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siteur, sans jamais adopter la mé-

thode sérielle (qu’il considère comme trop intellectuelle), subira pourtant l’influence du climat sonore postwé-

bernien qui viendra enrichir sa pensée modale ; notamment dans Signes (1965), vaste fresque en six parties, et dans Synaxis (1965-66), qui mérite une mention particulière, non seulement parce que cette pièce pour deux pianos, percussion et orchestre voit disparaître la notion tonale-modale, mais surtout parce qu’elle manifeste un sentiment très original de la forme ; en effet, l’idée de symétrie ne joue pour ainsi dire plus sur des éléments thématiques, mais plutôt sur des aspects évidents de la matière sonore : tessiture (suraiguë, médiane, grave), allures déterminées par le tempo, le caractère rythmique, les autres éléments (timbres, densités, groupements harmoniques) constituant à l’intérieur de ces aspects primordiaux des moyens de variation. En 1968, Cris, pour douze voix mixtes, étendra à l’ensemble vocal l’emploi des tiers de tons. Cette partition évoquera à la fin le souvenir funeste des camps de la mort, en un style non pas superficiellement réaliste, ainsi que l’ont fait certains auteurs, mais foncièrement musical.

L’art de Maurice Ohana, d’un grand relief sonore, est profondément, authentiquement original.

Les oeuvres principales

d’Ohana

y théâtre : Autodafé, opéra (1971-72) ; Prométhée, ballet (1956) ; Syllabaire pour Phèdre, opéra de chambre (1967) ;

musiques de scène, dont Images de Don Quichotte (1956) ; musiques de radio et de films.

y orchestre : concerto pour guitare et orchestre (Trois Graphiques, 1950-1957) ; Tombeau de Claude Debussy (avec soprano, cithare et piano, 1962) ; Synaxis (avec 2 pianos, 1965-66) ; Chiffres de clavecin (avec clavecin, 1967-68) ; Silenciaire (6 percussions et cordes, 1969).

y oratorios et cantates : Llanto por Ignacio Sánchez Mejias (1950) ; Cantigas (1953-54) ; Récit de l’an zéro (1958-59).

y musique de chambre : Études choré-

graphiques (6 percussions, 1955) ; Cinq Sé-

quences (quatuor à cordes, 1963) ; Signes (7 exécutants, 1965) ; Neumes (hautbois et piano, 1965) ; Syrtes (violoncelle et piano, 1970).

y instruments solistes : PIANO : 3 Caprices (1944-1948) ; Sonatine monodique (1945) ; Sôron-Ngô (2 pianos, 1969) ; 24 préludes (1972-73). GUITARE : Tiento (1955) ; Si le jour paraît (1963-64). CLAVECIN : Carillons (1960).

FLÛTE : 4 improvisations (1961).

y musique vocale : Sibylle (soprano et percussion, 1968) ; Cris (12 voix a cappella, 1968) ; Stream (basse et trio à cordes, 1970).

H. H.

R. S.

Ohio

État américain de la région des Grands Lacs ; 106 765 km 2 ; 10 652 000 hab.

Capit. Columbus.

Le tiers oriental fait partie du plateau appalachien. Une vieille surface d’érosion a été rajeunie par les vallées encaissées de cours d’eau tributaires du Mississippi (Ohio et ses affluents) ou du lac Érié ; aussi la topographie est-elle très accidentée dans le détail.

La partie sud-ouest comprend :

les Old Drift Flats, plaines de dépôts glaciaires anciens, riches en éléments calcaires, au sud ; les larges vallées d’écoulement glaciaire du Miami et de la Scioto, au centre ; les moraines qui

ont enseveli les vallées préglaciaires orientées vers l’ouest, plus au nord.

La vaste plaine du lac glaciaire

Maumee (ancêtre d’un lac Érié plus étendu vers le sud-ouest) occupe le nord-ouest ; elle se réduit à une étroite plaine littorale vers l’est (de Lorain à Conneaut).

Avec des variantes dues à la latitude et à l’altitude, le climat est de type continental à hiver modéré (– 1 °C en janv. à Columbus), été chaud (moyenne de juill. à Columbus, 23,8 °C avec un maximum moyen de 30,5 °C) et pluies en toutes saisons (930 mm à Columbus) avec maximum en mai, juin, juillet. Sur les dépôts glaciaires, ce climat a permis le développement, sous couvert de feuillus, de sols podzoliques gris-brun de bonne qualité agronomique, tandis que les sols pauvres, podzolisés, dominent sur le plateau appalachien.

Colonisé à partir de la fin du XVIIIe s., État en 1803, l’Ohio constitua, avec l’Indiana, le premier Corn Belt. Il n’occupe plus que la partie orientale du Corn Belt actuel. La culture du maïs le place au sixième rang pour la production et la superficie (au troisième pour le rendement), et l’élevage laitier, stimulé par l’expansion urbaine, au huitième. On cultive fruits et légumes dans la plaine lacustre. La polyculture archaïque de la région appalachienne est en cours de reconversion. L’agriculture ne représente plus cependant qu’une activité mineure : 2,3 p. 100

de la population s’y consacrent ; le nombre des exploitations est tombé de 234 000 en 1940 à 111 000 en 1971, et le revenu des ventes et subventions n’atteint que 1,4 milliard de dollars.

Au sixième rang pour la population, l’Ohio occupe les toutes premières places dans le domaine industriel : la première pour l’extraction du calcaire destiné à l’agriculture et à la sidérurgie (4 Mt), la deuxième pour la construction mécanique (3,6 milliards de dollars de valeur ajoutée ; 200 000 emplois), la métallurgie primaire (2 milliards et 100 000 emplois pour le seul acier) et la métallurgie différenciée (2,5 milliards, 165 000 emplois), la troisième pour le matériel de transport (3 milliards de dollars et

190 000 emplois, dont 2,3 milliards et 133 000 emplois pour la construction automobile) et la production du coke métallurgique (9 Mt), la quatrième pour la construction électrique (2,5 milliards de dollars, 140 000 emplois) et la production d’électricité (98 TWh, plus de la moitié de la production française), la cinquième pour l’industrie chimique (1,3 milliard de dollars, 50 000 emplois) et l’extraction du charbon (50 Mt). Au total, une valeur de 27 milliards de dollars ajoutée par l’industrie et une production miné-

rale de 724 millions de dollars placent l’Ohio au troisième rang, après le New York et la Californie.

Les gisements de houille sont situés sur le plateau appalachien et prolongent ceux des États charbonniers voisins. Le calcaire est extrait sous les dépôts glaciaires, et le sel près du lac Érié. L’Ohio produit aussi un peu de pétrole et de gaz. La sidérurgie primaire est localisée, d’une part, à l’est, près du bassin houiller, à Youngstown-Warren (dix-sept hauts fourneaux), à Canton et Massillon, à Steubenville et plus à l’ouest à Portsmouth, d’autre part au sud-ouest, près de Cincinnati, à Middletown et New Miami, enfin sur les rives du lac Érié, à Toledo, Lorain (cinq) et Cleveland (onze).

La majeure partie des industries de transformation sont rassemblées dans les grands foyers urbains (le taux d’urbanisation s’élève à 75 p. 100 de la population). Cleveland* (2 064 000 hab.) forme avec Akron la conurbation du Greater Cleveland (3 070 025 hab.). On y rencontre tous les types d’industries ; outre la sidérurgie de base (40 000 emplois), la métallurgie différenciée (tré-

filerie, tuyaux, poutrelles ; 70 000 emplois), la construction mécanique (des machines de bureau aux machines-outils ; 70 000 emplois), celle du maté-

riel de transport (moteurs et parties d’avion, coques d’autos ; 65 000 emplois), le caoutchouc (50 000 emplois, notamment dans les quatre usines de pneus d’Akron), la construction électrique (33 000 emplois), l’édition, les industries chimiques et alimentaires, la confection. Avec 5,5 milliards de valeur ajoutée, le Grand Cleveland est le sixième centre industriel des

États-Unis.

L’aire métropolitaine de Cincinnati, débordant sur le Kentucky et l’Indiana, rassemble 1 385 000 habitants. La gamme de ses productions industrielles est très étendue : construction mécanique, matériel de transport, chimie, produits alimentaires (au total, 2,7 mil-downloadModeText.vue.download 462 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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liards de dollars de valeur ajoutée).

Cincinnati est aussi une place de commerce importante (siège de Kroger, le cinquième grand de la vente par correspondance, avec 650 millions de dollars de chiffre d’affaires). Toutefois, après avoir été au milieu du XIXe s. la plus grande ville et le principal noeud commercial à l’ouest des Appalaches, elle a vu son rôle contesté par le réseau des « villes centrales » (Indianapolis, Columbus, Dayton, Louisville), dont la croissance est plus rapide.