Les indications de cet examen, très nombreuses, peuvent être groupées sous trois rubriques selon la chronologie des
phénomènes produits.
Le temps bras-rétine. Il s’écoule en moyenne de 7 à 12 secondes entre l’injection du colorant et son apparition à la papille. L’existence d’une différence entre l’oeil droit et l’oeil gauche donne d’utiles indications sur les circulations carotidiennes.
Le stade d’injection. Il débute par un temps choroïdien, puis s’injectent successivement les artères rétiniennes, les capillaires et les veines. La morphologie et la dynamique vasculaire peuvent ainsi être étudiées.
Le stade de rétention. Il n’y a pas de ré-
tention du colorant visible dans un fond d’oeil normal. Celle-ci ne s’observe que s’il existe des tissus anormaux, oedémateux, cicatriciels ou tumoraux. L’angiographie en fluorescence permet donc de distinguer des altérations rétiniennes purement vasculaires et des lésions du couple épi-thélium pigmentaire-choroïde ; elle est, malheureusement, impossible à pratiquer en cas d’opacité des milieux transparents oculaires (cataracte par exemple).
L’électrorétinogramme est la courbe obtenue par l’enregistrement, à la surface cornéenne, de l’activité électrique rétinienne provoquée par un éclair lumineux.
Deux électrodes, l’une neutre, fixée dans la région périorbitaire, l’autre active, incorporée dans un verre de contact adapté sur la cornée, sont reliées à un oscillographe cathodique. Les deux yeux sont dérivés de façon concomitante. La stimulation lumineuse, de couleur variable, intéresse toute la rétine ; elle est faite d’une succession d’éclairs lumineux. Un petit ordinateur, ou sommateur, adapté à l’oscillographe permet d’obtenir des différentes réponses successives. On isole successivement une onde A négative et une onde B positive.
L’étude de ces potentiels lors de l’adaptation à l’obscurité permet de dédoubler l’onde B en une onde B1, représentant l’activité des cônes (donc de la macula), et en une onde B2, représentant l’activité des bâtonnets (donc, en gros, du reste de la rétine).
La réponse électrorétinographique est liée principalement aux éléments sensoriels de la rétine. Ce n’est que lorsque ceux-ci sont lésés que l’on trouve des anomalies importantes (rétinopathie pigmentaire par exemple). La réponse est, par contre,
quasi normale en cas d’atteinte des fibres optiques.
L’étude des potentiels évoqués visuels permet d’apprécier l’intégrité des voies de conduction et des centres récepteurs de la vision (voies optiques).
L’électro-oculographie étudie le potentiel de repos de l’oeil (mesuré lors de mouvements oculaires) à l’obscurité et à l’éblouissement. Elle est anormale en cas d’atteinte de l’épithélium pigmentaire et des cellules visuelles (cônes et bâtonnets) de la rétine.
y L’électromyographie permet d’étudier les potentiels de repos et d’action des muscles oculaires : elle est particulièrement intéressante en cas de paralysie oculomotrice ou de nystagmus.
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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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Pathologie oculaire
Troubles de la réfraction
V. vision.
Maladies des annexes de l’oeil
MALADIES DES PAUPIÈRES.
1. Anomalies génétiques. L’épicanthus est un repli cutané bilatéral en forme de croissant concave en dehors, qui descend de la paupière supérieure en masquant plus ou moins l’angle interne. Il revêt un caractère racial chez les Mongols.
Le colobome palpébral est une dé-
fectuosité triangulaire dont la base est au bord libre. La ptôsis est l’abaissement permanent, uni ou bilatéral, de la paupière supérieure.
2. Anomalies de position des pau-
pières. L’entropion est le retournement en dedans du bord libre palpébral. Il entraîne un retournement des cils, qui viennent frotter contre la conjonctive et la cornée (trichiasis). Il peut être d’origine spasmodique (surtout sénile) — et il siège alors à la paupière inférieure
— ou d’origine cicatricielle (traumatique, atteignant surtout la paupière supérieure) ou trachomateuse — et il atteint alors la paupière supérieure (v. conjonctive).
L’ectropion est le retournement en dehors du bord libre de la paupière inférieure ; il peut être d’origine sénile ou d’origine paralytique (paralysie faciale périphérique). Dans ce dernier cas, on est souvent obligé de pratiquer une blépharorraphie (ou tarsorraphie), qui est la suture du bord libre des paupières, partielle ou totale.
3. Affections cutanées des paupières.
Ce sont les oedèmes, les bouffissures et les atrophies des paupières. Le xan-thélasme est une tache jaune étendue provoquée par un dépôt de cholestérol.
L’eczéma* est l’affection cutanée la plus fréquente, isolée ou dans le cadre d’une allergie générale.
4. Maladies du bord libre palpébral.
Les blépharites sont des inflammations localisées uniquement ou en majeure partie au bord ciliaire. Elles peuvent être érythémateuses, squameuses ou ulcéreuses. D’origine surtout allergique, elles sont d’évolution traînante.
L’orgelet (ou compère-loriot) est un abcès d’une glande sébacée palpé-
brale : c’est l’homologue du furoncle de la peau.
5. Maladies du tarse. Elles sont
représentées essentiellement par le chalazion, granulome inflammatoire chronique (pseudo-tumeur) dû à la rétention de la glande de Meibomius.
Le chalazion est aisément curable chirurgicalement.
6. Traumatismes. Les contusions
provoquent des ecchymoses et des
hématomes souvent volumineux. Les plaies nécessitent un traitement chirurgical d’urgence par un ophtalmologiste pour éviter une cicatrice vicieuse. Les brûlures laissent souvent des déformations nécessitant une blépharoplastie, ou chirurgie plastique des paupières.
7. Tumeurs. Elles peuvent être
congénitales, comme l’angiome, acquises bénignes comme le papillome,
ou malignes. Les tumeurs malignes sont surtout des épithéliomas basocel-lulaires de la paupière inférieure, survenant chez des sujets âgés ; leur traitement est radiothérapique de préférence, et leur pronostic bon en général.
MALADIES DU SOURCIL.
Ce sont essentiellement les tumeurs (comme le kyste dermoïde de la queue du sourcil), les traumatismes et les infections (abcès ou furoncle).
y Maladies de la conjonctive.
V. conjonctive.
AFFECTIONS DE L’APPAREIL
LACRYMAL.
1. Glandes lacrymales. Leur augmentation de volume peut être chronique et unilatérale ; elle est due alors à des tumeurs (tumeurs mixtes surtout), à des kystes (ou dacryops) ou à des infections chroniques (ou dacryoadénites chroniques). Elle peut être bilatérale, comme dans le syndrome de Mikulicz.
L’inflammation aiguë est la dacryo-adénite aiguë, parfois purulente. L’insuffisance de sécrétion lacrymale se voit surtout dans le syndrome de Gou-gerot-Sjögren (diminution de toutes les sécrétions cutanées).
2. Voies lacrymales. La sympto-
matologie est avant tout le larmoiement, ou épiphora. Celui-ci peut-être dû à un obstacle siégeant sur un point quelconque de la voie d’excrétion des larmes. Les points lacrymaux peuvent être imperforés à la naissance, traumatisés ou en position vicieuse à la suite d’une atteinte palpébrale.
Les canalicules peuvent être sectionnés lors d’une plaie palpébrale (surtout à la paupière inférieure) : il faut alors opérer d’urgence ; ils peuvent être obstrués par un cil, par un calcul ou par une infection conjonctivo-palpé-