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Le verre se concentre en deux usines, à Rantigny, près de Creil, et surtout à Thourotte, près de Compiègne, et les matériaux de construction le long de l’Oise (Pont-Sainte-Maxence). Le textile subsiste difficilement grâce surtout aux fibres artificielles et synthétiques (Beauvais), comme les vieilles industries du bouton (Méru), de la brosse (Beauvais et vallée du Thérain), de la tabletterie. L’industrie agricole et alimentaire est très dispersée avec une dizaine de sucreries (dont trois notables), comme de laiteries (plus modestes).

Cet essor industriel a été favorisé par les moyens de communication. Le

réseau routier y contribue peu. Au contraire, le rail et la voie d’eau sont très actifs. Creil voit les trains de Paris gagner : Amiens et Calais (Londres) ou Lille et Dunkerque ; Saint-Quentin, Bruxelles ou la Ruhr, puis l’Europe du Nord et de l’Est. La voie d’eau qu’offre l’Oise, prolongée par les canaux de Saint-Quentin et du Nord, est le grand trait d’union entre Paris et la région du Nord et a suscité l’industrie tout le long de la rivière.

Le secteur tertiaire reste encore faible. La proximité de Paris pèse sur tout le département, sauf sa bordure nord, et la situation un peu excentrique de Beauvais permet à Compiègne

et à Creil de se tailler une zone d’influence : cette dispersion des influences locales facilite l’attraction parisienne.

L’essor économique de l’Oise, at-

testé par son agriculture très évoluée et le développement de son industrie, est confirmé et aidé à la fois par une démographie montante. De 1968 à

1975, la population a augmenté de plus de 10 p. 100 autant par excédent naturel que par solde migratoire croissant.

Aussi l’Oise est-elle un département de jeunes (36,3 p. 100 de moins de 20 ans) et désormais le premier département picard (troisième en 1962). Cette situa-

tion dynamique pose cependant des problèmes : celui de l’emploi de ces jeunes et celui de la proximité parisienne, qui marque très fortement toute la vie du département.

J.-P. M.

F Beauvais / Picardie.

Atlas du département de l’Oise (Beauvais, 1969).

Oiseaux

Classe de Vertébrés bipèdes à tempé-

rature constante et élevée, caractérisés notamment par leur bec corné, leurs plumes, leurs ailes généralement capables de voler, enfin leur reproduction par des oeufs à coquille.

GÉNÉRALITÉS

Caractères généraux

Le mot oiseau désigne collectivement tous les animaux possédant en commun un certain nombre de caractéristiques, dont les plus familières et les plus évidentes sont la présence de plumes et la faculté de voler. Sur le plan évolutif, il faut considérer l’inaptitude au vol de certains groupes (Manchots, Autruches, certains Oiseaux insulaires) comme une perte secondaire ne modifiant en rien le schéma d’organisation global, tout comme est secondaire l’acquisition du vol chez certains Mammifères comme les Chauves-Souris. Chaque

fois qu’une espèce a perdu la faculté de voler, c’est parce que d’autres moyens de locomotion (course, nage) étaient plus avantageux, compte tenu de son mode de vie et de son habitat. En fait, chez les Manchots, le principal organe de locomotion reste les ailes, grâce auxquelles ils se meuvent sous l’eau.

Par contre, chez les grands coureurs comme les Autruches, les ailes se sont atrophiées, de même que les structures de la musculature et du squelette qui les font fonctionner. Enfin, bien des espèces insulaires ne volent pas, cette perte étant en partie due à l’absence de prédateurs naturels. Les caractères essentiels que l’adaptation au vol a peu à peu façonnés chez les Oiseaux peuvent être classés dans cinq grandes

rubriques.

Caractères morphologiques

La forme générale du corps est fusiforme et aérodynamique ; le squelette central est rigide, et les membres anté-

rieurs sont transformés en organes de vol (les ailes). Les muscles pectoraux qui assurent le mouvement de l’aile sont très développés et solidement arri-downloadModeText.vue.download 465 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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més sur une forte crête du sternum appelée bréchet. Ces muscles atteignent près de 30 p. 100 du poids total du corps chez les bons voiliers comme les Pigeons.

Le plumage

Bien qu’une des fonctions essentielles du plumage soit d’assurer à l’organisme un isolement thermique efficace, la fonction la plus immédiate est de permettre le vol grâce aux grandes plumes des ailes et de la queue. Les Oiseaux sont les seuls animaux à posséder des plumes ; tous en ont, même les plus anciens fossiles connus.

La station et la locomotion

terrestres

Elles sont devenues bipèdes du fait de la transformation des membres anté-

rieurs, cas unique chez tous les Vertébrés sauf quelques Mammifères

supérieurs. En conséquence la tête,

généralement proéminente et très mobile, prolongée d’un bec bien dégagé, remplace les pattes antérieures dans bien des activités que d’autres Verté-

brés accomplissent avec ces dernières : fouissement, préhension de la nourriture, toilette, etc.

Modifications de structure et

physiologie

Elles ont été acquises pour que l’organisme soit le plus léger possible : pneumatisation de certains os du squelette, mode de reproduction fondé sur l’émission d’un seul oeuf à la fois afin que la femelle gravide ne soit pas alourdie par plusieurs oeufs.

Le développement embryonnaire

et postembryonnaire

Il est accéléré afin que l’individu puisse le plus rapidement possible profiter des avantages du vol, car c’est durant cette période que le jeune Oiseau et ses parents sont particulièrement vulnérables.

Seuls avec les Mammifères, les Oiseaux sont des animaux à sang chaud (homéothermes), ce qui leur impose des contraintes physiologiques pour maintenir constante leur température interne, qui est de l’ordre de 41 °C.

L’homéothermie, jointe à un méta-

bolisme élevé, leur permet de mener une vie extrêmement active dans une gamme de milieux dont les conditions bioclimatiques sont très changeantes.

Le vol

Les mouvements de l’Oiseau dans l’air sont bien entendu réalisés d’abord par les ailes, dont la fonction est à la fois de contrebalancer la pesanteur et de propulser l’organisme, mais d’autres parties du corps jouent un rôle important, notamment la queue, qui peut faire office de gouvernail (de profondeur et de direction), de parachute et de frein. La face supérieure de l’aile est convexe, sa face inférieure concave, et

elle est plus épaisse sur le bord d’attaque que sur le bord de fuite, ce que confirment les lois de l’aérodynamique appliquées par les constructeurs d’avions. L’importance de la courbure, de la convexité et de l’épaisseur des ailes, de même que leur forme et leur surface relative sont très variables d’un groupe à l’autre. Les Oiseaux peuvent d’ailleurs modifier la surface portante de leurs ailes comme le fait un avion à géométrie variable. Pour avoir une vitesse maximale au cours d’un piqué sur une proie, le Faucon Pèlerin plie ses ailes à demi et peut alors atteindre 280 km/h. Les Oiseaux rapides (Hirondelles, Martinets, Faucons) ont des ailes longues, étroites, raides et falci-formes alors que les espèces forestières qui évoluent entre les arbres et doivent constamment changer de direction ont au contraire des ailes larges, souples, à grande surface portante (Chouettes, Éperviers). De telles espèces sont moins rapides, mais plus adroites, ce qui est un avantage quand elles doivent louvoyer pour rechercher leurs proies.

Certaines espèces pratiquent surtout le vol battu, au cours duquel les mouvements ascendants et descendants des ailes sont continuels (Passereaux, Gallinacés) alors que d’autres utilisent plutôt le vol plané : les ailes paraissent immobiles, mais les grandes plumes de l’aile et de la queue sont animées de mouvements imperceptibles dictés par la force et la direction des courants d’air qui sont l’agent moteur de l’Oiseau (Albatros, Puffins, Cigognes).