langé à de l’opium (mort de Socrate).
Beaucoup d’autres plantes seraient à citer, telles que les Choerophyllum, les Scandix, ces derniers remarquables par la longueur du fruit de certaines espèces, les Buplèvres, dont quelques espèces sont à feuilles entières, l’une d’elles étant arbustive, les OEnanthes, plantes très souvent des marécages et vénéneuses, les Peucedanum, dont les restes fossiles sont connus depuis le Pliocène ; les Crithmum, plantes du bord de la mer, vivant principalement dans les fissures des rochers (Perce-
Pierre) et dont la dissémination des graines peut se faire par l’eau de mer, les Heracleum (Berce), les Laserpi-tium, Thapsia, etc.
J.-M. T. et F. T.
Ombrie
En ital. UMBRIA, région d’Italie ; 8 456 km 2 ; 773 000 hab.
L’Ombrie est formée des deux pro-
vinces de Pérouse et de Terni. C’est la seule région de l’Italie péninsulaire à ne pas avoir de façade maritime. Ensemble continental à 50 km de la mer Tyrrhénienne comme de la mer Adriatique, domaine de hautes terres et de bassins cloisonnés, elle n’a pas connu l’intensité des échanges caractérisant Gênes, Pise ou Venise. Par contre, elle a subi l’influence de Florence et surtout de Rome. Terre aux paysages harmonieux, rappelant saint François d’Assise et Raphaël, elle n’a pas une économie très florissante.
Le cadre physique est varié, mais ce n’est pas le climat qui introduit la variété. Celui-ci est assez doux, de type méditerranéen, avec des nuances dépendant de la hauteur des reliefs, qui sont de trois types. À l’est, sur 10 p. 100 de la superficie, s’étend l’Apennin, culminant ici au mont Vet-tore (2 478 m), essentiellement formé de blocs calcaires limités par des failles. En avant de ces reliefs, il y a un vaste ensemble de collines, au modelé souvent confus, même si quelques directions nord-sud, parallèles à l’Apennin, se discernent ; il occupe 70 p. 100
de la superficie. Au coeur de ces mêmes reliefs s’ouvrent de profondes dépressions, souvent sous forme de conques.
Ces plaines intérieures, ainsi que les collines qui les frangent, sont les lieux de concentration des activités, malgré leur faible extension (20 p. 100 de la superficie). S’opposant aux collines de flysch, dont les pentes sont lacérées par l’érosion et dont les sols sont fragiles, elles offrent des terres fertiles et va-riées dérivant de formations lacustres plio-quaternaires. On trouve à l’est les conques de Gubbio, de Norcia, de Cas-cia et de Terni, à l’ouest celles du lac Trasimène (dont la superficie lacustre
est de 128 km 2) et du Val de Chiana.
Mais c’est au centre que s’étendent les deux principaux bassins : le Val du Tibre (Valle del Tevere, étroit de San-sepolcro [Toscane] à Pérouse, s’élargissant ensuite) et la Valle Umbra, dessinant un demi-cercle de plaines, d’Assise à Spolète.
La population rassemblée dans la
région n’est pas très dense (91 hab. au km 2) et a tendance à diminuer. De 1961
à 1971, en dépit d’un accroissement naturel de 36 000 personnes, l’Ombrie a perdu plus de 22 000 habitants par suite de forts mouvements migratoires vers Rome, la Toscane et les centres industriels de l’Italie du Nord. Seules les villes voient augmenter leur population ; ailleurs, en particulier dans la montagne et les hautes collines, l’exode rural est continu. Cela est le reflet du faible dynamisme économique. En Ombrie, le revenu moyen par habitant est inférieur à la moyenne nationale. Les causes de cette situation sont diverses. Le maintien d’une agriculture peu productive, l’absence de capitaux locaux sont des faits importants, mais sans doute moins que la disposition du réseau de communications.
En effet, l’Ombrie est bien traversée par la grande ligne ferroviaire qui va de Rome à la plaine du Pô, mais elle est en dehors des grandes liaisons routières nord-sud. L’agriculture régresse rapidement ; elle n’occupe plus que 20 p. 100 de la population active. La mise en valeur agricole se fait dans le cadre de petites exploitations très morcelées. La culture du blé, celle de la vigne et celle des oliviers sont les plus répandues. Les cultures maraîchères, les cultures industrielles (tabac, betterave à sucre) se sont développées, mais moins que dans d’autres régions. L’élevage ovin recule au profit de l’élevage bovin. L’industrie n’est pas à même de combler le retard ombrien. La région dispose de peu de richesses naturelles, à l’exception de gisements de lignite et de quelques sites hydrauliques. Parmi les industries manufacturières, le secteur métallurgie-mécanique arrive en tête grâce au centre de Terni, où sont produits des aciers spéciaux ainsi que des armes. Terni est également un foyer d’industries chimiques (Papigno). Les industries alimentaires et textiles sont
davantage regroupées à Pérouse, où il existe une grosse entreprise de confiserie industrielle (la Perugina). La céramique est une activité ancienne, avec de forts développements à Gubbio et à Deruta. L’industrie du papier et celle de l’imprimerie sont présentes à Terni, à Spolète, à Foligno, à Città di Castello. Les activités tertiaires sont notables avec la fonction commerciale des villes desservant les zones rurales et surtout la fonction touristique. Sans avoir l’intensité de fréquentation de la Toscane, l’Ombrie voit son rôle touristique grandir (Pérouse, Orvieto et Assise).
Les grandes villes sont inexistantes.
La capitale, Pérouse, vieille ville mé-
diévale, centre commercial et industriel, siège d’une université renommée, n’a que 130 000 habitants. Terni, ville industrielle et chef-lieu de province, compte 106 000 habitants. Au-dessous de ces villes, on rencontre une série de villes de 20 000 à 50 000 habitants.
À part la cité moderne de Foligno (50 000 hab.), ces villes sont admirables par la conservation de quartiers d’origine médiévale, où la beauté architecturale est renforcée par une ambiance très agréable. C’est le cas d’Assise (24 000 hab.), de Gubbio (31 000 hab.) et d’Orvieto (23 000 hab.).
L’Ombrie demeure donc une région
de transition entre l’Italie du Nord et celle du Sud. Sa proximité de Rome et de Florence devrait lui valoir un essor plus vif, à condition d’améliorer les liaisons avec ces métropoles.
E. D.
F Apennin.
M. R. Prete Pedrini, Umbria (Turin, 1963).
/ H. Desplanques, les Campagnes ombriennes (A. Colin, 1969).
ombudsman
Personne chargée de protéger les
citoyens contre les abus et les dé-
faillances de l’Administration.
Introduction
Un « médiateur » a été institué en
France par la loi du 3 janvier 1973, l’institution s’inspirant de celle de l’« ombudsman » scandinave, terme signifiant étymologiquement « celui qui est habilité à agir pour un autre ».
C’est Antoine Pinay qui fut le premier médiateur français.
L’ombudsman fut créé en Suède
dès 1809 dans le dessein de permettre au Parlement* de limiter les pouvoirs royaux, en recevant les plaintes des particuliers et en mettant éventuellement en accusation les juges et les fonctionnaires. Sous des vocables différents (commissaire parlementaire, protecteur du citoyen, bureau des plaintes), plusieurs pays ont repris cette institution. L’ombudsman fut adopté par la Finlande en 1919, le Danemark en 1954, la Norvège en 1962.
Peu à peu, l’institution originelle a évolué à mesure que l’Administration augmentait son importance et accroissait son action. Le problème de la justice administrative et de son insuffisance pour assurer le respect de la légalité s’est inévitablement posé.