sentent parfois des panachures dues au Virus de la mosaïque. Le genre Cornus (150 espèces, 2 en France), presque uniquement composé d’arbustes, est de beaucoup le plus important de la famille. Ses espèces sont réparties principalement en Europe et en Amérique du Nord ; l’étude des restes fossiles européens de ces plantes a montré que certaines espèces, uniquement américaines à l’heure actuelle, avaient au Tertiaire des représentants européens.
Des espèces comme C. florida d’Amé-
rique septentrionale (les fleurs sont entourées de belles bractées blanches), C. alba d’Amérique du Nord, C. mas d’Europe (à fleurs jaunes, qui apparaissent avant les feuilles, dès février) sont de bonnes espèces ornementales.
Les petites drupes rouges de C. mas et C. capitata sont comestibles. On peut encore citer le genre Corokia, arbuste de Nouvelle-Zélande qui est apprécié en horticulture à cause de ses curieux rameaux tortueux. Il est à la limite de sa rusticité en France. Les Griselinia et Helwingia font également partie de cette famille.
Ombellifères
La grande famille naturelle des Ombellifères comprend plus de 3 000 espèces et environ 125 genres, habitant surtout dans les régions tempérées de l’hémisphère Nord ; en France, 70 genres et près de 90 espèces. Ce sont surtout des plantes herbacées annuelles, bisan-nuelles ou vivaces. Les organes souterrains sont des racines pivotantes ou fasciculées, des rhizomes ou même des tubercules. Les tiges herbacées sont creuses par disparition rapide de la moelle ; elles sont ornées de nombreuses côtes, et les noeuds foliaires sont bien marqués. Des espèces
ligneuses existent également, mais sont très rares (certains Buplèvres et Eryngium). Les feuilles, le plus souvent engainantes, alternes, n’ont pas de stipules ; leur limbe, rarement entier (Buplèvres, Eryngium sud-américains), est ordinairement très découpé, les lobes pouvant être linéaires et même filiformes. L’inflorescence, une ombelle, est plus ou moins complexe, mais on rencontre parfois des cymes typiques (Hydrocotyle) et même des capitules (Eryngium) par condensation des pédoncules floraux. Les fleurs actinomorphes (symétrie axiale) possè-
dent cinq sépales, des petites dents très réduites, cinq pétales libres avec un court onglet, leur extrémité repliée vers l’intérieur, cinq étamines à filet souvent recourbé, enfin au centre un ovaire infère à deux carpelles muni de deux styles. Le fruit sec est formé à maturité de deux akènes (méricarpes) rattachés par deux filaments en Y à la columelle centrale. Ces fruits peuvent être soit
cylindriques, soit aplatis, et, dans ce dernier cas, soit parallèlement, soit perpendiculairement au plan commun des deux méricarpes. Une décoration spécifique existe sur la face dorsale de chaque méricarpe ; elle est composée d’une série de côtes longitudinales (ordinairement cinq) plus ou moins marquées et souvent ornées d’une aile ou d’aiguillons ; entre elles se trouvent les « vallécules », parfois elles-mêmes divisées par une côte secondaire. Au point de vue anatomique, on remarque, en coupe transversale, sous chaque côte, un faisceau conducteur libéro-ligneux et sous chaque vallécule un canal sécréteur ; leurs positions sont déterminantes pour la systématique. De nombreuses particularités anatomiques existent dans cette famille, tant en ce qui concerne la position que la structure des faisceaux vasculaires. Enfin, les Ombellifères possèdent des essences différentes suivant les espèces, ce qui leur donne des parfums ou des saveurs caractéristiques qui les font employer comme légumes (Carotte,
Céleri, Fenouil...) ou comme condiments (feuilles : Cerfeuil, Persil..., ou fruits : Anis, Cumin, Coriandre...).
De nombreuses espèces sont remar-
quables tant comme plantes utiles que par leurs caractères botaniques et physiologiques. Les genres Azorella et Bolax, caractéristiques des régions polaires, sont des plantes tapissantes vivant dans les régions les plus rigoureuses telles que la Terre de Feu ; elles sont parfois employées dans les jardins de rocailles. À côté de ces genres, il y a les Hydrocotyles (80 espèces) qui sont cosmopolites (1 en France), leurs feuilles sont peltées, c’est-à-dire que le limbe est circulaire et que le pétiole est soudé au centre.
Dans la tribu des Saniculoïdées, il y a entre autres genres les Sanicles, les Astrantia et les Eryngiums (350 es-pèces) : ils ont tous trois des représentants en France. Le genre Eryngium (Europe, Amérique du Nord et du Sud) est surtout caractérisé par ses fleurs groupées en capitules. Les espèces européennes et d’Amérique du Nord sont à feuilles pétiolées et le plus souvent à limbe profondément découpé. Au
contraire, en Amérique du Sud, tout un
groupe d’espèces, de beaucoup le plus important, possède des feuilles à limbe entier et à nervures parallèles. Sept es-pèces vivent en France, la plus connue, l’E. campestre, ou Chardon Roland, ou Chardon roulant, doit son nom au mode de dispersion des graines : l’inflorescence sèche se cassant à l’automne au ras du sol et roulant, souvent très loin, sous l’effet du vent. Dans ce genre, l’on rencontre deux espèces arborescentes ; elles sont uniquement localisées dans les deux petites îles de Juan Fernández du Pacifique Sud : Más Afuera et Más a Tierra. Certaines des espèces sud-amé-
ricaines arrivent à prospérer à l’état subspontané dans les ruisseaux du Portugal et aussi dans le nord du Cotentin.
La tribu des Apioïdées renferme la majorité des genres de cette famille.
C’est dans ce groupe que se placent les Ombellifères utiles, parmi lesquelles il faut citer la Carotte (Daucus, 100 espèces surtout méditerranéennes, 7 espèces spontanées en France) ; une espèce, Daucus carota, possède un très grand nombre de cultivars. Ce ne fut qu’à partir du XIIIe s. qu’elle fut vraiment employée comme plante potagère ; les diverses variétés sont groupées suivant la longueur de leur racine tubérisée (courtes, demi-longues et longues) ; la culture la plus importante est celle des demi-longues, qui se fait surtout dans les régions de la Loire-Atlantique et du département de la Manche. L’Angélique (50 espèces), originaire de l’hémisphère Nord, mais répandue également en Nouvelle-Zélande (3 espèces en France), sert (tiges et pétioles) en confiserie principalement ; les racines sont également consommées crues ou cuites dans certains pays ; les fruits entrent dans la fabrication d’une liqueur stimulante (ratafia d’Angélique) ; ces plantes contiennent de nombreux tanins, essences et coumarines.
Le Fenouil (3 espèces dans la région méditerranéenne) est très cultivé en Italie ; c’est avec les Médicis qu’il fit son entrée en France comme légume (bases des pétioles charnus prenant un aspect globuleux, les « pommes »).
Les extrémités des feuilles servent parfois de condiment. Dans les Apium (Céleri, 1 espèce en France), on distingue les variétés dites « à côtes » et
les « céleris-raves », dont la sélection a porté sur la grosseur des racines ; ils sont cultivés depuis le XVIe s. Cette plante, spontanée dans la région méditerranéenne, servait dans l’Antiquité comme plante funéraire chez les Grecs et les Romains. Une espèce du genre Pimpinella (200 espèces cosmopolites) downloadModeText.vue.download 481 sur 625
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vivant en Orient fournit l’anis vert qui sert dans la confection d’infusions, de liqueurs et de condiments. Le Persil, le Cerfeuil, le Cumin, le Coriandre sont des plantes de la région méditerranéenne qui sont très employées comme condiments, soit pour les feuilles (Persil, Cerfeuil, connus depuis la plus haute antiquité), soit pour les graines (Cumin, Coriandre).
Parmi les Ombellifères, certaines sécrètent des substances très toxiques, en particulier les Ciguës. La petite Ciguë, qui vit spontanément dans les jardins, peut être confondue avec le Persil ; aussi est-il recommandé de ne cueillir que les feuilles « frisées », qui correspondent à une variété de Persil ; ces deux espèces se distinguent aussi à cause de l’odeur désagréable des feuilles de petite Ciguë quand elles sont froissées, par ses fleurs blanches (vertes chez les Persils) et par ses taches brunâtres à la base des tiges. La grande Ciguë, plante de près de deux mètres de haut, contient des alcaloïdes très toxiques, et l’histoire rapporte que c’était le suc de cette plante qui servait à la peine capitale à Athènes dans l’Antiquité, probablement d’ailleurs mé-