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Ce grand axe de l’Oise et ses ramifications connaissent un trafic important, fait naguère essentiellement du charbon du Nord-Pas-de-Calais acheminé vers Paris et des produits agricoles des plaines bordières (blé, betterave à sucre et sucre), mais beaucoup plus diversifié actuellement (matériaux de construction, produits agricoles et alimentaires, charbon, produits métallurgiques).

Les 10 Mt de ce trafic partagé à peu près également entre le canal du Nord et celui de Saint-Quentin font de cet axe la troisième voie fluviale française après la Basse-Seine et le grand canal d’Alsace ; la part importante du trafic international (plus de 60 p. 100) en fait aussi une grande voie européenne.

Or, des gênes nombreuses (gaba-

rit de 350 t seulement sur le canal de Saint-Quentin, de 800 t sur le récent canal du Nord, enfoncement insuffisant pour les gros convois sur l’Oise) ont suscité travaux et projets. L’Oise inférieure s’ouvre peu à peu aux gros convois poussés, qui, en 1974, doivent atteindre Creil, puis Compiègne.

La vallée moyenne et inférieure de l’Oise est ainsi devenue une vallée industrielle qui déborde sur les vallées voisines de l’Aisne et de la Somme.

Le charbon a été longtemps le grand moteur, créant la métallurgie lourde

(laminoirs de Montataire, aciérie de Beautor) et plus récemment des centrales thermiques puissantes (Beautor, Creil, Champagne-sur-Oise), mais

les constructions mécaniques l’emportent (autos à Montataire, cycles à Saint-Quentin, matériel de levage à Compiègne, équipement de bureau à Noyon). Les matériaux de construction, nés aussi du charbon et de la variété de l’environnement rocheux (sable, argile marneuse, craie, calcaire dur), produisent ciment (Origny-Sainte-Benoîte) ou pierre de taille (vallée de l’Aisne) et surtout verre avec Saint-Gobain à Thourotte. Les produits chimiques créés par le charbon (colorants près de Creil, soude à Chauny) sont maintenant très diversifiés (caoutchouc, savons, détergents) autour de Compiègne, puis à Soissons.

Ce couloir est donc un élément

important de l’économie française, d’autant plus que le sillon de l’Oise est emprunté par la liaison ferroviaire entre Paris et Bruxelles par Creil, Compiègne et Saint-Quentin et que le rail se glisse par la vallée de la Brèche vers Amiens et Lille ou Calais. Aussi, avec son demi-million d’habitants et ses agglomérations de Creil (79 000 hab.), Compiègne (61 000 hab.), Chauny-Tergnier-La Fère (environ 50 000 hab.), Saint-Quentin (77 000 hab.) et Soissons (49 000 hab.), cette région a-t-elle vu son aménagement, confié dès 1967 à downloadModeText.vue.download 464 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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l’O. R. E. A. V. (Organisation d’études pour l’aménagement des vallées de l’Oise et de l’Aisne), étendu depuis à toute la Picardie (O. R. E. A. P.).

J.-P. M.

F Aisne (départ.) / Oise (départ.) / Picardie.

R. Lazzarotti, l’Industrie et les complexes industriels dans la vallée de l’Oise (Imp. Jean, Gap, 1968).

Oise. 60

Départ. de la Région Picardie ;

5 857 km 2 ; 606 320 hab. Ch.-l. Beauvais. S.-préf. Compiègne (40 720 hab.), Clermont (8 679 hab.) et Senlis

(14 387 hab.).

Constitué essentiellement de l’Île-de-France, sauf le nord emprunté à la Picardie, le département forme une sorte de rectangle de 100 km

d’est en ouest sur 60 km du nord au sud. Le sud appartient à la Région parisienne sur le plan de l’urbanisme (cantons de Neuilly-en-Thelle, Creil, Montataire, Nogent-sur-Oise, Pont-Sainte-Maxence, Senlis, Chantilly, Nanteuil-le-Haudoin). Le nord-ouest et l’ouest sont formés de plateaux de craie, souvent doucement vallonnés et recouverts de limon comme en Picardie, sauf dans le pays de Bray, bombement éventré par l’érosion en une boutonnière N.-O. - S.-E. où de grasses argiles (Crétacé inférieur) entourent un pointement de calcaire jurassique. Vers l’est et le sud, l’Oise et ses affluents entaillent d’auges alluviales les plateaux tertiaires de calcaire dur parfois masqué de sables couverts de forêts. Au total, le relief demeure modéré (moins de 240 m sur le bord de la « fosse »

du Bray), et la plaine et le plateau dominent. Aussi le climat reste tempéré avec des précipitations (710 mm) réparties assez également.

L’agriculture occupe une faible

partie de la population active (moins de 12 p. 100), mais une vaste surface agricole utile (71 p. 100 du département) à côté d’un large domaine forestier (20 p. 100) : l’Oise est ainsi au deuxième rang en France pour la surface moyenne par exploitation

(plus de 50 ha). C’est le résultat d’une précocité d’évolution des structures d’exploitation due à la proximité et à l’influence de la Région parisienne et donnant à l’Oise une agriculture de pointe à grand souci de productivité.

Ainsi, l’Oise s’est lancée dès 1952

dans la production du maïs-grain, dont elle est aujourd’hui le plus gros producteur picard avec l’un des plus forts rendements français ; plus récemment, elle s’est tournée vers les légumes de plein champ, devenant un des grands secteurs de production du pois de conserve ; récemment, dans le sud-est, elle est venue au blé dur grâce à la

nuance continentale du climat déjà favorable au maïs-grain et, dans le nord, à l’endive, en liaison avec une plus grande fraîcheur humide. La betterave à sucre recule un peu devant le maïs, mais l’Oise reste un des grands départements betteraviers et sucriers. À côté de la culture proprement dite, l’élevage joue un rôle notable, surtout dans le pays de Bray et le nord-ouest (Picardie verte et plateau picard). Ovins et porcins sont peu nombreux, mais les bovins sont plus répandus ; le lait domine à l’ouest et au nord, la viande au sud et au sud-est. Le cheval reste important à Compiègne et Chantilly en liaison avec le développement des courses.

La forêt tient une place notable faite de grands massifs, surtout sur la rive gauche de l’Oise (Ourscamps, Laigue, Compiègne, Halatte, Chantilly, Erme-nonville), ou de peupleraies dans les vallées. Son rôle principal est d’être une zone de récréation pour l’agglomé-

ration parisienne.

L’industrie est de plus en plus pré-

pondérante, occupant la moitié de la population active et comptant douze établissements de plus de mille salariés. Ces actifs industriels se partagent principalement entre la métallurgie (39 p. 100), le bâtiment et les travaux publics (16 p. 100), la chimie et le caoutchouc (15 p. 100). Une évolution profonde a transformé depuis la Première et surtout la Seconde Guerre mondiale les industries et leurs localisations : les activités traditionnelles (tapisserie, tabletterie, boutons, alimentation) ont perdu de l’importance ou même disparu, tandis que se multipliaient les implantations nouvelles (constructions mécaniques, chimie, verre), parfois à la place des industries disparues (Beauvais et vallée du Thé-

rain), plus souvent le long du grand axe de circulation de l’Oise moyenne, de Creil à Noyon en particulier. La métallurgie est de loin l’essentiel avec un peu de sidérurgie (Montataire), mais davantage de fonderie et chaudronnerie le long de l’Oise, de Noyon à Creil notamment, et surtout des constructions mécaniques variées : machines agricoles et tracteurs à Beauvais et Montataire, matériel de levage et de travaux publics au Plessis-Belleville, Compiègne et Crépy-en-Valois, maté-

riel automobile à Beauvais et Monta-

taire. La chimie et le caoutchouc sont rassemblés à plus de 80 p. 100 dans la vallée de l’Oise, autour de Creil et de Compiègne : chimie diverse à Trosly-Breuil, colorants à Villers-Saint-Paul, vernis à Montataire, savons et détergents à Compiègne, pneumatiques à Clairoix à côté de quelques usines à Beauvais et Villers-Saint-Sépulcre.