L’accident aigu de pénétration (vomissements, asphyxie par compression trachéale ou laryngée) ne se voit qu’avec les corps étrangers volumineux haut situés.
y Traitement. La plupart des corps étrangers de l’oesophage peuvent
être enlevés sous contrôle d’une
oesophagoscopie, mais une grande
prudence doit être observée, car les plaies de l’oesophage ne sont pas exceptionnelles.
La chirurgie n’est nécessaire que dans certains cas : les corps étrangers haut situés, enclavés doivent être enlevés par ouverture de l’oesophage cervical. Ceux qui sont bloqués au-dessus du diaphragme ou de l’aorte doivent être extraits par ouverture de l’oesophage thoracique.
Perforations
Ce sont des plaies de dedans en dehors de l’oesophage. Toujours septiques, elles entraînent de la médiastinite.
Elles peuvent être consécutives à la déglutition d’un corps étranger, compliquer une brûlure grave par ingestion de caustique, plus rarement un diverticule, exceptionnellement un ulcère.
Elles sont parfois dues à l’introduction d’un oesophagoscope, d’un gastroscope ou à une tentative d’ablation de corps étranger.
Ruptures de l’oesophage
y Les ruptures traumatiques accompagnant un écrasement du thorax sont mal connues, car elles n’ont pas le temps de donner une symptomatologie propre.
y Les ruptures dites « spontanées »
sont rares. Elles surviennent à l’occasion de violents efforts de vomissement, souvent en période digestive ou chez une femme enceinte. La déchirure siège habituellement à la partie downloadModeText.vue.download 449 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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basse de l’oesophage, au-dessus et au-dessous de la traversée diaphragmatique. L’existence d’un état pathologique préalable à l’accident est vraisemblable.
Les signes cliniques sont impres-
sionnants : douleur atroce et subite, choc, cyanose, emphysème.
Une intervention urgente peut parfois sauver le malade d’une mort
rapide.
Affections de l’oesophage
Anomalies congénitales
L’origine commune de l’oesophage et des voies respiratoires aux dépens de l’intestin primitif, l’allongement ulté-
rieur de l’oesophage qui plonge à travers le thorax vers l’abdomen expliquent la plupart des anomalies qui peuvent être découvertes à la naissance.
y L’atrésie est une solution de continuité portant habituellement sur la partie moyenne de l’oesophage, qui est remplacée par un cordon fibreux.
La poche supérieure ou l’oesophage inférieur peuvent communiquer avec la trachée : il y a alors fistule oesotra-chéale. Incompatible avec la vie, cette malformation, décelée à la naissance, est justiciable d’une cure chirurgicale (chirurgie « néo-natale »).
y Les sténoses congénitales (rétré-
cissements) sont de deux types. Il peut exister un diaphragme membraneux avec un orifice généralement excentrique, dans la lumière de l’oesophage. Le traitement consiste en une dilatation progressive de l’orifice ou en une incision sous contrôle de l’oesophagoscopie.
y L’anneau de Schatzki est un rétré-
cissement annulaire de l’oesophage siégeant à sa partie terminale.
y Le brachyoesophage (oesophage
court) congénital est rare. Les troubles apparaissent dès la naissance et
consistent en régurgitations s’accompagnant de pâleur et d’un malaise.
Diverticules de l’oesophage
Ce sont des évaginations de la paroi de l’oesophage, constituant des poches de dimensions variables, communiquant avec la lumière par un orifice, ou collet, plus ou moins large. Ils peuvent siéger à la jonction du pharynx et de l’oesophage, au niveau de la bifurcation trachéale ou au-dessus du diaphragme.
1. Les diverticules pharyngo-oesophagiens sont fréquents. Ils peuvent atteindre un volume important et em-pêcher l’alimentation, ce qui a pour conséquences l’amaigrissement, la déshydratation et une atteinte parfois sévère de l’état général. Le traitement est essentiellement chirurgical.
2. Les diverticules de l’oesophage dits
« épibronchiques » siègent en regard de la bifurcation trachéale à laquelle ils adhèrent. Ils représentent probablement un vestige embryologique et une amorce de fistule entre l’oesophage et la trachée. Ils ne doivent être opérés que s’ils sont volumineux et surtout s’ils donnent des troubles fonctionnels.
3. Les diverticules bas situés ou épi-phréniques peuvent atteindre un gros volume, ils s’étalent sur le diaphragme derrière le coeur, qu’ils peuvent dé-
border à droite. Ils sont susceptibles de s’infecter et de se fistuliser dans le poumon. Il est donc indiqué de les réséquer.
Varices
Ce sont des dilatations des veines sous-muqueuses qui sont la conséquence de l’hypertension de la veine porte. Elles constituent un danger redoutable, car leur rupture amène des hémorragies parfois très graves.
En cas d’hémorragie, le traitement consiste en la pose d’un tube de Bla-kemore. Ce tube, muni à son extrémité inférieure de deux petits sacs superposés gonflables à distance, est introduit par le nez dans l’oesophage, puis dans l’estomac. Le sac inférieur est alors gonflé et la sonde retirée jusqu’à ce que ce sac soit arrêté au niveau de l’hiatus oesophagien. Le deuxième sac est alors gonflé et, de forme allongée, il se moule sur les parois de l’oesophage, comprime les veines et arrête l’hémorragie. Cette compression ne peut, sans
danger de nécrose de la paroi oesophagienne, être poursuivie plus de deux heures consécutives. Il faut donc de temps en temps dégonfler, puis regonfler le ballonnet.
Le seul traitement préventif valable est celui de l’hypertension portale ellemême. Il consiste à pratiquer une anastomose porto-cave (entre la veine porte et la veine cave inférieure).
Ulcères
On peut observer des ulcérations
multiples, accompagnant une poussée d’oesophagite peptique, ou des ulcères simples, qui sont comparables aux ul-cères gastro-duodénaux et surviennent d’ailleurs sur des îlots muqueux de type gastrique.
L’ulcère simple est toujours arrondi.
Son fond est régulier, grisâtre. La muqueuse a disparu, les bords sont à pic. La sclérose peut entourer la perte de substance (ulcère calleux), et, dans ce cas, une sténose peut apparaître qui entraîne ou exagère la dysphagie.
L’ulcère peut saigner et se perforer. Le traitement médical en vient parfois à bout ; sinon, la chirurgie est nécessaire, et la résection bien souvent indispensable.
Dyskinésies de l’oesophage
On distingue sous ce nom les perturbations des fonctions motrices de l’oesophage. Ce terme groupe des faits divers et d’intérêt inégal. Il existe en effet d’une part une véritable entité clinique, le méga-oesophage, ou cardiospasme, et d’autre part des faits disparates consistant en des contractions dites « secondaires » et « tertiaires » de l’oesophage, qui sont à la limite du normal et n’en-
traînent pas de symptômes, et en des spasmes étagés de l’oesophage, qui n’ont qu’une traduction radiologique ou au contraire peuvent provoquer des troubles fonctionnels importants.
Le méga-oesophage, ou car-
diospasme, ou achalasie, est une entité clinique et radiologique qui relève d’un traitement chirurgical.
Les travaux modernes ont conduit à admettre que la cause de la distension oesophagienne est une lésion au plexus nerveux intrinsèque de Auerbach. Tout se passe comme si le cardia ne pouvait s’ouvrir, d’où le nom d’achalasie donné à cette dyskinésie.
Anatomiquement, il s’agit d’une
dilatation progressive de l’oesophage s’accompagnant d’un épaississement des parois et pouvant atteindre un volume considérable (10 cm et plus de diamètre). D’abord tonique et luttant pour évacuer son contenu, l’oesophage finit par se relâcher.
Radiologiquement, deux aspects