Le repérage fait, il faut pratiquer l’extraction à l’aide d’une pince ou d’un électro-aimant. Cette extraction doit toujours être tentée dans la mesure du possible, la persistance d’un corps étranger intra-oculaire étant la source de nombreuses complications aboutissant souvent à la perte du globe.
Brûlures oculaires
1. Brûlures thermiques, (par flamme ou par métal en fusion). Elles atteignent plutôt les organes protecteurs de l’oeil que l’oeil lui-downloadModeText.vue.download 447 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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même, grâce au réflexe de clignement et au larmoiement.
2. Brûlures chimiques. Elles sont en géné-
ral plus graves, en raison de la pénétration intra-oculaire du produit. Les brû-
lures par bases (soude caustique, chaux, ammoniaque) sont les plus dangereuses.
Devant toute atteinte oculaire par produit chimique, il faut pratiquer d’urgence un
abondant lavage du globe à l’eau courante.
3. Lésions oculaires par radiations. Les radiations infrarouges peuvent provoquer une cataracte (cataracte des verriers) ; les rayons ultraviolets sont à l’origine de kérato-conjonctivites (ophtalmie des neiges) ; les rayons solaires (par exemple après observation, sans protection, d’une éclipse solaire) et les radiations dégagées lors d’une explosion atomique créent de graves lésions rétiniennes. Enfin, les rayons X sont responsables de cataractes et de lésions rétiniennes.
Affections de l’orbite
y Les affections du contenu de l’orbite comme celles de ses parois se traduisent essentiellement par deux symptômes : l’exophtalmie (saillie exagérée du globe oculaire) ou l’énophtalmie (l’inverse).
L’exophtalmie est le signe majeur ; elle est mesurée par un exophtalmomètre, qui chiffre en millimètres la saillie oculaire.
Pour en déterminer la cause, il est souvent nécessaire de pratiquer de nombreux examens : radiographies standards, phlé-
bographie (radio des veines orbitaires), gamma-orbitographie (repérage isotopique), échographie B, etc. Les causes principales sont :
— la maladie de Basedow (goitre exophtalmique), affection thyroïdienne dont l’exophtalmie, en règle générale bilatérale, est un signe majeur ;
— les inflammations orbitaires ;
— les tumeurs orbitaires, bénignes, comme l’angiome, ou malignes, comme les sarcomes ; elles sont souvent graves, car cancéreuses, chez le jeune enfant.
y Les fractures de l’orbite sont en fré-
quence croissante du fait des accidents de la circulation. Leur danger principal est l’atteinte du nerf optique. Leur traitement comporte en général une intervention chirurgicale d’ostéosynthèse.
Syndrome d’irritation du
segment antérieur de l’oeil
Ensemble de signes qui se manifestent en cas d’atteinte inflammatoire ou traumatique des éléments situés en avant du cristallin (cornée, chambre antérieure, iris...).
Ces signes sont :
— le larmoiement ;
— la photophobie (gêne ou douleur oculaire provoquée par la lumière), qui contraint le sujet à porter des lunettes teintées ;
— le blépharospasme (contraction anormale de l’orbiculaire), associé souvent à un oedème de la paupière supérieure, rétrécissant la fente palpébrale ;
— la rougeur oculaire, qui siège surtout au voisinage du limbe (cercle périkératique) et à laquelle s’associe parfois un chémosis (infiltration oedémateuse de la conjonctive) ;
— enfin la douleur, qui est d’intensité variable, à type de pesanteur, de tension sourde, irradiant autour de l’orbite.
Traitement des affections
oculaires
Traitement médical
Il consiste en l’administration de médicaments actifs sur la sphère oculaire :
— par voie générale (antibiotiques, dérivés de la cortisone, etc.) ;
— par voie locale, sous forme de collyre (gouttes que l’on instille dans le cul-de-sac conjonctival), de pommade ou d’injection sous-conjonctivale ; les principales drogues d’administration locale sont l’atropine (cycloplégique, c’est-à-dire paralysant l’accommodation, et mydriatique), les antibiotiques, les corticoïdes et les hypotenseurs oculaires (comme la pilocarpine).
Traitement chirurgical
Il est indiqué dans de nombreux cas.
L’intervention sur le globe oculaire se fait sous anesthésie générale ou locale (par injection rétro-oculaire de novo-caïne). Les paupières sont maintenues écartées grâce à un blépharostat. Les opérations les plus couramment pratiquées sont :
— l’extraction de la cataracte* ;
— les interventions antiglaucoma-
teuses (v. glaucome) ;
— la cure du strabisme par action sur les muscles oculomoteurs, que l’on renforce (en les raccourcissant) ou que l’on affaiblit (en changeant leur insertion sclérale) de façon à obtenir un bon parallélisme oculaire ;
— la greffe de la cornée* ;
— les interventions sur les paupières et la conjonctive ;
— l’énucléation (ou ablation) du globe oculaire, obtenue en sectionnant le nerf optique. Un implant acrylique est mis à la place du globe, et une prothèse (coque en émail ou en matière plastique) imitant parfaitement l’aspect extérieur de l’oeil est adaptée par-dessus. L’énucléation est à différencier de l’éviscération (où l’on vide le contenu du globe en laissant intacte la sclé-
rotique) et de l’exentération (où l’on enlève tout le contenu de l’orbite, oeil compris), cette dernière intervention étant pratiquée en cas de tumeur orbitaire.
Actuellement, l’emploi du micros-
cope opératoire permet de réaliser des interventions d’une grande précision (ainsi la trabéculotomie [v. glaucome]).
Il faut mettre à part l’emploi du laser, dont les rayons traversent les milieux transparents de l’oeil sans les modifier et sont arrêtés par les écrans pigmentaires de la choroïde, de la ré-
tine et de l’iris en dégageant de la chaleur au point d’impact. On peut ainsi traiter, sans ouvrir le globe oculaire, des affections rétiniennes ou iriennes, le système laser étant incorporé dans le manche d’un ophtalmoscope à image droite.
J. K.
F Cataracte / Cécité / Conjonctive / Cornée /
Glaucome / Iris / Nerveux (système) / Nez / Ophtalmologie / Vision.
E. Wolff, The Anatomy of the Eye and Orbit, Including the Central Connections Development and Comparative Anatomy of the Visual Apparatus (Philadelphie, 1933 ; 5e éd., 1961). / Atlas der Augenkrankheiten (Leipzig,
1937 ; 6e éd., Stuttgart, 1963). / H. B. Stallard, Eye Surgery (Baltimore, 1946 ; 4e éd., Bristol, 1965). / H. W. Larsen, Manual and Color Atlas of the Ocular Fondus (Philadelphie, 1969 ; trad. fr. Manuel et atlas du fond d’oeil normal et pathologique, Masson, 1971). / H. Saraux et B. Biais, Précis d’ophtalmologie (Masson, 1969).
/ G. Bonamour, Traité d’ophtalmologie (Masson, 1971). / G. Offret, P. Dhermy, A. Brini et P. Bec, Anatomie pathologique de l’oeil et de ses annexes (Masson, 1974).
OEillet
F CARYOPHYLLALES.
oenologie
F VIGNE ET VINS.
OErsted
(Hans Christian)
Physicien et chimiste danois (Rudkø-
bing 1777 - Copenhague 1851).
OErsted naît dans la petite île de Lan-geland, où son père exerce la profession d’apothicaire. Dans son enfance, il passe ses journées, avec son frère Anders, plus jeune que lui d’un an, chez un perruquier qui leur donne leurs premières leçons. À douze ans, il entre, avec son frère, comme apprenti dans la maison paternelle, et il s’initie à la chimie et aux sciences naturelles. En 1794, les deux frères vont poursuivre leur instruction à Copenhague, où Christian obtient les grades de docteur en philosophie et de docteur ès lettres.