nitaux. Certaines Femmes vivent alors une petite crise de quelques heures à un ou deux jours, qui n’est pas sans rappeler la menstruation, d’autant qu’elle
peut s’accompagner d’une faible hé-
morragie (quelques gouttes de sang).
Sauf la température, ces symptômes, qui indiqueraient avec précision la date de l’ovulation, ne sont pas discernés dans neuf cas sur dix.
Méthode tenant compte du cycle
ovarien (méthode Ogino)
Cette méthode, plus ou moins statistique, consiste à prévoir la date de l’ovulation sur l’étude des douze cycles précédents. C’est, bien sûr, vouloir ramener l’ovulation à un simple phéno-mène hormonal, hors de tout contexte.
La contraception chimique
On sait depuis longtemps que l’administration par voie orale de progesté-
rone ou d’oestrogène (dont, notamment, la folliculine) empêche, chez la Femme, l’ovulation. En effet, la présence de ces substances dans l’organisme bloque la sécrétion des stimulines hypophysaires (folliculo-stimuline et hormone lutéinisante) suivant un processus que nous avons expliqué ci-dessus. Mais cette administration était fort mal supportée par les Femmes. Jusqu’au jour où le biologiste américain Gregory Good-win Pincus (1955) établit que l’association à la progestérone de faibles doses de folliculine suffisait à supprimer les malaises. La « pilule » était née. Constituée donc de progestatifs et d’oestrogènes de synthèse, sa composition varie suivant les laboratoires.
Elle doit être prise tous les soirs du 5e au 22e jour du cycle. L’interruption, durant une semaine, de l’administration permet le déroulement des règles downloadModeText.vue.download 453 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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(privation hormonale), donc le début d’un nouveau cycle.
Toutes les autres méthodes contraceptives consistent soit à empêcher la rencontre des gamètes, soit à gêner la nidation de l’oeuf.
L’âge et le cycle ovarien
Le premier cycle oestral débute avec la puberté chez l’animal comme chez la Femme, qui deviennent alors sexuelle-ment adultes. Il débute avec l’apparition de caractères sexuels secondaires, l’un et les autres étant sous la dépendance du jeu hormonal hypophyso-ovarien. On ignore sous quelle influence se produit la sécrétion qui déclenche la puberté. Chez la jeune fille, pendant quelque temps, on voit fréquemment se dérouler des cycles sans corps jaune et sans ovulation, le follicule dégénérant avant d’éclater. Néanmoins, les règles se produisent.
Le fonctionnement ovarien cesse
aux environs de quarante-cinq à cinquante-cinq ans. C’est la ménopause*.
On serait tenté d’attribuer cet arrêt à une baisse de la sécrétion des stimulines hypophysaires. Il n’en est rien.
En effet, après que le cycle ovarien a cessé, on constate même un accroissement du taux des gonadostimulines dans le sang, ce qui s’explique par l’arrêt des sécrétions ovariennes (plus de feed-back). Ainsi, il semble plus plausible de penser que l’ovaire, à un moment donné, cesse d’être sensible aux hormones hypophysaires. Pourtant, si l’on greffe un ovaire de vieille Chienne sur une jeune Chienne, on constate qu’ovulation et fécondation peuvent avoir lieu.
Quoi qu’il en soit, l’arrêt du fonctionnement ovarien n’est jamais brutal ; il apparaît d’abord plus souvent des cycles sans ovulation et néanmoins avec règles, ce qui explique que l’infé-
condité puisse précéder la ménopause.
L’arrêt des sécrétions ovariennes n’a, en général, que peu de consé-
quences sur les autres caractères sexuels secondaires de la Femme. Le plus grand danger (virilisation) semble venir des glandes surrénales, qui sé-
crètent toujours, à faible dose, des hormones androgènes.
J. Ph.
F Contraception / Femelle / Gamète / Hormone
/ Hypophyse / Ménopause / Menstruation / Reproduction / Sexe / Sexualisation.
oestrogènes
F HORMONE.
oeuf
Cellule particulière, relativement volumineuse normalement immobile, à cytoplasme plus ou moins riche en réserves alimentaires (vitellus), à gros noyau (vésicule germinale), entourée de plusieurs enveloppes élaborées par l’ovaire et l’oviducte.
Elle s’édifie dans l’organisme de la femelle et, après ponte et fécondation, elle donnera naissance à un nouvel individu de la même espèce.
Il faut remarquer qu’en biologie la dénomination oeuf désigne tantôt le gamète femelle mûr prêt à être fécondé (ovule ou oeuf vierge à n chromosomes), tantôt l’oeuf fécondé (zygote à 2n chromosomes) prêt à se segmenter. Pour éviter toute imprécision, nous utiliserons le terme oeuf dans le sens d’ovule, et l’oeuf fécondé sera désigné par zygote.
Aspect extérieur
Les oeufs présentent une grande diversité dans la forme, l’aspect, les dimensions, l’abondance. Cylindriques, ovoïdes, sphéroïdes, ils sont pondus isolés ou groupés dans une enveloppe commune ou constituent une grappe (Seiche). Certains oeufs sont transparents (Oursins, Poissons) ; d’autres possèdent une coque lisse et rigide (oothèques d’Insectes) ou une coquille parcheminée (Reptiles) ou calcifiée (Oiseaux) ou sont enfermés dans un cocon soyeux (Araignées) ; les oeufs de certains Gastropodes sont enrobés dans un cordon muqueux ; ceux des Amphibiens Anoures sont entourés
d’une gangue gélatineuse. Des oeufs sont pondus dans le milieu ambiant, alors que d’autres demeurent fixés sur les pattes (Crustacés) ou sont portés sur le dos ; certains sont couvés jusqu’à l’éclosion.
Dimensions des oeufs
Les dimensions des ovules ne pré-
sentent aucun rapport avec celles des femelles qui les pondent ; seule intervient la quantité de vitellus contenue
dans l’oeuf. Voici les dimensions des oeufs de quelques espèces animales : Chez les Oiseaux, où le vitellus est fort abondant, le poids des oeufs pondus est très important par rapport au poids de l’animal ; par exemple, une Poule pondeuse Leghorn pond environ 200 oeufs dans l’année, ce qui repré-
sente 11 kg d’oeufs (un oeuf pèse 55 g) alors que la Poule pèse environ 2,5 kg.
Nombre d’oeufs
La production des oeufs, sans égaler celle des spermatozoïdes, est cependant fort abondante ; les Poissons marins pondent plusieurs millions d’oeufs à chaque saison ; la Grenouille pond de 2 000 à 4 000 oeufs par an, mais beaucoup d’oeufs ne se développent pas. La prolifération des oeufs est fonction de leur vulnérabilité. Les chances de survie étant beaucoup plus réduites dans la mer que dans les rivières, les Poissons de mer pondent un nombre d’oeufs bien supérieur à celui des Poissons de rivière.
Une Poule de race sélectionnée pond au maximum 1 000 oeufs, alors que son ovaire contenait près de 100 000 ovocytes : la plupart d’entre eux se résorbent.
Pendant la vie sexuelle de la Femme, on estime que de 400 à 500 ovocytes seront ovules, alors que les deux ovaires d’une fillette à sa naissance contenaient plusieurs centaines de milliers d’ovocytes. Chez les Mammifères, le jeune étant très protégé, la ponte ovulaire est réduite à un oeuf.
Caractères particuliers
Dans l’oeuf porteur du nombre haploïde de chromosomes se manifestent trois phénomènes principaux : évolution nucléaire, formation du vitellus et formation des membranes.
L’évolution nucléaire
L’évolution nucléaire dans divers groupes (Oursins, certains Mollusques, Insectes, certains Poissons, Amphibiens...) se traduit par une déspiralisa-tion des chromosomes, qui acquièrent
un aspect plumeux en écouvillon (chromosome lampbrush) caractéristique. Dans ces chromosomes, diverses techniques ont permis de préciser la localisation de l’A. D. N. et de l’A. R. N.
Les petits oeufs (Oursins) possèdent un seul gros nucléole, alors que les gros oeufs (Arthropodes, Vertébrés sauf Mammifères) contiennent de nombreux nucléoles ; ils se déplacent vers la membrane nucléaire ; leur substance passe, par les pores de la membrane nucléaire, dans le cytoplasme, où elle participerait à la formation du vitellus.