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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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les types sémites, mais aucun ne pré-

sente de traits clairement mayas...

Si, donc, il demeure bien des in-

connues dans l’histoire de ce peuple, son influence sur le reste de la Méso-Amérique est indéniable. C’est même aux Olmèques que l’on doit, semble-t-il, tous les éléments pertinents qui donnent à ces cultures leur unité et leur originalité. Le jeu de balle, à connotation rituelle, qui devait connaître une grande faveur jusqu’au XVIe s., eut son origine chez eux. L’invention de l’écriture leur est sans doute aussi imputable, ainsi que le comput du temps par barres et points, l’astronomie et le calendrier.

Les Mayas porteront à son plus parfait achèvement le système nommé compte long, qui situe toute date dans le calen-

drier par rapport à une origine correspondant à 3113 avant notre ère.

Nous ignorons à quoi se réfère cette date, à quelle aventure des dieux ou des hommes. Nous ignorons aussi ce qui mit fin à cette civilisation, la plus ancienne et la plus étonnante qu’ait connue l’Amérique. Soudainement,

tout paraît avoir été abandonné, volontairement détruit et saccagé, les grandes sculptures jetées dans les ravins, les stèles et les autels détruits.

S’agit-il d’une invasion brutale ? La Venta est abandonnée, San Lorenzo voit ses monuments détruits. Mais, comme toujours au Mexique, la persistance des dieux et des rites est plus forte : bien après la fin des Olmèques, à l’époque coloniale, et peut-être même de nos jours, des « caches » datant de l’époque préclassique recueillent encore des offrandes faites aux dieux de cette première civilisation.

M. S.-A.

F Amérique précolombienne.

P. Drucker, R. F. Heizer et R. Squier, Excava-tions at La Venta, Tabasco, 1955 (Washington, 1959). / M. Coe, The Jaguar’s Children : Pre-Classic Central Mexico (Greenwich, Connecticut, 1965) ; America’s First Civilization : Discovering the Olmecs (New York, 1969). / I. Bernal, The Olmec World (Berkeley, 1969).

Olympie

En gr. OLYMPIA, important sanctuaire panhellénique.

Introduction

Au nord-ouest du Péloponnèse, dans le vaste paysage de la verdoyante vallée de l’Alphée, à Olympie, durant plus de mille ans, les Grecs se réunirent, com-muniant dans la célébration des fêtes magnifiques du culte de Zeus.

C’est vers la fin du IIe millénaire av. J.-C. que, descendant du nord, les Doriens vinrent dans le Péloponnèse ; ceux d’entre eux qui s’arrêtèrent à Élis prirent, non sans mal (les luttes des Éléens avec la cité voisine de Pisa sont fameuses et durèrent jusqu’au VIe s.), sous leur protection exclusive le site de

l’Alphée. Ils lui donnèrent le nom de la montagne où siégeaient leurs dieux et le consacrèrent au plus grand d’entre eux, Zeus.

Anciennement on avait honoré là

de vieilles divinités chthoniennes ; un oracle parlait par la bouche de la caverne, longtemps encore on continuera de sacrifier à la déesse Terre, mère des dieux et des hommes, à Déméter. Les cérémonies gardaient aussi le souvenir des vieux mythes héroïques : c’est ici que Pélops avait su gagner par sa victoire à la course de chars le royaume d’OEnomaos et la main de sa fille Hip-podamie ; Héraclès, de sa main, avait tracé, au pied de la colline de Cronos (auj. mont Kronion), l’enceinte de l’Altis dédié à son père, bois sacré planté de platanes et d’oliviers sauvages, que les siècles s’attachèrent à orner : au IVe s. av. J.-C., on l’entoura d’un mur, des portiques vinrent l’embellir, on y adjoignit les bâtiments des tré-

sors (Hiéron de Syracuse y consacra un casque pris aux Étrusques en 474).

À partir de 600, on commença à édifier le temple d’Héra, l’épouse de Zeus (Héraïon). C’est un cas unique dans l’architecture archaïque : on y voit en effet comment le bois, qui constituait primitivement les colonnes et les parties hautes du temple, a été petit à petit remplacé par la pierre.

Zeus fut d’abord honoré en plein air sur un autel qui s’exhaussait chaque année des cendres des animaux brû-

lés en sacrifice. À une date qu’il n’est pas possible de préciser, avant 450, un nouveau temple fut construit pour lui, le plus grand et le plus achevé des temples doriques du Péloponnèse.

Les sculpteurs y ont représenté, dans un style qui marque une étape importante vers l’assouplissement classique, les thèmes principaux de la bible olympienne. Les métopes, parmi lesquelles trois sont au musée du Louvre, illustrent les douze travaux d’Héraclès.

Le fronton montre, de part et d’autre de Zeus, les préparatifs de la course de chars qui vit la victoire de Pélops.

Le maître de l’Olympe est associé aux mythes locaux, mais surtout il trône, gigantesque, dans la cella. Le soin de réaliser sa statue chryséléphan-

tine, c’est-à-dire en reliefs d’ivoire et d’or montés sur une armature de bois, fut confié à Phidias*, qui venait juste de terminer la statue d’Athéna pour le Parthénon. Cette oeuvre, pour laquelle fut spécialement construit l’atelier de Phidias, dégagé par les fouilles, repré-

sentait Zeus trônant, tenant une Victoire et un sceptre, image désormais classique de l’Olympien. Un siècle plus tard, Praxitèle* réalisa l’Hermès portant le petit Dionysos ; la statue, ou tout au moins une excellente copie, fut découverte dans l’Héraïon. Le musée d’Olympie l’a recueillie, comme la plupart des témoignages plastiques subsistants.

De très nombreuses offrandes en

métal et en terre cuite, qui ont été pieusement enfouies dans le sol sacré, attestent la popularité du lieu saint. Les guerriers vainqueurs avaient coutume de remercier le dieu qui décidait de la victoire en lui dédiant leurs armes : le musée d’Olympie conserve le casque de Miltiade, qui remporta la bataille de Marathon ; celui d’Athènes, une admirable cuirasse de bronze, où figure notamment Apollon lyricine. Des guerriers anonymes ont donné leurs jam-bières ou leur bouclier au décor très ouvragé.

Les concours olympiques

L’importance d’Olympie tient surtout à l’organisation pentétérique (c’est-

à-dire tous les quatre ans, la durée d’une olympiade) de concours sportifs (Agônes) qui, dès le VIe s., attiraient un nombre important de concurrents et de spectateurs venus de tout le monde grec. Ces concours auraient été institués en 776 av. J.-C., date à laquelle commence le comput régulier des

olympiades. La seule épreuve était alors la course du stade (192 m) ; les premiers participants venaient en voisins d’Élée et de la Messénie. Puis les concours s’enrichirent peu à peu, allant jusqu’à inclure des compétitions musicales et littéraires. En fait, le mythe moderne des jeux Olympiques* nous masque la réalité antique. Les joutes sportives faisaient partie intégrante de toute grande fête religieuse, dans les cités comme dans les sanctuaires panhelléniques ; ainsi à Delphes*.

Le renom des fêtes olympiques tient

à la puissance de Zeus et à la piété des grandes cités, comme Sparte et Corinthe, puis des souverains hellé-

nistiques, à commencer par Philippe et Alexandre, et enfin des empereurs romains, parmi lesquels Néron, qui se fit construire une villa à Olympie.