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cialisées, comme Irénikon (publiée par les bénédictins de Chevetogne), Vers l’unité chrétienne (publiée par les dominicains de Paris), Unitas (publiée par les jésuites de Rome). La semaine de prière pour l’unité des chrétiens (18-25 janvier) a été inaugurée par l’abbé Paul Couturier, persuadé que « l’unité se ferait quand le Christ le voudrait et par les moyens qu’il voudrait ».

D’immenses auditoires, des assem-

blées ferventes ont été rassemblés dans son cadre, et un climat nouveau est né, petit à petit. Toutefois, ce qui a véritablement donné au mouvement oecuménique sa force et sa consécration, c’est la convocation, en 1959, par le pape Jean XXIII, du deuxième concile du Vatican* avec la participation de 60 observateurs officiellement désignés par leurs Églises ou alliances d’Églises non romaines et activement associés aux travaux de l’assemblée.

Au cours du concile, les anathèmes de 1054 ont été levés par les Églises d’Occident et d’Orient ; le décret sur l’oecuménisme et la déclaration sur la liberté religieuse ont largement contribué à détendre les relations entre l’Église de Rome et l’ensemble des communautés non catholiques : petit à petit, on a rompu avec le discours et aussi avec la perspective du « grand retour »

des « frères séparés » dans le sein de l’Église catholique sous l’autorité du successeur de Pierre ; on s’est engagé dans une aventure dont on ne sait pas quelle sera la fin, mais à laquelle tous sont invités à participer en mettant en commun, en partageant et en écoutant dans la ligne même de la tradition particulière qui est la leur. Un Secrétariat pour l’unité des chrétiens, dirigé successivement par les cardinaux Bea et Willebrands, a été chargé de favo-

riser les contacts, de développer les échanges, d’organiser le travail commun avec les Églises non catholiques romaines. Un groupe mixte de travail a été créé entre le Conseil oecuménique et le Vatican dans le dessein de pouvoir examiner les possibilités offertes par la situation actuelle et d’approfondir le dialogue au double plan théologique et spirituel. Cette collaboration, impen-sable encore au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, s’est étendue et intensifiée dans tous les domaines, un peu partout dans le monde, en face des grandes questions posées par l’avenir de l’homme ; c’est ensemble que les chrétiens essaient de rendre compte d’une espérance commune, qui est

aussi liée à la libération des opprimés et à la conjuration des grands périls que connaît l’humanité.

Le renouveau biblique qui a mar-

qué toutes les Églises depuis le milieu du XIXe s. n’est pas étranger à l’essor du mouvement oecuménique. Déjà en 1676, l’oratorien Richard Simon* et, en 1866, la Société nationale pour la publication des livres saints en langue française avaient affirmé qu’aucun rapprochement entre les chrétiens ne saurait être authentique tant qu’ils resteraient étrangers à une commune redécouverte du message évangélique originel. Actuellement, c’est la conviction de milliers d’exégètes, de millions de fidèles de diverses confessions, qui soit collaborent à la traduction, à la publication et à la diffusion oecuménique de nouvelles versions de la Bible, soit se rencontrent pour actualiser son contenu dans les situations originales auxquelles ils sont confrontés.

Pesanteurs et audaces

Il est évident que, comme toute entreprise humaine, le mouvement oecumé-

nique rencontre ses menaces les plus redoutables au coeur même de ses

succès les plus spectaculaires. Dans la mesure où le rêve des pionniers aboutissait à des créations institutionnelles au sein du catholicisme et dans les Églises orthodoxes et protestantes, quelque chose de la mobilité, des audaces et de la générosité des origines disparaissait. On peut penser que l’on en est aujourd’hui à la période ingrate

des prudences diplomatiques, des rapports institutionnels, des lenteurs hié-

rarchiques, qui, sans cesse, menacent d’étouffer l’avancée du dialogue, du témoignage, du service, de l’engagement, de l’invention.

Il n’est pas douteux que, un peu partout, c’est le reproche que l’on adresse à l’oecuménisme officiel et que bien des lassitudes, bien des analyses implacables viennent reprocher aux tenants de l’oecuménisme leur peu d’audace, pour ne pas dire leur volonté de ne se réunir que pour mieux se défendre, au lieu d’oser aller de l’avant dans le seul souci de la communication de l’évangile aux hommes. Aussi n’est-il pas étonnant que, bien souvent, en marge même des grands courants hiérarchiques et institutionnalisés, un « oecuménisme sauvage » se soit développé, qui ait avant tout le souci de prendre des risques au nom de l’évangile et de ne pas reculer devant les dimensions socio-politiques de celui-ci. Indiffé-

rent à l’égard de la conservation de formes d’Églises, qu’il estime compromises avec les ordres d’oppression et d’exploitation, ce courant vise à aller au-delà de toutes les limites et règles fixées, vers une « Église de demain »

qui retrouverait le sens et l’inconditionnelle fidélité au message du Christ dans un dépouillement réel au service des pauvres de la terre. L’« oecumé-

nisme séculier » lui apparaît comme préférable à l’oecuménisme institutionnel ou encore l’« orthopraxie » (façon correcte d’agir) à l’« orthodoxie »

(façon correcte de penser et de croire) : pour l’oecuménisme sauvage ce sont les actes d’unité qui entraîneront un jour les structures et les Églises, et c’est la participation à une lutte en faveur de la transformation sociale et de la destruction de toutes les formes d’oppression qui est le cadre dans lequel, au milieu de non-chrétiens, peuvent se développer un dialogue oecuménique valable et une nouvelle compréhension de l’évangile. Le cléricalisme est largement remis en question. L’intercommunion est la règle de vie de certains groupes oecuméniques qui se situent délibéré-

ment en marge des règles et des courants officiels.

G. C.

F Christianisme / Église catholique ou romaine

/ Églises orientales / Églises protestantes / Protestantisme / Réforme / Schisme d’Orient.

C. S. Neill, Anglicanism (Harmondsworth, 1958 ; trad. fr. l’Anglicanisme et la communion anglaise, Éd. du Seuil, 1961). / M. Villain, Introduction à l’oecuménisme (Casterman, 1958 ; nouv. éd., 1964). / W. A. Visser’t Hooft, The Pres-sure of Common Calling (Londres, 1959 ; trad.

fr. les Exigences de notre vocation commune, Labor et Fides, Genève, 1960). / O. Clément, l’Église orthodoxe (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1961 ; 2e éd., 1965). / A. Bea, Pour l’unité des chrétiens (Éd. du Cerf, 1963). / Y. Congar, Chré-

tiens en dialogue. Contributions catholiques à l’oecuménisme (Éd. du Cerf, 1964). / J. Bosc, la Foi chrétienne. Accords et divergences des Églises (P. U. F., 1965). /M. Barot, le Mouvement oecuménique (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1967). / Y. Congar et coll., Vocabulaire oecumé-

nique (Éd. du Cerf, 1970).

oedème

Gonflement des tissus par un liquide.

L’oedème est constitué par la diffusion de sérosité entre les cellules et parfois dans celles-ci.

OEdèmes localisés

Dans les atteintes limitées à une partie précise du corps, deux mécanismes sont incriminés, entraînant une diffé-

rence dans la constitution des liquides formant l’oedème. On oppose ainsi schématiquement l’origine mécanique, relevant d’une compression ou d’une obstruction des circulations veineuse et lymphatique (dans ces cas, il s’agit d’un oedème séreux, ou transsudat, pauvre en éléments cellulaires) à l’origine inflammatoire, réalisant un exsudat où le liquide est riche en éléments cellulaires polymorphes (dans ces cas, à un facteur mécanique possible s’ajoutent des troubles de la perméabilité capillaire, un déséquilibre ionique, etc.). En réalité, l’opposition entre ces deux variétés de liquides est souvent peu tranchée, et des formules mixtes sont couramment observées.