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Il prend comme son père la direction d’une pharmacie, tandis que son frère deviendra plus tard un célèbre juris-consulte et homme d’État.

Vers 1800, OErsted se consacre à une étude électrochimique de l’affinité, lorsque Volta* lui fournit un outil pré-

cieux en inventant la pile électrique.

L’année suivante, il obtient une bourse qui va lui permettre de voyager pendant cinq ans pour s’instruire, notamment en Allemagne et en France. À son retour au Danemark, il se voit attribuer une chaire de physique à l’université de Copenhague.

C’est au début de l’année 1820

qu’OErsted fait fortuitement la décou-

verte qui va l’immortaliser. Mais, comme l’a dit Pasteur* à son propos :

« Dans le champ de l’observation, la chance favorise seulement les esprits préparés. » Par un heureux hasard, une aiguille aimantée se trouve au voisinage d’un fil de platine uni aux bornes d’une pile de Volta, et l’on voit cette aiguille déviée de sa position d’équilibre. Cette expérience, qui relie après bien des recherches le magnétisme à l’électricité, est aussitôt reprise par de nombreux savants, et il appartiendra à Ampère* de développer cette découverte de l’électromagnétisme qui vaut à son auteur une grande célébrité. OErsted fonde, en 1824, une société pour la vulgarisation de la connaissance des sciences et pour l’avancement des études scientifiques. Conseiller d’État en 1828, il est nommé directeur de l’école polytechnique de Copenhague, lors de sa fondation en 1829.

Mais l’activité d’OErsted s’attache aussi à d’autres domaines que l’électromagnétisme. Il construit un piézo-mètre, à l’aide duquel il fait, en 1822, la première étude de la compressibilité des liquides et des solides. En 1826, il observe que le gaz sulfureux ne suit pas la loi de Mariotte. C’est enfin lui qui paraît avoir, le premier, isolé l’aluminium sous forme pulvérulente, après en avoir préparé le chlorure.

R. T.

J. C. Hauch et G. Forchhammer,

H. C. OErsted’s Leben (Spandau, 1853).

oesophage

Portion initiale du tube digestif qui réunit le pharynx à l’estomac.

Anatomie

L’oesophage fait suite à l’entonnoir pharyngé par un orifice rétréci, la downloadModeText.vue.download 448 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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bouche oesophagienne ; son trajet vertical, dans le médiastin postérieur, l’amène jusqu’au diaphragme, qu’il

traverse dans une fente musculaire appelée hiatus oesophagien, puis il se termine en s’abouchant à la partie haute de l’estomac, l’orifice de jonction portant le nom de cardia.

Dans le thorax, l’oesophage est

d’abord à la face postérieure de la trachée, puis du pédicule pulmonaire gauche. Il croise la crosse aortique à gauche, la crosse veineuse azygos à droite. Au-dessous des pédicules pulmonaires, les nerfs pneumogastriques descendent à son contact.

Constitution

La paroi oesophagienne est compo-

sée de trois couches tissulaires : la muqueuse, la sous-muqueuse et la

musculeuse.

La muqueuse est épaisse, pâle, disposée en plis longitudinaux, s’effaçant à la distension. Elle est revêtue d’un épithélium pavimenteux stratifié.

La sous-muqueuse est un tissu

conjonctif lâche contenant des vaisseaux, des filets nerveux, des glandes muqueuses mixtes.

La musculeuse comprend deux

couches très épaisses de fibres musculaires : interne à fibres circulaires, externe à fibres longitudinales.

Déglutition

L’oesophage intervient à la troisième phase de la déglutition après la phase volontaire évacuant le bol alimentaire vers le pharynx par suite de la contraction des muscles de la langue, et après la phase involontaire, réflexe, qui transite le bol alimentaire à travers le pharynx par contraction des muscles pharyngés.

La phase oesophagienne comprend :

— des ondes primaires ininterrompues qui, parcourant l’oesophage, sont d’amplitude progressivement décroissante ;

— des contradictions secondaires, à partir du croisement aortique ;

— des contractions tertiaires, irrégu-lières, basses et brèves qui sont attribuées à l’action du plexus nerveux.

Lésions traumatiques de l’oesophage

Brûlures

Elles sont consécutives à la déglutition accidentelle ou dans un but de suicide d’un liquide caustique (acide, lessive, etc.).

La brûlure peut être étendue à toute la hauteur de l’oesophage. La nécrose de la muqueuse amène son élimination sous forme de lambeaux ou même d’un véritable moule tubulé dont la chute laisse à découvert des ulcérations. Au maximum, toutes les tuniques sont atteintes et une perforation survient.

Dans les cas favorables, une cicatrisation succède au bourgeonnement hé-

morragique, vers la quatrième semaine.

Une évolution mortelle peut être

observée. Elle est due au choc, à la médiastinite ou à l’asphyxie lorsque la brûlure s’étend aux larynx, à la trachée, aux bronches.

Dans les cas moins graves, le sujet a beaucoup de peine à déglutir (l’alimentation est pratiquement impossible pendant trois à quatre semaines), des hémorragies se produisent et l’état gé-

néral s’altère.

Lorsque la guérison paraît cliniquement obtenue, l’évolution se fait vers un rétrécissement cicatriciel dont les signes n’apparaîtront que plus tard.

y Traitement. Au début, il consiste à neutraliser le produit ingéré. Il faut, s’il s’agit d’une base caustique, ingérer de l’eau vinaigrée ou du jus de citron ; s’il s’agit d’un acide, avaler de l’eau bicarbonatée ou de l’eau de chaux. Le lavage d’estomac n’est indiqué que dans la première demi-heure.

En même temps, il faut combattre

le choc et calmer la douleur. L’hospitalisation en milieu chirurgical est impérieuse.

Le rétrécissement cicatriciel peut dans une certaine mesure être prévenu

par des dilatations de la lumière oesophagienne à l’aide de bougies molles.

Rétrécissement cicatriciel

C’est l’aboutissement de la brûlure de l’oesophage. Le rétrécissement irrégulier, devenu indilatable, peut être localisé à une de ses portions (le plus souvent croisement aortique et bronchique ou région sus-diaphragmatique), ou bien il peut être étendu à la plus grande partie de l’oesophage. La portion sus-aortique est cependant habituellement respectée et utilisable.

Chez l’enfant, la nutrition et le développement sont empêchés. Les

maladies infectieuses, pulmonaires, la tuberculose viennent souvent aggraver l’état général.

Le traitement chirurgical est le seul valable lorsque ont échoué les séances de dilatation. On peut faire soit une dérivation excluant la zone sténosée, soit une plastie de l’oesophage.

Corps étrangers

Ils s’observent surtout chez l’enfant ou le nourrisson : ce sont alors des pièces de monnaie, des boutons, des billes, des épingles dites « de sûreté ». Chez l’adulte, il s’agit de corps alimentaires (os, arête, noyau), de pièce de prothèse dentaire. Chez le malade mental, on observe des corps tels que des clous, des fragments métalliques qui sont avalés dans un but de suicide.

Le siège d’arrêt dépend du volume et de la forme du corps étranger dé-

gluti. Les fragments d’os, les épingles peuvent se fixer en un point quelconque de la paroi de l’oesophage.

En règle générale, tout corps étranger arrêté dans la lumière oesophagienne a tendance à s’y fixer sous l’influence du spasme et de l’oedème de la muqueuse que sa présence détermine.

Des perforations de la plèvre, du poumon, d’un vaisseau peuvent être observées. Des lésions septiques allant de l’abcès de la muqueuse à la médiastinite sont le fait de corps acérés et septiques : os, arête, appareil dentaire.