spatiale, associant, selon la nature variable des problèmes et des régions analysés, le satellite et l’avion, paraît appelée à connaître de très grands développements.

J.-R. V.

Ockeghem

(Johannes)

Compositeur flamand ou hennuyer

(entre 1420 et 1430 - Tours 1497).

Le concert de louanges, tant de la part des poètes que de celle des musiciens, qui accompagna la mort d’Ockeghem (ou Okeghem), s’il contribua à établir de la façon la plus solide sa réputation de savant musicien, a paradoxalement abouti à fixer dans les esprits l’image d’un homme plus capable qu’inspiré, dont le génie calculateur se jouait des difficultés de l’écriture et prenait plaisir à les résoudre. Aujourd’hui, bien qu’une partie seulement de ses oeuvres soit restituée en notation moderne, on se fait une idée plus juste de son art et de sa production. Et, s’il reste vrai que sa science du contrepoint, son aisance à se mouvoir au milieu des artifices canoniques les plus compliqués méritent l’admiration, on est plus tenté d’appré-

cier la qualité d’expression, qui ne laisse jamais percer l’effort et ouvre la voie au style polyphonique, qui s’imposera au monde occidental jusqu’à la fin du XVIe s.

Nous ne connaissons précisément

ni la date ni le lieu de naissance d’Ockeghem. On pense qu’il a pu naître soit aux confins de la Flandre orientale, soit dans le Hainaut entre 1420 et 1430. On ne sait rien non plus de sa formation, mais il est mentionné durant une année (24 juin 1443 - 24 juin 1444) parmi les enfants chanteurs de la cathédrale d’Anvers, ce qui tendrait à prouver qu’il a reçu là sa formation, peut-être sous la houlette de Jean Pillois, dont on sait qu’il était en 1446 maître des enfants à Notre-Dame d’Anvers, avant de

gagner en 1447 la chapelle pontificale.

Puis, il se trouve en France, à Moulins, au nombre des douze membres de la chapelle de Charles Ier, duc de Bourbon. Il n’est pas impossible qu’il ait alors séjourné à Bruges, à la cour du duc de Bourgogne, pour étudier avec Gilles Binchois (v. 1400-1460), dont il a peut-être été l’élève : le laisserait entendre le motet funèbre qu’il a écrit en 1460 sur la mort de ce musicien.

À partir de 1452, sa carrière se dé-

roule sans interruption à la cour du roi de France. Il y restera presque jusqu’à sa mort — c’est-à-dire pendant quarante-cinq ans —, gravissant peu à peu les charges (chantre, premier chapelain) jusqu’à ce qu’il parvienne à la plus honorifique et la plus enviée, celle de

« maistre de la chapelle de chant du roy nostre sire ». Il sert ainsi successivement trois rois de France : Charles VII, Louis XI et Charles VIII. Il reçoit en outre du roi la charge lucrative de trésorier de l’abbaye Saint-Martin de Tours (1459), sans obligation de résidence. Son nom figure aussi dans les registres capitulaires de Notre-Dame de Paris entre 1463 et 1470 ; en 1469, Ockeghem reçoit un canonicat. En

1470, il se rend de Tours en Espagne ; en 1484, il séjourne en Flandre : sa pré-

sence est attestée à Bruges et à Damme.

Son nom disparaît des comptes royaux à partir de février 1496. Quand Ockeghem meurt, en 1497, sa disparition est ressentie comme un vide difficile à combler. Si les complaintes des poètes Guillaume Crétin, Jean Molinet et Érasme sentent un peu l’hommage officiel, il est impossible de ne pas croire à une douleur authentique en écoutant la musique composée par son plus illustre élève, Josquin Des* Prés, sur l’un des deux textes de Molinet : Nymphes des bois.

Il se dégage de l’ensemble de

l’oeuvre d’Ockeghem un sentiment de sérieux et de profondeur qui explique l’intérêt tout particulier porté par ce compositeur à l’expression du sentiment religieux. Certes, comme ses contemporains, il a oeuvré aussi dans le genre de la chanson (le plus souvent à trois voix) ; mais, s’il arrive qu’elle soit légère ou joyeuse (T’sat en mes-kin, l’Antre d’antan, à quatre), le plus

souvent elle reste grave, comme le support poétique choisi. Son inspiration, volontiers mélancolique, se complaît dans les demi-teintes et préfère chanter la peine : D’un autre amer, Ma bouche rit et ma pensée pleure ou encore l’épitaphe de Binchois Mort tu as navré de ton dart.

Le motet semble mieux convenir à

Ockeghem, surtout lorsqu’il lui permet d’exprimer sa piété filiale envers la mère de Dieu. Six, en effet, des neuf motets conservés sont des prières à la Vierge ; ce sont, pour la plupart, de libres paraphrases du plain-chant (Alma Redemptoris Mater, deux Salve Regina) où se remarquent déjà — en plus de l’habileté dans l’utilisation du cantus firmus — des procédés que Josquin fera siens : réduction momentanée du nombre des voix par suppression de la voix inférieure, alternance des duos entre voix supérieures et voix graves.

L’attribution à Ockeghem du motet à 36 voix — quadruple canon à neuf parties — reste douteuse.

C’est la messe qui offre à Ockeghem un cadre à sa mesure : une quinzaine ont été conservées, où se manifeste une downloadModeText.vue.download 425 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

7868

puissante personnalité. Certaines sont construites sur un cantus firmus religieux (deux seulement : Caput et Ecce ancilla Domini à 4 voix) ou profane (cinq, dont Au travail suis, l’Homme armé, à 4 voix) ou sont sans teneur empruntée (les messes à 3 voix Sine nomine et Quinti toni) ; d’autres pré-

sentent un intérêt particulier dans le domaine de la virtuosité d’écriture (Pro-lationum ou Cujusvis toni). Mais toutes font preuve d’une même puissance de lyrisme, d’un même souci de variété, d’un même génie de l’organisation.

B. G.

M. Brenet, Jean de Ockeghem maître de la chapelle des rois Charles VII et Louis XI (Soc. de l’histoire de Paris et de l’Île de France, 1893).

/ A. Pirro, Histoire de la musique de la fin du XIVe siècle à la fin du XVIe (Laurens, 1940).

O’Connell

(Daniel)

Homme politique irlandais (près de Cahirciveen, comté de Kerry, 1775 -

Gênes 1847).

Daniel O’Connell appartient à une vieille famille de petite noblesse irlandaise, qui vit retirée sur ses terres depuis le XVIIe s. et qui est une véritable pépi-nière de prêtres et d’officiers (l’un des oncles de Daniel devient général dans l’armée française). Pour achever ses études, il est envoyé (1791-1793) aux collèges catholiques anglais de Saint-Omer et de Douai. L’expérience de la Révolution française le marque pour toujours : son conservatisme social en est renforcé, ainsi que son horreur pour la violence. O’Connell se prépare alors à Londres au métier d’avocat. En 1798, il s’inscrit au barreau irlandais, où il s’impose tout de suite par ses capacités professionnelles. Grâce à ce succès, il dispose d’un revenu confortable. Il lit alors beaucoup, en particulier les philosophes français et anglais des lumières, Paine, Bentham, ce qui expliquera le caractère double et parfois contradictoire de son action : socialement conservatrice, politiquement avancée. Figure influente du catholicisme, libéral européen, radical sur le plan de la pensée politique et des droits des nationalités, il n’en reste pas moins un propriétaire profondément attaché à l’ordre social. S’il utilise le levier démocratique pour sa stratégie patriotique, il n’est nullement démocrate.