En revanche, dans les deux sports olympiques les plus universels (athlétisme et natation) la France a peu brillé.
En athlétisme, elle a cependant enlevé trois fois le marathon, avec Joseph Théato (1900), El Ouafi (1928) et Alain Mimoun (1956). Seuls Joseph Guillemot, vainqueur
de Paavo Nurmi en 1920 sur 5 000 mètres, Guy Drut en 1976 sur 110 mètres haies, et, chez les dames, Colette Besson en 1968 sur 400 mètres ont gagné une course dans le stade même.
En natation, seul Jean Boiteux, sur 400 mètres en 1952, figure au palmarès des vainqueurs.
Les escrimeurs Christian d’Oriola, Lucien Gaudin et Roger Ducret, le cycliste Daniel Morelon, le cavalier Pierre Jonquères d’Oriola et le skieur Jean-Claude Killy ont été les autres héros olympiques français.
Serment et drapeau
olympiques
C’est en 1920, à Anvers, que le premier serment olympique a été publiquement prononcé, au nom de tous les athlètes, par l’escrimeur belge Victor Boin, en ces termes : « Nous jurons que nous nous pré-
sentons aux jeux Olympiques en concurrents loyaux, respectueux des règlements qui les régissent et désireux d’y participer dans un esprit chevaleresque, pour l’honneur de nos pays et la gloire du sport. »
Ce serment n’a été que peu modifié depuis. Il s’exprime désormais ainsi : « Au nom de tous les concurrents, je promets que nous nous présentons aux jeux Olympiques en concurrents loyaux, respectueux des règlements qui les régissent et désireux d’y participer dans un esprit chevaleresque pour la gloire du sport et l’honneur de nos équipes... »
En 1920 fut présenté, pour la première fois, le drapeau olympique, adopté en 1914 : blanc frappé des cinq anneaux entrelacés (bleu, jaune, noir, vert, rouge) symbolisant les cinq continents.
Les Jeux d’hiver
C’est en 1921 que le C. I. O. autorisait l’organisation, en 1924, d’une « semaine de sports d’hiver » à Chamonix « qui ne ferait pas partie des Jeux », clause qui fut bientôt annulée. D’abord réticents, les Scandinaves se rallièrent définitivement en 1925.
Depuis lors, les jeux Olympiques d’hiver ont été organisés périodiquement l’année de la célébration de l’olympiade.
Les sports organisés régulièrement sont : le ski alpin (descente et slaloms), le ski nordique (fond, saut, biathlon), le patinage de vitesse et le patinage artistique, le hockey sur glace, le bobsleigh et, depuis 1964, la luge.
Parmi les très grandes vedettes de ces Jeux, on peut citer : en ski alpin, Toni Sailer (Autriche, 1956) et Jean-Claude Killy (France, 1968) ; en ski nordique, Birger Ruud (sauteur norvégien, 1932 et 1936), Ivar Ballangrud (patineur de vitesse norvé-
gien, 1928 et 1936) ; en patinage artistique, Sonja Henie (Norvège, 1928, 1932 et 1936).
G. M.
J. Kieran et A. Daley, The Story of the Olym-pic Games, 776 B. C. - 1956 A. D. (Philadelphie, 1957 ; nouv. éd., 1969). / G. Meyer, le Phéno-mène olympique (la Table Ronde, 1960) ; les Jeux Olympiques (la Table Ronde, 1964). /
H. Lenk, Werte, Ziele, Wirklichkeit der moder-nen Olympischen Spiele (Stuttgart, 1964). /
M. Berlioux, D’Olympie a Mexico (Flammarion, 1968). / E. Kamper, Encyclopédie des jeux Olympiques (Dortmund, 1972). / G. Lagorce et R. Pariente, la Fabuleuse Histoire des jeux Olympiques (O. D. I. L., 1972).
Oman
En arabe ‘umān, État de la péninsule Arabique, sur l’océan Indien.
La géographie
À l’extrémité sud-orientale de l’Arabie*, le sultanat d’Oman se range dans la série d’États à base sédentaire de la frange « heureuse » de la péninsule. Il réunit en fait des éléments naturels et humains très hétérogènes.
Les montagnes de l’Oman, assez
faiblement arrosées (peut-être autour de 250 mm en moyenne sur les pentes nord-orientales, et exceptionnellement 400 à 500 mm sur les sommets), sont le downloadModeText.vue.download 479 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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plus souvent rocailleuses et dénudées, malgré leur nom de djebel Akhḍar (« la Montagne Verte »). Elles ne supportent
guère qu’une agriculture irriguée de fond de vallée, à base notamment de fruits tempérés et subtropicaux (c’est de Mascate que vient sans doute le nom du muscat, apporté en Europe
par les Portugais). Les villages sédentaires s’imbriquent avec des tribus semi-nomades. Très à l’écart du reste de l’Arabie, dont la sépare l’énorme massif dunaire du Rub‘al-Khālī, la population a pu préserver son originalité culturelle ; elle appartient à la secte khāridjite extrémiste des ibāḍites, qui, sous la conduite d’un imām, a fourni les bases de la construction politique et constitue sans doute plus des trois quarts de la population.
La plaine côtière de la Bātina, sur le golfe Persique, très sèche (75 à 150 mm de pluies en moyenne), comporte
de grosses oasis à palmiers-dattiers, nourries par des galeries drainantes souterraines (équivalentes des qanāt iraniens et appelées ici faladj) en provenance du piedmont des montagnes.
Les agrumes, les bananiers s’y mêlent, ainsi que le coton, qui alimentait jadis à Mascate une importante industrie textile, minée par la concurrence indienne et européenne au XIXe s. De petites communautés littorales se consacrent à la pêche dans les eaux du Golfe. La population est infiniment plus mêlée que celle de la montagne. En majorité sunnite, elle comporte de nombreux éléments étrangers d’origine, Indiens, Baloutches, Iraniens, Noirs africains, descendants d’esclaves ou autres, laissés par les divers pouvoirs qui se sont succédé dans la région.
Sur le versant intérieur du djebel Akhḍar, beaucoup plus sec que le
versant nord-oriental, existent également quelques grosses oasis (Nizwa ou Nazwa), dont certaines restent d’appropriation indécise, tel le groupe d’al-Buraymī, disputé entre Abū Ẓabī, Oman et l’Arabie Saoudite.
Les collines du Ẓufār (Dhofar), le long de la côte de l’Arabie méridionale, frappées de plein fouet par la mousson d’été de l’hémisphère Sud et relativement bien arrosées (peut-être 500 mm en moyenne), sont le pays par excellence des arbustes à parfums (encens et myrrhe). Peuplées de pasteurs
« pré-bédouins », les Qara’, chez qui le gros bétail tient une place essentielle à côté des chameaux, elles restent très en marge du reste du pays, dont les séparent de vastes étendues à peu près désertiques.
La ville de Mascate (Masqaṭ) est le foyer de civilisation urbaine qui a permis aux populations khāridjites de l’in-térieur de réaliser une unité politique.
L’abri exceptionnel d’une ria en eau profonde a créé ici un centre très ancien d’activité maritime, qui demeura une base portugaise jusqu’en 1650, puis fut capitale de l’imām de l’Oman, et alors point de départ d’une importante expansion dans l’océan Indien, notamment vers Zanzibar (qui fut jusqu’en 1861 une dépendance de Mascate).
Mais, après le déclin de ces relations lointaines, l’absence de relations aisées avec l’intérieur paralysa tout développement fondé sur des bases locales. La ville n’a guère plus de 5 000 habitants, contre peut-être 40 000 au milieu du XIXe s. La ville voisine de Maṭrah, un peu à l’ouest, est d’ailleurs aujourd’hui plus peuplée (14 000 hab.).
L’économie du pays était restée extraordinairement primitive jusqu’à ces dernières années, fondée sur quelques exportations de dattes et de poissons séchés, en échange de riz et de bois de teck en provenance de l’Inde et de quelques produits fabriqués, parmi lesquels les armes constituaient l’essentiel. La découverte du pétrole, sur le versant intérieur des montagnes, qu’un oléoduc de 300 km conduit au terminal de Mīna al-Fahal, près de Mascate, ouvre une ère nouvelle. L’exportation, qui a commencé en 1967, a dépassé 16 Mt en 1975.
X. P.
L’histoire
L’importance de ce petit État provient de sa situation géographique à la porte du golfe Persique. Cette région joua dès la plus haute antiquité un rôle essentiel dans les relations commerciales entre les pays de la Méditerranée et ceux de l’Extrême-Orient. Au début de l’ère chrétienne, ses marins et ses commerçants avaient le monopole des échanges entre l’Asie et le monde