saison de production, puis vont passer l’hiver dans l’hémisphère opposé, où ils retrouvent les conditions favorables de la saison estivale.
Les trajets sont parmi les plus démesurés que compte le monde des Oi-
seaux : par exemple, la Sterne arctique qui niche le long des côtes septentrionales de l’Eurasie et de l’Amérique passe l’hiver boréal devant le pack-ice antarctique. À l’inverse, le Pétrel-Tempête Océanite (40 g), qui se reproduit dans la zone antarctique, passe l’été boréal dans le nord des océans Atlantique et Pacifique.
C. J.
Oklahoma
État du centre-sud des États-Unis ; 181 090 km 2 ; 2 559 000 hab. Capit.
Oklahoma City.
Après avoir représenté le dernier fragment du territoire indien progressivement réduit comme une peau de chagrin, l’Oklahoma a perdu finalement ce statut en s’ouvrant à la colonisation, partiellement en 1872, plus largement en 1889, totalement en 1906 et en devenant État en 1907.
La majeure partie de l’Oklahoma
est constituée de plaines et plateaux sédimentaires : plateau des High Plains dans la Queue de Poêle (Panhandle), puis, de l’ouest à l’est, Rolling Plains, Enid Plain, plaine Osage et plaine Che-rokee, séparées parfois par des coteaux ou cuestas. Tout à l’est, l’État incorpore la bordure ouest du plateau Ozark et des monts Ouachita. Le socle pré-
cambrien pointe ici et là.
Le climat est déjà celui du Sud : hivers doux (2,8 °C en janv. à Oklahoma City), étés très chauds (28 °C en juill.
dans la même ville, avec un maximum moyen de 34 °C). Les précipitations, faibles à l’ouest (moins de 500 mm), dépassent 1 m à l’est ; elles tombent en toutes saisons avec un maximum en mai et juin. La forêt de chênes et noyers accompagne le cours inférieur des vallées (Arkansas, Canadian River, Red River) ; la prairie à bluestem (Andropogon) constitue la formation
naturelle des plaines, la prairie courte à grama (Bouteloua), celle du plateau de la Queue de Poêle.
Le domaine agricole couvre 14 Mha ; un quart est en labours, le reste en prairies de fauche et pâtures. Cette étendue étant demeurée constante depuis trente ans et le nombre des exploitations étant tombé de 180 000 en 1940 à 90 000 en 1970, leur taille moyenne a doublé (155 ha). Le blé d’hiver, principale culture (cinquième rang aux États-Unis ; 2 Mha), est produit sur le plateau de l’ouest, dans les Rolling Plains et l’Enid Plain. La deuxième production est le foin, la troisième le sorgho (cinquième rang), suivi de l’arachide, du coton. Les rendements sont des plus faibles, notamment pour le coton, et le revenu par ferme l’un des plus bas des États-Unis. L’Oklahoma occupe le cinquième rang pour le troupeau bovin (boeufs à viande surtout ; 4 p. 100 de vaches laitières). La commercialisation des cultures, du bétail et des produits du bétail, ainsi que les subventions totalisent 900 millions de dollars.
Les industries extractives (1 milliard de dollars) placent l’Oklahoma au quatrième rang pour le pétrole (de 30 à 35 Mt) et au troisième pour le gaz naturel (40 milliards de mètres cubes).
Une gamme variée de ressources miné-
rales sont en outre exploitées en petites quantités.
La population totale de l’État ne s’accroît presque plus depuis plusieurs décennies (1940) : 2 396 000 hab. ; 1970 : 2 559 000). On y compte
6 p. 100 de Noirs et plus de 10 p. 100
d’Indiens et métis. La population urbaine (66 p. 100) se concentre surtout dans les deux seules grandes villes : Oklahoma City (641 000 hab.) et Tulsa (476 000). La fonction administrative domine à Oklahoma City, qui possède aussi des industries (raffineries, pétrochimie, pièces d’avions, minoterie, conditionnement de la viande). La fonction industrielle est plus importante à Tulsa, notamment en ce qui touche à la production du pétrole (raffineries, équipement pour l’exploitation, le traitement et le transport des hydrocarbures) ; citons aussi la construction de parties d’avions.
P. B.
Ōkyo
Peintre japonais (Anau, prov. de
Tamba, 1733 - Kyōto 1795).
À côté des écoles traditionnelles Kanō* et Tosa*, à côté de l’art des grands décorateurs Sōtatsu* et Kōrin*, deux courants rénovent la peinture japonaise au XVIIIe s. : l’un, idéaliste, s’adresse à une élite intellectuelle éprise d’idéal chinois, c’est la « peinture des lettrés », dominée par Ike*
no Taiga ; l’autre, réaliste, trouve en la personnalité de Maruyama Ōkyo
un interprète capable de traduire des idées nouvelles en parfait accord avec l’esthétique japonaise. Par sa volonté d’objectivité et son refus de tout éso-térisme, l’oeuvre d’Ōkyo connaîtra un succès immense auprès de la puissante bourgeoisie de l’époque d’Edo.
Originaire d’une famille d’agriculteurs, Ōkyo arriva assez jeune à Kyōto.
Il y reçut une première formation de type classique sous la direction de Yūtei Ishida (1721-1786), peintre de l’école Kanō. Cependant, peu enclin à rester dans un cadre conventionnel, il s’intéressa bientôt aux possibilités nouvelles — perspective linéaire, effets d’ombre et de lumière — que lui révélèrent les vues stéréoscopiques importées de Chine et d’Europe et inspirées des gravures hollandaises. Pour le compte d’un marchand de curiosités de Kyōto, Ōkyo composa vers 1760 des
« images optiques » (megane-e) selon le même procédé, mais représentant des paysages japonais.
Le naturalisme de Ōkyo fut sans
doute influencé également par l’école chinoise de Nagasaki, qui s’attachait à une description minutieuse des objets et goûtait particulièrement les compositions de fleurs et d’oiseaux dans le style académique des Ming* et des Qing (T’ing*). Plusieurs carnets et rouleaux de croquis révèlent la quête passionnée de l’artiste pour saisir, avec une exactitude presque scientifique, la morphologie animale et végétale aussi bien que l’anatomie humaine.
Ces études préparèrent Ōkyo à aborder
tous les genres (paysages, fleurs, animaux, personnages) et tous les formats, depuis le rouleau enluminé (Malheurs et bonheurs, 1767, Emman-in, Ōtsu) jusqu’aux grandes compositions.
C’est d’ailleurs dans les peintures de paravents, portes ou cloisons coulissantes destinés à la décoration inté-
rieure des temples ou des riches habitations bourgeoises que Ōkyo montre toute sa puissance. Ces oeuvres, aux accents lumineux dramatiques, sont parfois un peu froides ou formelles, mais dans les meilleurs cas il s’en dégage un sens décoratif proprement japonais, dû au raffinement des couleurs, à la souplesse du pinceau et au fond uni rehaussé d’or (Pins sous la neige, paire de paravents exécutés après 1786, coll.
Mitsui, Tōkyō).
Beaucoup d’élèves suivront la voie tracée par Maruyama Ōkyo, mais seul Goshun (1752-1811), formé auprès de l’école lettrée, trouvera un parfait équilibre entre la manière naturaliste et le lyrisme profond.
F. D.
Oléacées
Famille de plantes à fleurs, dont le type est l’Olivier.
Cette famille forme à elle seule
l’ordre des Ligustrales. On y rattache parfois la petite famille des Logania-cées. Elle est composée d’environ downloadModeText.vue.download 471 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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500 espèces et 25 genres (7 espèces et 4 genres en France). Ce sont des arbustes, des arbres, mais aussi des lianes ; les feuilles, ordinairement simples, sont le plus souvent opposées, les fleurs très variables ainsi que les fruits. Un seul caractère les rassemble, c’est celui de l’androcée à deux étamines ; aussi certains auteurs pensent-ils que cette famille est artificielle.
De nombreuses plantes utiles y
sont réunies et en premier lieu l’Oli-
vier, arbre caractéristique de la région méditerranéenne. Il est cultivé depuis la plus haute antiquité en Syrie et en Crète et se serait répandu ensuite tout autour du bassin méditerranéen. Ses feuilles simples, opposées, sont ovales, étroites, d’un gris argenté caractéristique, et son tronc noueux, souvent ré-