agricoles. Mais on peut admettre que pour la généralité des produits industriels l’effet de substitution l’emporte sur l’effet de revenu.
Offre inélastique, offre
élastique, offre rigide
En réalité, la quantité offerte ne réagit pas toujours à une variation du prix, si bien que l’on a pu distinguer une offre totalement inélastique, élastique ou rigide.
L’offre totalement inélastique correspond au cas de biens dont il est impossible d’augmenter la quantité pour des raisons matérielles (cas d’un tableau unique en son genre) : la vente aura lieu ou non suivant que le vendeur éventuel considérera ou non que le prix proposé est intéressant pour lui (compte tenu du caractère plus ou moins pressant de son besoin d’argent).
L’offre élastique correspond au cas des biens que le vendeur éventuel peut conserver par devers lui (stocker) sans supporter de coût prohibitif de stockage : valeurs mobilières négociées à la Bourse, denrées non périssables et peu encombrantes. Une faible baisse du prix de ces biens incitera les of-freurs éventuels à se retirer du marché en attendant des jours meilleurs ; une faible hausse incitera les détenteurs de ces biens à en offrir davantage, en puisant dans leurs stocks.
L’offre rigide (mais non totalement) correspond au cas des biens non stoc-kables ou dont le coût du stockage est élevé. Les détenteurs de ces biens ré-
duiront peu leur offre si le prix baisse, car le fait de ne pas vendre entraîne des pertes importantes (denrées périssables ou encombrantes). Comme il y a, pour cette raison, peu de stocks, la hausse du prix ne fera pas davantage augmenter l’offre.
Si la demande se trouve en hausse, l’entrepreneur devra augmenter la production* pour la satisfaire. La production répondra plus ou moins, suivant la facilité avec laquelle les firmes pourront accroître les quantités de facteurs qu’elles utilisent et suivant le rendement de la combinaison productive face à cet accroissement. Ce sont alors
les coûts de production qui deviennent l’élément déterminant de la décision de l’entrepreneur quant au volume de la production, c’est-à-dire des possibilités techniques ou matérielles d’accroître l’offre.
Les rapports de l’offre
et du coût
En raison du rôle joué par le coût, l’offre des biens ne dépend pas seulement d’éléments psychologiques, comme la demande ; elle est fortement déterminée en réalité par des éléments techniques ; ce n’est pas la plus ou moins grande utilité du bien qui guide le vendeur, mais son coût, c’est-à-dire ce que le bien lui a coûté à fabriquer s’il s’agit d’un industriel, à acheter s’il s’agit d’un intermédiaire.
Sur le moment, le coût dépend des quantités de facteurs utilisés et du prix de chaque facteur. En courte période, l’offre ne peut guère varier si la capacité de production est utilisée à plein ; elle ne pourra donc être augmentée que dans la mesure où une marge d’inutilisation de cette capacité subsiste ; dans ce cas, l’emploi d’une main-d’oeuvre supplémentaire pourra conduire à une augmentation de l’offre.
En longue période, l’augmentation de l’offre pour satisfaire une demande en hausse ne pourra être obtenue que si l’entrepreneur investit davantage afin de moderniser ou d’agrandir ses installations et de développer ainsi sa capacité de production. S’il le fait, il aura procédé à ce que l’analyse économique appelle un ajustement de
longue période : la firme aura pris une nouvelle dimension, souvent plus importante qui lui permet de bénéficier d’économies d’échelle propres à abaisser le prix de revient, et à l’intérieur de laquelle l’entrepreneur pourra faire varier sa production en employant, sur un capital acru, un nombre plus ou moins grand de travailleurs.
G. R.
F Demande.
offset
Procédé d’impression par double décalque d’encre. C’est un procédé d’impression indirecte : la forme d’impression, plaque enroulée sur un cylindre, décalque son image sur un second cylindre garni d’un blanchet en caoutchouc, qui, à son tour, la décalque sur le papier porté par un troisième cylindre.
Historique
Vers 1860, des imprimeurs litho-
graphes français se servirent du dé-
calque intermédiaire sur caoutchouc pour imprimer sur métal, et, en 1884, le Français Hippolyte Marinoni (1823-1904) prit un brevet pour une machine roto-litho. Mais le procédé semblait réservé à l’impression sur métal et se heurtait, pour l’impression sur papier, à la réticence des lithographes. En 1904, l’Américain Ira W. Rubel constata qu’en faisant un tour sans feuille sur le cylindre de sa presse litho, l’encre décalquée sur l’habillage en caoutchouc du cylindre donnait une image très convenable au verso de la feuille suivante. Il fit alors construire pour ce nouveau genre d’impression une presse à trois cylindres. L’appellation offset, qui signifie « décalque », a été conservée et adoptée en particulier en France et en Allemagne, les Anglo-Saxons conservant souvent encore l’appellation du procédé d’origine, lithography, ou bien disant offset-litho. Par extension, le terme offset est employé en France non seulement pour l’impression, mais pour l’ensemble du procédé, y compris la confection des formes d’impression et la préparation des élé-
ments de ces formes par des méthodes adaptées de celles de la lithographie et de la photogravure. L’offset est dérivé de la lithographie et, comme elle, est fondé sur l’antagonisme entre l’eau et l’encre. Les parties non imprimantes
de la plaque, qui ont été mouillées, repoussent l’encre ; les parties consti-downloadModeText.vue.download 458 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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tuant l’image imprimante, grasses, repoussent l’eau et acceptent l’encre.
Confection des plaques
d’impression
La confection des plaques offset peut se faire suivant toutes les méthodes de la lithographie, dessin direct ou report. Elle se fait principalement par copie photomécanique. La surface de la plaque est recouverte d’une couche sensible et on y copie des films ou des épreuves sur support transparent. Il faut distinguer les procédés de copie positive, où l’on copie des positifs, et ceux de copie négative, où l’on copie des négatifs. Après développement de l’image copiée et préparation de la surface, on obtient la plaque prête pour l’impression, sur laquelle les parties imprimantes ou non imprimantes sont pratiquement au même niveau.
Les textes sont généralement obtenus par les méthodes de composition : on tire des épreuves sur Cellophane ou sur plastique mince de la composition en plomb, ou bien on emploie directement les films fournis par la composition photographique. On peut aussi utiliser l’un des procédés de conversion permettant d’obtenir, à partir de composition plomb ou de clichés typo-graphiques, des films offset. Enfin, on peut photographier un texte dessiné.
Les films des illustrations sont obtenus d’après les techniques de la photogravure. L’offsetiste les appelle des typons, du nom de la fabrique de maté-
riaux photographiques qui, la première, a fourni des films pour cet usage.
L’assemblage des films des illustrations et des épreuves des textes constitue le montage et correspond à la mise en pages et à l’imposition en typographie. Juxtaposant sur la feuille support de montage des éléments minces et qu’il peut facilement découper, le
monteur offset peut donner satisfaction dans une large mesure aux désirs de présentation du maquettiste. Le montage peut être copié en une seule fois sur la plaque entière, ou bien un montage partiel peut être copié plusieurs fois sur une même plaque : c’est le cas des prospectus, des dépliants, des cartes de petit format. Il existe pour cela des machines à copier en répétition, dont certaines sont programmées et commandées par bandes perforées.