L’accroissement de l’ovocyte est
rapide une semaine avant l’ovulation ; chez la Poule, son poids passe de 0,2 g à près de 16 g, le diamètre augmente chaque jour de 4 mm. La croissance est continue ; pendant la nuit, le vitellus, contenant davantage de protéines et d’eau que de lipides, forme des couches minces de vitellus clair ; dans la journée, l’alimentation apporte des lipides et des pigments caroténoïdes ; il se dépose alors des couches épaisses de vitellus jaune. En coupe, le jaune est formé de couches alternativement foncées et claires ; les substances de réserve nécessaires sont synthétisées extérieurement à l’ovaire ; le foie y participe grandement chez les Oiseaux.
Dans la partie centrale, où se trouvait la vésicule germinative, le premier vitellus clair élaboré forme la latebra.
La vésicule germinative, entourée d’un peu de cytoplasme pur, étant plus lé-
gère, glisse vers la surface de l’oeuf ; l’ensemble constituera la cicatricule, ou disque germinatif. La trace de ce dé-
placement est marquée par une traînée depuis la latebra jusqu’à un épaississement, le noyau de Pander. L’oeuf est entouré d’une mince membrane vitelline de 25 μ d’épaisseur.
La Poule ne possède qu’un ovaire
et un oviducte, du côté gauche. Entre l’ovulation, ou émission de l’ovule, et
la ponte s’écoulent de 24 à 26 heures, pendant lesquelles se formeront les membranes et coquilles de l’oeuf.
L’oviducte de Poule présente plusieurs régions ayant chacune un rôle précis :
— le pavillon, qui reçoit l’oeuf émis ;
— le magnum, région contournée et glandulaire (l’oeuf y entre selon un grand axe et y demeure 3 heures ; il s’y entoure de fibres de mucine et d’albumen très dense ; la couche de blanc qui se forme ainsi est plus mince en direction du cloaque ; ce sera le petit bout de l’oeuf) ;
— l’isthme, moins contourné, qui
reçoit l’oeuf durant 1 heure, pendant laquelle se déposent les fibres de ké-
ratine qui formeront la double membrane coquillière ; la forme de l’oeuf est acquise ;
— l’utérus, sorte de poche dilatée où l’oeuf séjournera de 20 à 22 heures ; il baigne dans une solution aqueuse de sels minéraux et double de volume ; au bout de 7 heures, la coquille s’édifie ;
— le vagin, qui termine l’oviducte et débouche dans le cloaque.
L’oeuf pondu comprend donc trois
éléments.
1. Le jaune, ou ovule (30 p. 100 du poids de l’oeuf), est entouré d’une membrane vitelline portant à sa surface la cicatricule où s’effectue le développement.
2. Le blanc, ou albumen (60 p. 100 du poids de l’oeuf), est formé d’un albumen liquide entourant le jaune sous la membrane coquillière, excepté aux deux bouts, et d’un albumen moins fluide adhérant aux deux bouts à la membrane coquillière. L’enroulement des chalazes, tortillons fibrillaires de downloadModeText.vue.download 455 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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mucine, qui maintiennent le jaune sur le blanc, prouve que pendant la descente l’oeuf tourne sur lui-même selon son grand axe. Les chalazes se prolongent par une membrane chalazifère autour de la membrane vitelline.
3. La coquille (10 p. 100 du poids de l’oeuf) est constituée de cristaux de calcite ; la membrane coquillière, sous la coquille, se dédouble au gros bout de l’oeuf, ainsi se forme la chambre à air. L’oeuf d’Oiseau enfermé dans sa coquille forme un système clos dépendant du milieu extérieur seulement pour les échanges gazeux. La polarité de l’oeuf d’Oiseau est très marquée.
OEuf d’Insecte
L’oeuf est ovale, entouré d’une coque rigide, le chorion, percé d’un ou de plusieurs micropyles disposés à l’ex-trémité antérieure. Le cytoplasme périphérique comprend le périplasme, une couche mince, et l’ooplasme,
sorte de réseau dans les mailles duquel se trouve le vitellus. Le noyau est au centre de l’oeuf ou au voisinage.
Survie des oeufs
La durée de vie d’un oeuf est limitée ; elle est de l’ordre de quelques secondes à quelques minutes chez les animaux aquatiques ; la durée maximale, de 3
à 4 heures, s’observe chez les Ascidies (Tuniciers). Une modification chimique faible (diminution du pH ou du taux de calcium) peut accroître la durée de survie avant la fécondation ; les oeufs d’Oursins vivent cinq fois plus longtemps dans l’eau de mer sté-
rile. Le vieillissement de l’oeuf entraîne une destruction superficielle ; l’adénosine triphosphate à faible concentration prolonge la survie et entretient les oeufs âgés ; une source d’énergie semble donc favorable à la prolongation de la vie de l’oeuf ; le vieillissement de l’oeuf serait dû au manque de synthèse d’un transporteur d’énergie.
Cette sénescence rapide de l’oeuf exige que la fécondation s’effectue dès l’ovulation ; chez certains Poissons, les Reptiles, les Oiseaux, la fécondation doit se faire dans les minutes qui suivent l’ovulation. L’oeuf des Mammifères doit en général être fécondé dans la journée de l’ovulation ; les dé-
lais de fécondation sont de 2 à 4 heures pour le Jument, de 4 à 8 heures pour la Souris, d’une dizaine d’heures pour la Ratte, de 24 heures ou même moins pour la Femme ; chez la Chienne, le
délai, notablement plus long, pourrait atteindre plusieurs jours, peut-être une semaine.
Par suite de cette fragilité, la conservation des oeufs en vue de transplantation est plus difficile que celle des spermatozoïdes, qui conservent plus longtemps leur vitalité.
Caractères généraux de
l’oeuf
L’oeuf vierge, ou ovule, est un gamète ayant des caractères cytologiques spé-
ciaux : réduction chromatique, aptitude à s’associer avec le gamète mâle et à subir après fécondation les diverses phases du développement ontogéné-
tique ; la présence de vitellus marque une activité cytoplasmique importante ; elle conditionne les dimensions volumineuses de l’oeuf ; la disproportion entre l’oeuf vierge et le spermatozoïde est caractéristique ; le volume de l’oeuf de Grenouille représente 300 millions de fois celui du spermatozoïde ; dans l’espèce humaine, où l’oeuf est cependant à peu près dépourvu de vitellus, son volume correspond à 10 000 fois celui du spermatozoïde. L’hétérogé-
néité du cytoplasme permet de distinguer un cytoplasme cortical, responsable des échanges avec le milieu, différant par sa structure et sa nature chimique du cytoplasme profond, qui renferme des éléments ayant des propriétés morphogénétiques différentes, marquées par une pigmentation ou une composition chimique particulières, acide ribonucléique, plaquettes vitellines, granulations diverses répartis en gradients. Certains oeufs (Nématodes, Oursins, Amphibiens) contiennent
dans leur cytoplasme une grande
quantité d’acide désoxyribonucléique (A. D. N.) ; elle est estimée équivalente à l’A. D. N. nucléaire de 3 900 à 25 000 cellules diploïdes ; cet A. D. N.
sera utilisé après la fécondation, au moment où des divisions très rapides s’effectuent.
Cette hétérogénéité entraîne la polarité de l’oeuf, qui se traduit par des marques visibles : coloration des oeufs d’Amphibiens, morphologie externe des oeufs d’Insectes. L’axe de polarité permet de définir un pôle animal et un pôle végétatif.
L’oeuf, apparemment homogène avec des hétérogénéités locales, est relativement simple par rapport à l’adulte auquel il donne naissance. Mais il possède une structure chimique extrêmement complexe qui n’est pas encore parfaitement connue.
OEufs « en mosaïque » et
oeufs « à régulation »
Nous ne saurions négliger deux autres catégories d’oeufs, mais, cette fois, il s’agit d’oeufs fécondés. Tous les oeufs fécondés ne se comportent pas rigoureusement de la même façon au cours du développement ontogénétique.