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doivent être distingués qui peuvent être deux stades successifs de la même lésion.

Dans certains cas, la dilatation globale est fusiforme et terminée par un downloadModeText.vue.download 450 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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rétrécissement effilé : c’est l’aspect dit

« en radis ».

Dans d’autres, l’oesophage, très

distendu, est très élargi et étalé sur la coupole diaphragmatique droite : son image déborde l’ombre du coeur et donne l’image dite « en chaussette ».

y Symptômes. Une dysphagie et des régurgitations qui bientôt deviennent fétides sont les signes fonctionnels dominants. L’état général s’altère progressivement. L’amaigrissement et la déshydratation peuvent atteindre un degré important.

y Traitement. Le seul traitement satisfaisant est chirurgical et consiste dans l’incision extra-muqueuse des couches musculaires de l’oesophage à la jonction de celui-ci avec l’estomac (l’opération de Heller, ou myotomie extra-muqueuse).

OEsophagite

On désigne ainsi l’inflammation de la muqueuse oesophagienne.

1. Les oesophagites aiguës, hormis celles qui sont dues à l’ingestion de caustiques, sont les oesophagites des maladies infectieuses (scarlatine, va-riole, erysipèle), l’oesophagite allergique, les oesophagites suppurées. Elles sont rarement observées.

2. La principale oesophagite chronique est l’oesophagite peptique, dont la cause est le reflux dans l’oesophage du liquide gastrique acide. Elle est susceptible de donner des hémorragies, des ulcères muqueux de l’oesophage, et d’évoluer vers la sclérose et la sté-

nose. L’affection est localisée au tiers inférieur de l’oesophage. Elle est parfois due à une anomalie de position de l’oesophage (hernie par l’hiatus oesophagien du diaphragme).

Si le traitement médical, consistant en l’administration de médicaments alcalins, est inefficace, il faut pratiquer la cure de la hernie et corriger l’anomalie de position de l’oesophage. Cette intervention, en supprimant le reflux, guérit la plupart des cas.

Opérations sur l’oesophage

y Amputation de l’oesophage ou opé-

ration de Torek, intervention consistant à réséquer tout l’oesophage thoracique, à fermer le cardia, à placer la section de l’oesophage cervical à la peau du cou et à établir une gastrostomie (abouchement de l’estomac à la peau).

y Myotomie extra-muqueuse ou opé-

ration de Heller, incision de la tunique musculeuse de l’oesophage qui respecte la muqueuse.

y OEso-gastrectomie ou résection de l’oesophage, résection d’une partie de

l’oesophage et de la portion voisine de l’estomac suivie du rétablissement im-médiat de la continuité par anastomose oeso-gastrique.

y OEso-gastrostomie, anastomose entre l’estomac et l’oesophage, sans résection de celui-ci.

y OEsophagoplastie, remplacement de l’oesophage par un procédé utilisant un organe de remplacement : estomac, intestin, côlon.

y OEsophagostomie, mise à la peau de la lumière oesophagienne : type oesophagostomie cervicale après amputation de l’oesophage thoracique.

y OEsophagotomie, ouverture de l’oesophage suivie de fermeture immédiate de la plaie chirurgicale ainsi faite : type ablation d’un corps étranger.

Les plasties

Elles sont nécessaires après l’amputation totale de l’oesophage ou après l’ablation de sa portion cervicale. L’estomac, l’intestin grêle, le côlon gauche ou le côlon droit peuvent être utilisés pour fournir le maté-

riel de plastie.

Tumeurs de l’oesophage

Les tumeurs bénignes

Elles sont rares et peuvent être pédiculées ou sessiles.

Les polypes, les papillomes, les adé-

nomes, les kystes sont d’origine muqueuse ou sous-muqueuse.

Les lipomes, les myomes ou léio-

myomes, qui peuvent atteindre un

gros volume, sont d’origine extra-muqueuse. Leur développement en

général respecte la continuité de la muqueuse oesophagienne.

Ces tumeurs se manifestent par

une dysphagie et parfois par des

hémorragies.

y Traitement. Les petites tumeurs pédiculées dans la lumière oesophagienne peuvent être enlevées sous le contrôle de l’oesophagoscope. Les tumeurs sessiles, lorsque les troubles

l’exigent, nécessitent une intervention chirurgicale avec ouverture du thorax.

Le cancer

Jadis condamné à une gastrostomie (abouchement de l’estomac à la peau pour l’alimentation artificielle) n’em-pêchant pas la mort par inanition, le sujet atteint de cancer de l’oesophage est maintenant justiciable d’un traitement chirurgical capable d’assurer sa guérison.

Il s’agit le plus souvent d’un carcinome, qui siège avec prédilection aux points normalement rétrécis de l’oesophage : au cou, au niveau du croisement aortique ou bronchique, à la partie basse sus-diaphragmatique, au cardia. Les sarcomes sont très rares et se développent surtout dans la région inférieure de l’organe.

L’extension locale se fait d’autant plus vite au médiastin, à la plèvre, au péricarde que l’oesophage n’est pas recouvert de séreuse pouvant le protéger.

L’oesophage au-dessus de la lésion est souvent dilaté et siège de rétention alimentaire.

Le cancer de l’oesophage s’observe presque toujours chez un homme âgé de 50 à 70 ans. L’alcoolisme et surtout l’absorption d’alcools purs et de qualité médiocre (eaux-de-vie) jouent certainement un rôle prédisposant en irritant localement la muqueuse.

y Symptômes. Les signes de début

sont une gêne passagère à la déglutition, des douleurs thoraciques

simulant l’angine de poitrine. Les éructations douloureuses sont trop fréquemment négligées ; en effet la dysphagie (difficulté à avaler) est souvent le premier signe qui inquiète et elle indique déjà une tumeur évoluée.

L’examen radiologique montre un

arrêt de la bouillie barytée, une image lacunaire, circulaire ou latérale, une rigidité segmentaire, une dilatation de l’oesophage au-dessus du point suspect.

L’oesophagoscopie révèle l’absence de souplesse de la paroi oesophagienne,

montre une zone muqueuse anormale, ulcérée, bourgeonnante, hémorragique.

Elle permet de faire un prélèvement biopsique et d’affirmer le diagnostic.

Des métastases peuvent se constituer comme dans les autres cancers digestifs. Elles sont plus souvent observées depuis que le traitement chirurgical permet des survies prolongées.

y Traitement. La chirurgie seule permet d’enlever la lésion et d’espérer une survie prolongée.

1. Les tumeurs de l’oesophage infé-

rieur sont justiciables d’une résection gastrique et oesophagienne, suivie d’une anastomose immédiate oeso-gastrique faite par voie thoracique ou thoraco-abdominale.

2. Les tumeurs de l’oesophage moyen peuvent être abordées par voie thoracique gauche ou par voie thoracique droite. Dans ces deux techniques, la continuité est rétablie par une anastomose oeso-gastrique haute dans le thorax. L’opération de Torek consiste en une amputation sans rétablissement de la continuité. L’oesophage sous-pharyngé est mis à la peau du cou. Une gastrostomie assure alors la nutrition.

3. Les tumeurs de l’oesophage cervical, envahissant très souvent le larynx, peuvent obliger à une amputation en bloc de l’oesophage et du larynx.

La radiothérapie offre une ressource complémentaire. Si l’irradiation avant l’opération n’a pas donné de résultats satisfaisants, elle peut être utile après l’intervention. Elle permet à elle seule, dans certaines formes, des survies de plus de dix-huit mois.

La gastrostomie simple reste tou-

jours nécessaire pour pouvoir nourrir les sujets atteints d’un cancer de l’oesophage inextirpable et empêchant toute alimentation.

J. P.

J. Terracol, les Maladies de l’oesophage (Masson, 1938 ; 2e éd., 1951). / M. Brombart, la Radiologie clinique de l’oesophage (Masson, 1956). / R. W. Postlethwait, Surgery of the OEso-phagus (Springfield, Illinois, 1961).