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OEdèmes diffus

et généralisés

Ces états répondent alors à une aug-

mentation anormale du volume des liquides interstitiels (c’est-à-dire des liquides extra-cellulaires autres que le plasma sanguin). Les oedèmes diffus occupent essentiellement le tissu cellulaire sous-cutané et le tissu interstitiel des masses musculaires.

Ils entraînent une augmentation de volume des membres, notamment des downloadModeText.vue.download 433 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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chevilles, puis de toutes les parties du corps. Lorsqu’ils sont décelables, ils traduisent déjà une augmentation de 4

à 5 litres des liquides extra-cellulaires.

Dans les cas les plus graves, le liquide distend les cavités séreuses, normalement virtuelles, entraînant des hydarth-roses (liquide dans les articulations), des épanchements dans la plèvre et le péricarde, une ascite (liquide dans le péritoine). Quand l’oedème intéresse l’ensemble des tissus interstitiels et des cavités séreuses, on parle d’anasarque.

La perturbation responsable des

oedèmes diffus est souvent difficile à mettre en évidence. Pour rester sché-

matique, on retiendra deux méca-

nismes principaux :

1o des troubles de l’élimination de l’eau et du sodium, où peuvent intervenir des variations du flux sanguin rénal, des altérations du glomérule et du tubule rénal, des perturbations endocriniennes (hormone antidiurétique [hypophyse*], hormones minéralo-corticoïdes et al-dostérone [surrénales*], etc.) ;

2o des troubles de la perméabilité capillaire, où s’associent, en dehors de phénomènes purement capillaires (mal connus), des variations de la pression hydrostatique circulatoire et de la pression oncotique (liée au taux et à la qualité des protéines circulantes).

En pratique, dans de nombreux cas, ces deux mécanismes s’intriquent pour expliquer un oedème qui n’apparaîtrait pas si chaque cause restait isolée.

Principales causes

des oedèmes

Les oedèmes localisés Ils se voient en dehors d’une rétention sodée diffuse : on distingue ainsi plusieurs variétés.

y Les oedèmes traumatiques. On les observe après un choc appuyé, parfois associés à une ecchymose (« bleu ») ou au pourtour d’un foyer de fracture ou encore d’une entorse (l’oedème est la cause de l’« enflure »).

y Les oedèmes des brûlures. Associés aux déperditions par suintement, ils peuvent séquestrer une grande partie des liquides extra-cellulaires et être responsables de signes cardio-vasculaires de « choc ».

y Les oedèmes des compressions ou des obstructions lymphatiques. Ce sont les tumeurs malignes des ganglions, les infiltrations microbiennes ou parasitaires, les séquelles de curages chirurgicaux.

y Les oedèmes de maladies des veines.

Ils accompagnent les phlébites en phase aiguë, mais ils peuvent persister après elles au stade des séquelles. On les voit parfois après un long temps d’évolution des varices.

y Les oedèmes réactionnels aux infections. Ils sont présents dans la plupart des atteintes infectieuses cutanées ou sous-cutanées. Citons à part l’oedème malin de certaines formes d’infection cutanée (bacille du charbon) et l’oedème hémorragique malin de certaines gangrènes gazeuses à germes anaérobies.

y Les oedèmes allergiques. Ils surviennent dans des régions très diverses. L’oedème de Quincke siège surtout au cou et au visage. Il peut s’accompagner d’oedème de la glotte et provoquer une détresse respiratoire aiguë. Cette dernière variété d’oedèmes a beaucoup bénéficié des traitements corticoïdes.

Les oedèmes généralisés

Ils s’observent surtout dans les affections des reins et du coeur.

y Les oedèmes rénaux. Ils sont blancs, mous, indolores. Lorsqu’on appuie l’index sur les téguments, ces oedèmes gardent l’empreinte de la pulpe sous forme d’un « godet ». Ils sont surtout nets dans la néphrose lipoïdique et dans des glomérulo-néphrites aiguës, où ils débutent volontiers à la face (v. rein). On peut les observer dans la plupart des cas d’insuffisance rénale.

y Les oedèmes des cardiaques. Ils se voient soit en cas d’insuffisance ventriculaire droite, soit en cas d’insuffisance cardiaque globale. Ils sont favorablement influencés par le régime sans sodium, les tonicar-diaques et les diurétiques. De nombreuses affections chroniques du foie entraînent des oedèmes, notamment les cirrhoses*, avec ou sans ascite.

La physiopathologie est ici beaucoup plus complexe et encore en partie obscure, ce qui explique l’action variable et inconstante des thérapeutiques actuelles. Les grands états de carence, notamment en protides, entraînent des oedèmes rebelles au régime sans sel, mais favorablement influencés par les régimes riches et les perfusions de sérum-albumine. Il existe parfois des oedèmes considérables, même en l’absence d’insuffisance cardiaque au cours de l’avitaminose B1 du béribéri.

Enfin, des oedèmes peuvent s’ob-

server dans de multiples états faisant intervenir les glandes endocrines : grossesse, hyper- ou hypothyroïdie, troubles surrénaux, oedèmes cycliques idiopathiques survenant chez la femme en période prémenstruelle.

Les oedèmes viscéraux

Ils compliquent parfois des oedèmes diffus, mais ils peuvent apparaître isolément.

y L’oedème cérébral. Cet oedème est très particulier, en ce sens qu’il ne concerne qu’assez peu les espaces extra-cellulaires cérébraux, qui, d’ailleurs, sont restreints, mais il se caractérise, surtout dans certains types, par un gonflement des cellules. Ce gonflement ne porte pas sur les neurones proprement dits, mais sur les cellules

gliales, qui leur servent de tissu de soutien (v. nerveux [système]). L’oedème cérébral a, dans les affections du système nerveux, des conséquences particulièrement importantes, dans la mesure où l’encéphale est compris dans une boîte osseuse inextensible.

Tout gonflement du cerveau, de ce fait, ajoutera aux suites directes de la maladie qui l’a fait naître un facteur de compression cérébrale, réalisant une hypertension intracrânienne dont les conséquences peuvent, en elles-mêmes, être dramatiques, aussi bien sur le plan vital que fonctionnel (« engagement » du tronc cérébral dans le canal rachidien, perturbations circulatoires, atrophie du nerf optique dus à l’hyperpression).

Le traitement de l’oedème cérébral fait appel en cas d’urgence à des solutés hypertoniques (mannitol, urée, etc.) et surtout aux corticoïdes ou à l’A. C. T. H. La fréquence d’une réaction oedémateuse dans les lésions cérébrales, quelles qu’elles soient, rend compte de la large utilisation de cette thérapeutique dans les affections aiguës du système nerveux.

y L’oedème aigu du poumon. Il s’agit d’une urgence médicale due à l’exsudation plasmatique dans les alvéoles pulmonaires, qui provoque une asphyxie douloureuse avec expectoration mousseuse (v. poumon).

J.-C. Le P. et J. E.

J. Fabre, les OEdèmes. Physiopathologie et traitement de la rétention de sel et d’eau (Masson, 1959). / L. Bakay et J. C. Lee, Cerebral OEdema (Springfield, Illinois, 1965).

OEdipe

En gr. OIDIPOUS, héros de la légende grecque.

Parmi les ombres qu’Ulysse évoque au chant XI de l’Odyssée se trouve celle de « la belle Epicaste », la mère et l’épouse d’OEdipe, dont Homère raconte brièvement l’histoire : sans le savoir, le héros a tué son père, Laïos, et épousé sa mère ; les dieux, sans tarder, révèlent aux hommes le double crime auquel l’a condamné son destin ;