rent, soit que les aliments soient de taille différente ou prélevés dans des endroits ou à des heures différentes. La nourriture paraît en effet être le facteur le plus important dans la régulation des nombres d’Oiseaux et dans leurs modes de distribution. La plupart des Oiseaux terrestres dépendent étroitement de la végétation, dans laquelle ils trouvent ce dont ils ont besoin : nourriture, site de nidification, matériaux de
construction du nid, postes de chant, perchoirs nocturnes, etc. La relation entre la végétation et l’Oiseau est souvent si étroite qu’on peut déduire la distribution d’une espèce à partir de la distribution, de certains types végé-
taux, et même prédire la composition et l’abondance des communautés d’Oiseaux à partir d’un examen détaillé du couvert végétal. Le nombre d’espèces coexistant au même endroit varie aussi avec la latitude. Quelques hectares de forêt ombrophile au Congo peuvent comporter plus de cent espèces, alors qu’une forêt comparable en région tempérée n’en aura qu’une trentaine, et une toundra arctique quelques-unes seulement. Quelle est la cause de cette extraordinaire diversité des faunes dans les régions tropicales ? Il semble bien qu’elle provienne de ce que la variété et la productivité des habitats y sont plus fortes que partout ailleurs et de ce que la constance du climat permette des spécialisations plus étroites que dans les zones tempérées, où les hasards d’un climat contrasté et les aléas des longues migrations contraignent les Oiseaux à faire preuve d’opportunisme écologique. Dans un habitat donné, la densité de chaque espèce est réglée de façon qu’en moyenne le plus grand nombre possible d’individus puissent downloadModeText.vue.download 468 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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coexister sans se gêner mutuellement.
Différents mécanismes écologiques participent conjointement à maintenir l’abondance de la population à un niveau constant : comportement territorial, taux de natalité, taux de mortalité.
Ces facteurs exercent des pressions d’intensité variable avec le niveau d’abondance : on dit que leur action dépend de la densité (v. population).
Modes de reproduction
Homéothermes ovipares, les Oiseaux doivent, à de très rares exceptions près, déposer leurs oeufs à un endroit fixe et les maintenir par incubation à température constante et élevée (de 40 à 45 °C). Dans la majorité des cas, les oeufs sont pondus dans un nid*
construit par l’Oiseau, parfois à même le sol, sans que celui-ci soit spécialement préparé à les recevoir. On trouve les modes de nidification les plus divers : profonds terriers, sommets des arbres les plus hauts, corniches de falaises ; bien qu’on ait coutume de penser que les Oiseaux nichent surtout dans les arbres et buissons, plus de la moitié des espèces nichent au sol.
L’âge auquel le jeune Oiseau niche pour la première fois est variable : il oscille entre quelques semaines chez la Caille et plus de six ans chez les grands Albatros ; la plupart des petits Passereaux nichent au bout d’un an.
L’époque de reproduction a toujours lieu à une saison précise de l’année, qui est déterminée de façon que les jeunes entreprennent leur croissance et s’émancipent au moment où la nourriture est à son maximum d’abondance.
Le Grand Duc, qui se nourrit surtout de Lapins, pondra ses oeufs dès le mois de janvier afin que, compte tenu de la durée d’incubation (40 jours), ses jeunes éclosent et grandissent en mars-avril, à l’époque où apparaissent les lapereaux de la première portée, qui sont abondants et faciles à capturer.
Les Mésanges, qui nourrissent leurs jeunes avec des chenilles, pondront en avril, afin que les nichées croissent et s’émancipent en juin-juillet, époque d’abondance maximale de leurs proies.
Le nombre d’oeufs par ponte est variable avec les espèces. Il correspond généralement au nombre maximal de jeunes que les adultes peuvent élever, compte tenu des ressources offertes par le milieu et des possibilités des parents.
De nombreuses espèces ne pondent
qu’un oeuf : Puffins, Albatros, Manchots empereurs, Vautours ; la plupart des Passereaux ont des pontes de 5 à 10 oeufs, et certains Gallinacés de 10
à 20. Mais il y a des variations dans le nombre d’oeufs au sein de la même espèce : les populations migratrices ont une fécondité plus forte que les populations sédentaires, afin de compenser la mortalité inévitable qui a lieu au cours de la migration. De nombreux Oiseaux sauvages n’ont qu’une nichée par an, mais certains en ont deux et davantage.
Le Pigeon peut pondre dix fois dans la même année. La plupart des espèces ont la possibilité de remplacer leur ponte si elle a été détruite, sauf certains
Rapaces et de nombreux Oiseaux de mer.
Niveau de
développement
psychique, vie sociale
Les Oiseaux peuvent, avec les Mammifères, être considérés comme les animaux les plus évolués sur le plan de la complexité du système nerveux. Les rapports interindividuels sont rarement neutres, et des codes très complexes ré-
gissent la vie sociale. Certaines espèces sont essentiellement solitaires, alors que d’autres sont grégaires (certaines colonies, comme celles des Mange-Mil d’Afrique, comptent plusieurs millions d’individus). Le caractère solitaire ou grégaire évolue d’ailleurs souvent d’une saison à l’autre : de nombreuses espèces farouchement solitaires et territoriales en été se réunissent en bandes à l’approche de la mauvaise saison.
Les moyens de communication sociale chez les Oiseaux sont d’ordre vocal et comportemental.
Manifestations vocales
Les Oiseaux disposent d’un vocabulaire complexe pour communiquer
entre eux. Le chant proprement dit, surtout développé chez les Oscines, ou
« Oiseaux chanteurs » (en particulier les Passereaux), est strictement spé-
cifique. Chaque espèce a son propre chant, à tel point que la plupart des ornithologistes déterminent l’Oiseau au chant, ce qui est souvent bien plus rapide que de le chercher longuement dans le feuillage des arbres. Le chant est une série de notes généralement différentes et organisées en strophes émises avec une cadence définie. De ce fait, envisagé globalement, le chant présente un rythme et des harmoniques caractéristiques. Le chant est l’expression d’un état précis de l’Oiseau dé-
sirant s’adresser à un autre. En règle générale, il est l’apanage du mâle, bien que chez de nombreuses espèces la femelle possède elle aussi un chant élaboré. La fonction essentielle du chant, dont l’émission est contrôlée par les hormones sexuelles, est d’avertir les autres mâles du voisinage qu’un territoire est occupé et d’attirer une femelle non appariée. Il a donc une fonction
de dissuasion pour d’éventuels compétiteurs conspécifiques et d’attraction pour le partenaire sexuel. L’analyse spectrographique a révélé que le chant, qui, pour l’oreille humaine, paraît le même pour tous les Oiseaux d’une
même espèce, comporte en réalité, tout comme la voix humaine, d’importantes variations individuelles, ce qui permet à l’Oiseau de reconnaître individuellement son rival ou son partenaire.