du Marathon » en souvenir du célèbre soldat armé, Philippides, qui, selon la légende, mourut d’épuisement après avoir couru de Marathon à Athènes pour annoncer la victoire des Athé-
niens sur les Perses, en 490 av. J.-C.
Les Jeux d’Athènes étaient un point de départ ; l’hellénisme renaissant fut le véhicule grâce auquel le sport, pour la première fois internationalisé, commença sa conquête du monde.
Coubertin dut alors s’opposer aux Grecs, qui prétendaient à l’exclusivité.
Il eut gain de cause, et Paris organisa les Jeux de 1900, en dépit de difficultés sans nombre dues à leur organisation dans le cadre d’une exposition universelle ; ce fut encore le cas en 1904 à Saint Louis aux États-Unis, substitué in extremis à Chicago.
Depuis lors, les jeux Olympiques
ont été célébrés régulièrement, sauf en 1916 (Berlin était prévu), en 1940
(Tōkyō, puis, après son désistement, Helsinki) et en 1944 (Londres). Cependant, Coubertin avait fait admettre le principe « qu’une olympiade peut n’être pas célébrée, mais que son chiffre demeure, selon la tradition antique [...] ». C’est pourquoi les jeux Olympiques de Montréal, en 1976, ont été ceux de la XXIe olympiade, alors qu’ils ne seront que les XVIIIe jeux Olympiques.
Ces Jeux successifs ont le plus souvent revêtu le caractère propre au pays organisateur. Coubertin a écrit : « Il est bon que chaque nation dans le monde tienne à honneur d’accueillir les Jeux et à les célébrer à sa manière, selon son imagination et ses moyens. Il est évidemment souhaitable [...] que les Jeux entrent ainsi, avec honneur, dans le vêtement que chaque peuple tisse pendant quatre ans à leur intention. »
Les Jeux de 1896 n’avaient été
qu’une manifestation d’hellénisme, ceux de 1900 et de 1904 une attraction d’expositions, ceux de 1908 une manifestation de l’âpre rivalité anglo-américaine. Ceux de 1912, en revanche, sont considérés comme les premiers Jeux exclusivement sportifs. Ils couronnèrent, à Stockholm, le coureur de fond
finlandais Hannes Kolehmainen. Ce fut ensuite le tour, en 1924 et en 1928, de Paavo Nurmi ; en 1936, du sprinter américain Jesse Owens ; en 1952, du Tchécoslovaque Émil Zátopek ; en 1956, du Soviétique Vladimir Kuts ; en 1960, de l’Australien Herbert Elliott ; en 1964, du nageur américain Don
Schollander ; en 1968, des Africains familiers de l’altitude et surtout du spé-
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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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cialiste kenyen de 1 500 m, Kipchoge Keino ; en 1972, du nageur américain Mark Spitz et du coureur de fond finlandais Lasse Viren (présent encore en 1976).
Depuis longtemps, les jeux Olym-
piques se célèbrent en deux semaines, et les lauréats sont récompensés de médailles de vermeil, d’argent et de bronze (premier, deuxième et troisième). À cette occasion, les drapeaux des pays des lauréats montent aux mâts tandis que retentissent les hymnes des pays des vainqueurs.
Le nombre de sports et leur nature ont sensiblement varié depuis 1896. À
l’heure actuelle : « Au moins quinze des sports énumérés dans la liste suivante doivent figurer au programme officiel : athlétisme, aviron, basket-ball, boxe, canoë-kayak (canotage), cyclisme, escrime, football, gymnastique, haltérophilie, handball, hockey, judo, lutte, natation (y compris plongeons et water-polo), pentathlon moderne, sports équestres, tir, tir à l’arc, volley-ball et yachting à voile. » Les femmes ont accès à l’athlétisme, au canoë-
kayak, à l’escrime, à la gymnastique, à la natation, aux sports équestres, au tir et au tir à l’arc ainsi qu’au yachting.
Au 1er janvier 1973, le Comité international olympique reconnaissait 130 comités nationaux olympiques, dont 35 d’Afrique, 35 d’Amérique et des Caraïbes, 28 d’Asie et d’Austra-lasie et 32 d’Europe. Le Comité international olympique (C. I. O.) est un organisme permanent. Il se recrute lui-même par l’élection de personnalités
qu’il juge qualifiées, sous réserve que celles-ci parlent français et anglais et soient nationaux résidents d’un pays doté d’un comité national reconnu par le C. I. O.
La règle fondamentale de l’olym-
pisme est la suivante : « Les jeux Olympiques ont lieu tous les quatre ans. Ils réunissent en un concours sincère et impartial des amateurs de toutes les nations. Aucune discrimination n’y est admise à l’égard d’un pays ou d’une personne, pour des raisons raciales, religieuses ou politiques. »
Le C. I. O. désigne, six ans à
l’avance, les villes chargées de la cé-
lébration de l’olympiade. Pour 1976, ce fut Montréal (Jeux d’été). En 1974, Moscou a été désigné pour accueillir les Jeux d’été de 1980. C’est la première ville retenue des pays socialistes.
L’olympisme est gravement menacé
sur trois plans différents : les excès de la commercialisation, conséquence de frais d’organisation démentiels (les Jeux de 1972 ont entraîné des dépenses de l’ordre de 2 milliards de mark, soit plus de 3 milliards de francs), les interventions de la politique et le gigantisme du programme.
S’il est difficile, sinon impossible, d’éliminer complètement les pressions politiques, on peut freiner le gigantisme pour permettre à de petits pays de solliciter l’honneur d’organiser les jeux Olympiques.
Plusieurs solutions sont étudiées : réductions du nombre d’athlètes (un seul par spécialité et par pays) et du nombre des sports admis ; troisième série olympique (consacrée aux sports d’équipe et aux sports de salle) ; jeux continentaux présélectifs, etc. Il semble que l’idée le plus souvent retenue consiste à n’organiser à l’avenir dans la ville choisie que les demi-finales et les finales, en permettant au Comité d’organisation de présenter dans d’autres villes du pays les élimi-natoires. Ainsi, les dépenses seraient mieux réparties, et les ressources plus diversifiées.
Enfin, la règle de qualification dite
« d’amateurisme » tiendra compte, à bref délai, de l’évolution moderne, car le sport n’est plus réservé aujourd’hui à une élite sociale favorisée.
L’essentiel est de sauver l’idée
olympique, dont la flamme, comme l’a dit Coubertin, peut s’éteindre un jour ici, pour renaître là, plus brillante et plus vive.
Les Français aux jeux
Olympiques
La France a participé à toutes les célébrations olympiques, sauf en 1904 à Saint Louis, où seuls les Américains et quelques rares Européens étaient en lice, et à tous les Jeux d’hiver.
À l’époque « préhistorique », alors que le sport était encore bien loin d’être universalisé, la France a toujours occupé un rang enviable au total des médailles gagnées : 4e en 1896, 1re en 1900 à Paris, 4e en 1908
et 6e en 1912.
Entre les deux guerres mondiales, elle réussit à conserver son rang. Elle était 4e en 1920, 2e en 1924 à Paris, 3e à égalité avec la Finlande en 1928, mais seulement 6e en 1932 et 7e en 1936.
Après la Seconde Guerre mondiale, la France se classait 4e en 1948. Mais à Londres, les Soviétiques, les Allemands et les Japonais étaient absents. C’est à partir de 1952, à Helsinki, que les jeux Olympiques sont devenus réellement universels. Dès lors, les classements de la France n’ont cessé de décliner — 8e en 1952, 11e en 1956, 17e à Rome — avant de remonter légèrement : 10e en 1964, 10e encore, à égalité avec la Roumanie, en 1968 et 14e en 1972 (13 médailles).
En général, les Français ont surtout brillé en cyclisme, équitation, escrime, haltérophilie et, l’hiver, en ski alpin.