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rone qui s’ensuit provoque une régression des structures utérines établies

durant les phases folliculaire et surtout lutéinique. Ce phénomène très général s’accompagne, chez certaines espèces, dont l’espèce humaine, d’un écoulement sanguin provenant de la rupture des vaisseaux du chorion (de 60 à 65 g en moyenne, chez la Femme, de sang incoagulable). Ce sont les règles, ou menstrues (v. menstruation). Notons que la seule chute du taux de folliculine dans le sang suffit pour provoquer la menstruation. D’ailleurs, physiologiquement, il se produit des cycles ovariens sans ponte ovulaire ni formation de corps jaune, ce qui n’empêche nullement les règles de se produire. L’uté-

rus semble donc subir une variation périodique et cyclique de sa sensibilité à la folliculine. Cette variation ne se fait pas sentir à dose élevée, mais seulement à faible dose, et paraît être sous la dépendance de la corticosurrénale.

y Cycle vaginal. Il est surtout visible chez les Rongeurs (Souris par exemple). Par frottis vaginaux, on met en évidence qu’au moment de l’ovulation l’épithélium vaginal est épais, que sa surface est kératinisée et se détache en plaques.

Après l’ovulation, par contre, il y a régression des cellules kératinisées (présence de globules blancs qui font disparaître ces cellules épithéliales).

Cela explique que, pendant la phase folliculaire, l’épithélium vaginal, redevenu mince (nombreux globules blancs dans les frottis), s’épaississe de nouveau.

Évolution cyclique de l’ensemble

de l’organisme

Il serait inexact de penser que le jeu hormonal hypophyso-ovarien n’a d’effets que sur l’appareil génital. Tout l’organisme en subit les conséquences.

Nous savons que les caractères

sexuels femelles (taille, forme du corps, seins, pilosité, voix, etc.) sont sous la dépendance des hormones hypophysaires et ovariennes. Mais, en fait, ce sont toutes les cellules qui sont influencées par leur présence. C’est ainsi que l’on assiste, au cours du cycle oestral, à une variation sensible du mé-

tabolisme, ce qui se traduit par une va-

riation de la température centrale. Chez la Femme, par exemple, la température rectale matinale reste généralement inférieure à 37 °C (entre 36,5 et 37 °C) pendant la phase folliculaire, avec un minimum au moment de l’ovulation, et devient brutalement supérieure à 37 °C (de 37 à 37,5 °C) dès le début de la phase lutéinique. Elle redeviendra progressivement inférieure à 37 °C

pendant les règles.

Cycle oestral et

comportement

N’oublions pas que oestrus veut dire

« rut »... Chez la femelle en général, la période qui précède juste la ponte ovulaire et sa suite immédiate est caracté-

risée par un comportement particulier de l’animal : démonstration vis-à-vis downloadModeText.vue.download 452 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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du mâle, attitudes permettant l’accouplement et finalement acceptation de l’accouplement (chaleurs). Le rut ne se produit plus chez la femelle castrée.

Suivant les cas, la folliculine seule peut suffire pour provoquer l’oestrus (Lapine, Chatte). Chez le Cobaye, il faut conjointement la présence de progestérone. L’importance de ce comportement visible explique l’appellation de cycle oestral. L’oestrus en est le centre ; à la phase folliculaire correspond le préoestrus ; à la phase lutéinique le postoestrus.

Nous avons fait jusqu’ici une large part à l’aspect hormonal du cycle oestral. Or, outre les corrélations purement hormonales, existent des corrélations neurohormonales. L’importance indiscutable du système nerveux apparaît largement chez la Femme, où l’oestrus passe très largement inaperçu. Le cas de Femmes apparemment fécondées

à n’importe quelle période du cycle cadre d’ailleurs mal avec l’idée d’un ovocyte pondu à date fixe. Cela amène à penser que des afférences nerveuses peuvent déclencher la ponte. Rappe-lons qu’on distingue classiquement entre les espèces à ponte ovulaire provoquée par l’accouplement et celles où

cette ponte est, en première approximation, indépendante de l’accouplement.

Dans le premier cas, celui de la Lapine par exemple, la ponte ovocytaire n’est pas spontanée, ce sont les excitations neuropsychiques provoquées par l’introduction du pénis dans le vagin qui la déclenchent. Dans le second cas, celui de la Femme, la ponte est normalement spontanée, comme nous l’avons vu, et réglée par le jeu hormonal. Mais est-ce une absolue certitude ? Comme chez l’animal, l’hypothalamus est le centre des manifestations émotives. Celles-ci peuvent provenir de nos organes des sens périphériques, mais aussi de nos récepteurs génitaux responsables de la volupté. Ainsi peut naître le besoin sexuel, qui conduit normalement jusqu’à l’accouplement. Lors de celui-ci, l’excitation hypothalamique peut aller jusqu’à l’orgasme. Or on sait les rapports qui existent entre hypothalamus et hypophyse : les sécrétions hypophysaires sont sous la dépendance directe ou indirecte de l’hypothalamus.

On conçoit dès lors que toute action sur l’hypothalamus puisse avoir un effet sur les sécrétions hypophysaires.

Il est à noter que le cerveau, en particulier dans la région du rhinencéphale, ou cerveau primitif, est un grand régulateur des émotions. De surcroît, les régions génitales ont leurs représentation cérébrale au niveau de la zone pariétale ascendante du cerveau. Ainsi, tous les messages sensitifs sexuels gagnent cette zone, où ils peuvent devenir conscients. On comprend dès lors que chez la Femme le comportement sexuel instinctif soit très atténué par l’éducation. On comprend aussi que le cycle oestral puisse subir des modifications sensibles à partir d’afférences sensitives ou du moins que, s’il n’échappe jamais lui-même au jeu hormonal, la ponte ovocytaire, elle, puisse dépendre largement de l’influence des messages génitaux.

Cycle oestral et

rythmes biologiques

On peut se poser la question de savoir à quoi correspond la durée du cycle oestral chez la Femme. Ce qui est certain, en tout cas, c’est qu’on a là un exemple d’horloge biologique. Son fonctionne-

ment, nous l’avons vu, est hormonal.

Il n’existe pratiquement pas de période de repos entre deux cycles. Le premier jour des règles correspond à la fois au premier jour du nouveau cycle et au dernier jour du cycle précédent. Il n’en va pas de même chez tous les Mammifères. On note parfois un arrêt à la fin du cycle, qui ne reprend alors qu’après quelques jours, parfois cinq à six mois (Chienne ou Brebis), voire une année (Chauve-Souris).

Le rythme biologique propre à l’animal (durée du cycle oestral) est lui-même soumis à une périodicité d’ordre extérieur à l’être vivant, à l’influence en particulier de la durée du jour par rapport à celle de la nuit. Chez le Furet, bien qu’il s’agisse d’un animal hiber-nant, un éclairage artificiel durant les mois de novembre et de décembre

suffit pour provoquer les diverses manifestations d’une activité sexuelle.

Privé d’hypophyse, ce même animal ne réagit pas à l’éclairage. Cette action montre bien les conséquences d’une excitation externe — ici visuelle — sur l’hypophyse. Car, en définitive, ce sont les sécrétions hypophysaires qui sont seules directement influencées par le milieu extérieur au point de cesser ou de reprendre en fonction des conditions de ce dernier.

Cycle oestral et

contraception chez la

Femme

Méthodes fondées sur la

modification de la physiologie de la Femme durant le cycle

Il s’agit là de la méthode dite « des températures ». Comme nous l’avons vu, cette période cruciale qu’est l’ovulation est suivie d’une brusque augmentation de la température, traduisant une variation du métabolisme. Toutefois, cette variation est faible (quelques dixièmes de degré) et parfois difficilement détectable. L’ovulation est aussi parfois précédée de phénomènes congestifs des seins et des organes gé-